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Nex York: Bain de foule pour le pape qui remonte à pied la 5e Avenue

Jean Paul II confirme la parution d’une encyclique sur l’holocauste

New York, 8octobre(APIC) Le pape Jean Paul s’est livré à un véritable

bain de foule samedi après-midi à la sortie de la cathérale Saint-Patrick

de New York. Rompant avec le protocole, au grand dam du service de sécurité, le pape est remonté à pied un bout de la 5e Avenue, pour s’avancer à la

rencontre des fidèles massés tout au long de cette avenue.

L’autre temps fort de la journée du samedi a sans doute été la rencontre

du chef de l’Eglise catholique avec les leaders musulmans et juifs du pays.

S’adressant à ces derniers, il a réaffirmé son intention de se rendre en

Israël pour le Jubilé de l’An 2000. Surtout, il a confirmé qu’il mettait la

main finale à une encyclique consacrée à l’holocauste et à l’antisémitisme.

Une confirmation apportée alors que l’encyclique du pape Pie XI contre

l’antisémitisme, jamais publiée, vient ces jours de sortir de l’ombre.

Appel aux familles et aux consacrés

Dans une cathédrale Saint Patrick comble, le pape, reprenant l’un des

thèmes qu’il aime à aborder, a encouragé les familles et les personnes engagées dans la vie consacrée à être «les témoins de la présence de Dieu

dans l’histoire», à être les témoins de l’absolu de Dieu, «dont le règne de

justice, de paix et d’amour est notre destin suprême».

Lors de la méditation du Rosaire en la cathédrale Saint-Patrick à New

York, il a relevé que ces vocations «se complètent», car toutes deux ont

une part «essentielle» à prendre dans la mission de l’Eglise pour «son

grand projet d’humaniser le monde».

Le pape a appelé de ses voeux une «nouvelle Pentecôte» sur la vie consacrée, car les «attaques» contre la vie religieuse et contre l’Eglise sont

«une lourde croix» et peuvent amener à douter du sens d’un tel témoignage.

Or la vie religieuse est dans l’Eglise un témoignage «unique et prophétique» de la proximité de Dieu. Puissent les religieux américains, a-t-il

souhaité, être «ce signe éclatant du Royaume de Dieu».

L’exemple de l’esclave haïtien Pierre Toussaint

Le pape a donné en exemple aux parents américains le destin peu commun

du serviteur de Dieu Pierre Toussaint, un esclave haïtien marié qui repose

dans la cathédrale de New York, aux côtés des évêques et cardinaux de la

ville. En butte aux discriminations, il témoigna d’une rare intelligence du

pardon chrétien. Sa foi «sereine et joyeuse», a expliqué le pape, «était

nourrie chaque jour de l’eucharistie et de visites au Saint-Sacrement».

En ces «temps difficiles» de «grand combat entre le bien et le mal, la

vie et la mort, l’amour et tout ce qui s’oppose à l’amour», Jean- Paul II

s’est adressé à toute la cellule familiale: mères, pères, filles et fils,

frères et soeurs, grands-parents… Il a insisté sur l’importance de la

transmission de la foi des parents aux enfants, depuis le baptême jusqu’à

l’éducation à la foi, et proposé deux moyens: la prière quotidienne, personnelle et familiale, car «une famille qui prie reste unie», notamment la

contemplation des mystères joyeux du Rosaire, où la vie de Marie et de Joseph est toute tournée vers Jésus enfant; le catéchisme, où les parents

trouveront de quoi nourrir leur foi et les réponses aux interrogations du

monde moderne, surtout en matière de morale.

Une seule famille, un même salut

Samedi, le pape s’est encore rendu à la mission permanente du Saint-Siège à l’ONU, dont il a béni les nouveaux locaux. Il y a plaidé pour «la famille humaine toute entière» – l’expression est utilisée au début et à la

fin de sa brève intervention. L’humanité forme pour lui une seule famille,

dont le «salut» – le mot revient également deux fois – passe par l’évangélisation, par le travail et par la prière des chrétiens, évêques, prêtres,

religieux et laïcs. La délégation du Saint-Siège a pour rôle de le rappeler, et elle le fait depuis trente ans, depuis que Paul VI a voulu offrir

«la compétence humanitaire et spirituelle de l’Eglise aux hommes et aux

femmes de bonne volonté qui travaillent au progrès de la paix et de la justice dans le monde». (apic/jmg/ba)

8 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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