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Allemagne: amertume après la visite de Jean-Paul II
«La Croix» prend acte d’un «phénomène de rejet» (010796)
Paris, 1erjuillet(APIC) Un sentiment d’amertume domine quelque peu en Allemagne après la visite du pape. Le bilan est dressé par le quotidien «La
Croix» dans son édition du 29 juin, qui constate que les chrétiens allemands sont amers. La déception la plus vive est celle des protestants, qui
attendaient «un geste ou un signe dans leur direction» en l’année du 450e
anniversaire de la mort de Luther. «La Croix» prend acte d’»un phénomène de
rejet».
Le journal cite l’évêque protestant de Berlin, Wolfgang Huber, pour qui
«aucun progrès» n’a été fait dans le sens de l’oecuménisme. L’évêque relève
trois domaines précis: la question de la condamnation des thèses de Luther,
qui reste en vigueur, même si l’excommunication, s’appliquant à l’homme
lui-même, disparaît avec sa mort; la question de savoir «quand les chrétiens de l’Eglise catholique accueilleront réellement en toute amitié les
chrétiens de l’autre confession, comme cela se fait couramment en sens inverse»; la question de savoir «quand il sera possible de célébrer couramment des offices oecuméniques, qui sont encore l’exception».
«La Croix» relève aussi le malaise, et d’abord le degré d’hostilité qui
s’est manifesté à l’égard du pape à Berlin. «C’est la première fois qu’il
est accueilli par tant de sifflets. D’habitude, il suscite soit l’approbation, soit l’indifférence», observe un journaliste anglais qui suit JeanPaul II dans ses voyage depuis des années. «A Berlin, l’indifférence a fait
place à l’agressivité», relève-t-on.
A Paderborn, c’était l’indifférence, selon «La Croix», pour qui «ce phénomène de rejet du pape est d’autant plus étonnant qu’en Allemagne le rôle
considérable joué par les Eglises – catholique et protestantes – dans le
domaine social est généralement reconnu et très apprécié». Et de citer son
confrère allemand, le «Frankfuter Allgemeine Zeitung», qui, sur le thème de
la liberté longuement évoqué par le pape à la Porte de Brandebourg, soulignait que ces propos «se sont heurtés de plein fouet à la réalité, qui a été
celle de sifflets». Et que les catholiques allemands, désorientés par
l’évolution de la société, n’ont guère trouvé d’aide chez le pape dans leur
réflexion et dans la recherche de la meilleure voie à suivre. (apic/cip/cxpr)



