Le texte contient 79 lignes (max. 75 signes), 791 mots et 5305 signes.

apic/Pape/Allemagne/ évangélisation commune de l’Europe/ éloge de Luther

Allemagne: Jean Paul II appelle les trois grandes confessions (230696)

chrétiennes à travailler ensemble à l’évangélisation de l’Europe

«Nous devons rendre justice à Martin Luther»

Paderborn, 23juin(APIC/ Jean-Marie Guenois) Jean-Paul II a lancé samedi à

Paderborn un appel sans précédent lors d’une rencontre oecuménique: les

trois grandes confessions chrétiennes, catholique, orthodoxe et protestante

doivent travailler ensemble à la nouvelle évangélisation de l’Europe. Le

pape a également «rendu justice» à la personnalité et à l’oeuvre de Martin

Luther, évoquant parmi les causes de la rupture du XVIe siècle «la défaillance de l’Eglise catholique.»

«La nouvelle évangélisation de l’Europe» est un thème cher à Jean-Paul

II, mais il ne l’avait jamais exprimé dans une perspective aussi nettement

oecumenique: «La mission de la nouvelle évangélisation s’adresse au même

titre à tous les chrétiens, qu’ils soient catholiques, orthodoxes ou protestants», a-t-il lancé lors d’un service oecuménique dans la cathédrale de

Paderborn.

Une nouvelle évangélisation que le pape définit ainsi : «Il ne s’agit

pas de restaurer une époque depuis longtemps révolue. Ensemble, il nous

faut annoncer à nouveau aux hommes qui vivent en Europe la bonne nouvelle

libératrice de l’Evangile. Et il importe de redécouvrir en même temps les

racines chrétiennes de l’Europe et de forger ainsi une civilisation dans

laquelle les valeurs d’une humanité authentique transmise par la croyance

chrétienne sont solidement ancrées.»

Jean-Paul II reconnaît : «La nouvelle évangélisation est une tache qui

me tient à coeur. Je considère, en ma qualité d’évêque de Rome, qu’une des

priorités pastorales est de surmonter la division de la chrétienté.» En effet poursuit-il, «il existe un rapport indissoluble entre évangélisation et

unité, évangélisation et oecuménisme». Ainsi, le sort de l’évangélisation

est lié au témoignage d’unité donné par l’Eglise». Il faut donc, conclut le

pape, «que nous témoignons à l’unisson de Jésus-Christ.»

L’enjeu est clair pour le pape : «A l’Est, les régimes athées ont laissé

derrière eux un désert spirituel et psychique dans le coeur d’un grand nombre d’hommes et surtout chez la jeunesse, alors qu’à l’Ouest, il s’agit de

faire face à une orientation excessive vers la société de consommation qui

menace d’étouffer les valeurs spirituelles. «Pour Jean-Paul II, il n’y a

donc «pas lieu d’hésiter face à cette tâche urgente de la nouvelle évangélisation», car les croyants ont une force qui relativise les puissances et

les puissants de ce monde». Ils doivent contribuer au faconnement de l’Europe.

Evocation bienveillante de Martin Luther

Le second volet de son intervention a été consacré à la mémoire de Martin Luther: «Nous ne saurions omettre d’évoquer la figure de Martin Luther.

Aujourd’hui, 450 ans après sa mort, le recul du temps nous permet de mieux

comprendre la personnalite et l’oeuvre du réformateur allemand et de lui

rendre justice.» Les progrès dans les études historiques, théologiques, oecuméniques, ont permis, souligne le pape, de contribuer à la «liquidation

des vieilles polémiques et à l’orientation vers une vue commune».

Jean-Paul II observe que «l’intention initiale de l’appel de Luther à la

réforme de l’Eglise était d’exhorter à la pénitence et au renouveau qui devait surtout trouver son expression dans la vie de chaque individu. Des

causes multiples ont mené à la division des chrétiens. Mentionnons la défaillance de l’Eglise catholique, que le pape Adrien VI déplorait déjà en

termes émouvants. Mais aussi les intérêts politiques et économiques.

mais aussi le tempérament passionné de Luther qui l’a poussé bien plus

loin que son propos initial vers un critique radicale de l’Eglise catholique.

Nous sommes tous coupables de la division

«Nous nous sommes tous rendus coupables. C’est pourquoi, il appartient à

tous de faire pénitence et de «nous faire sans cesse purifier par le Seigneur».

Pour conclure, Jean-Paul II a évoqué les travaux du groupe de dialogue

oecuménique, créé après sa première visite en Allemagne en 1980, et dont

les «résultats» permettent de voir «sous un autre jour un grand nombre

d’anciennes controverses. Des abîmes ont été franchis que les générations

qui nous ont précédé tenaient pour insurmontables». Le pape, rappelant

l’importance de la date de l’an 2000, «une occasion unique d’annoncer

l’Evangile» où il faut se presenter «sinon en parfaite unité, du moins avec

la confiance de surmonter bientôt les divisions du deuxième millénaire», a

encore ajouté: «Remercions Dieu qu’il soit possible désormais que protestants, orthodoxes et catholiques, s’expriment d’une seule voix sur nombre

de questions fondamentales». (apic/jmg/ba)

Note technique : Nous ne pouvons pas transmettre apres 20:00 ce samedi soir

a Paderborn ( fermeture de la salle de presse ! Pas de prises idoines a

l’hotel … TEXTES DU PAPE REMIS AU DERNIER MOMENT A la suite de probleme

de traduction) Je passerai donc demain matin en arrrivant a Berlin (10:30)

le dernier texte de ce jour (discours n 5) relatif a la rencontre avec les

eveques a PaderBorn. Suivra comme prevu dans le programme (14:00) les

textes de Berlin. Merci

23 juin 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!