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apic/Pape/Ambassadeur de Yougoslavie

Rome: Le pape a reçu l’ambassadeur de Yougoslavie

La vocation chrétienne des peuples serbe et monténégrin (250496)

Rome, 25avril(APIC) Que «tous les Slaves du Sud» offrent «leur collaboration active, chacun selon ses responsabilités spécifiques», à la consolidation du processus de pacification et de réconciliation: c’est le voeu formulé jeudi par Jean-Paul II devant l’ambassadeur de la République Fédérale

de Yougoslavie près le Saint-Siège, M. Dojcillo Maslovaric, venu lui présenter ses lettres de créance.

Le pape a d’abord souligné la responsabilité de la Yougoslavie qui, a-til dit à son hôte, «exerce une influence claire dans la région des Balkans

et peut à ce titre contribuer avec une efficacité particulière à la

construction de la paix dans cette zone, en favorisant le respect

réciproque et la collaboration effective entre les peuples qui y résident.

«Dans le grave moment historique que traversent les peuples des Balkans,

a poursuivi le pape, il semble que se profilent finalement des espérances

de paix concrètes. Et pour cela il est plus que jamais nécessaire que tous

les Slaves du Sud offrent leur collaboration active, chacun selon ses

responsabilités spécifiques, à la consolidation du processus de

pacification et de réconciliation».

Une vocation chrétienne

Jean-Paul II a tenu à rappeler que «les peuples, les nations de cette

terre impliquée dans l’horrible conflit constituent des communautés unies

entre elles par tant les liens, inscrits non seulement dans les souvenirs

du passé, mais aussi dans l’espérance commune d’un avenir meilleur fondé

sur les valeurs de la justice et de la paix». Il a réaffirmé l’engagement

de l’Eglise catholique en faveur d’une paix «juste et stable», pour le dialogue et la réconciliation et le retour à la prospérité de ces régions

«martyres».

«La vocation chrétienne du peuple Serbe comme de celui du Monténégro, a

insisté Jean-Paul II, offre un riche patrimoine de valeurs humaines et spirituelles auquel il faut recourir dans la phase actuelle significative de

la crise balkanique» marquée par l’effort de «reconstruction sociale et

économique». Le pape a assuré que la communauté catholique, dont les racines «remontent à la fin du premier millénaire», a la volonté d’y contribuer.

Le défi serbo-monténégrin

Le pape a été plus loin en soulignant le défi de l’alliance des deux républiques: «La Fédération Serbo-monténégrine est appelée à témoigner comment deux Républiques peuvent coopérer avec un profit mutuel, grâce à un

cadre juridique respectueux des attentes légitimes de chacun. Des peuples

différents sont ainsi à même de surmonter la tentation de s’enfermer dans

une forme d’auto-suffisance nationaliste, source de misère sociale et de

destruction… La coopération entre tous les citoyens réclame, pour réussir, non seulement de la sagesse et de la clairvoyance, mais aussi sacrifice et authentique respect de la variété multiforme des composantes sociales, selon ce qui est proposé par de nombreuses Déclarations des Organisations Internationales».

Et le pape de souhaiter un «climat de respect des droits des minorités

ethniques», qui est «d’une importance vitale, que ce soit en vue d’une gestion correcte des institutions d’Etats, soit afin que puisse se créer dans

toute la région un climat de plus grand dialogue et de confiance réciproque

entre les diverses nationalités». L’engagement à vaincre l’injustice et la

violence par le pardon et la collaboration, a-t-il conclu, constitue la

voie royale qui pourra conduire à une nouvelle ère de progrès et de paix

pour tout le Sud-Est de l’Europe. (apic/imed/pr)

25 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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