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apic/Pape/Conclave

Rome: Nouvelles règles pour le Conclave

Constitution apostolique «Universi Dominici gregis» (230296)

Mode d’élection désormais différent

Rome, 23février(APIC) Le conclave déménage: c’est l’aspect le plus spectaculaire de la constitution apostolique «Universi Dominici gregis» (Tout

le troupeau du Seigneur) publiée vendredi à Rome. Le changement fondamental

concerne cependant le mode d’élection, qui se fera désormais uniquement par

scrutin, avec au moins deux tiers des suffrages exprimés. La norme établie

par Paul VI de réserver le droit d’élire le pape aux cardinaux de moins de

80 ans est maintenue. Rien de changé non plus concernant la composition du

corps électoral.

Pasteur de «tout le troupeau du Seigneur» (»Universi Dominici gregis»

sont les trois premiers mots de la constitution), Jean-Paul II a jugé utile

une mise à jour des normes qui régissent la vacance du siège et l’élection

du pontife romain, comme l’ont fait avant lui Pie X, Pie XII, Jean XXIII et

Paul VI, ce dernier dans la constitution «Romano Pontifici eligendo» de

1975, qui était toujours en vigueur (de tous les papes de ce siècle, seuls

Benoît XV et Jean-Paul I n’ont pas adapté les règles du conclave).

«Universi Dominici gregis», qui porte la date du 22 février 1996, fête

de la chaire de saint Pierre, introduit quelques changements par rapport à

la constitution de Paul VI.

Le pape a été poussé à cette démarche par «la conscience des mutations

de la situation dans laquelle vit l’Eglise aujourd’hui», ainsi que par «la

nécessité de tenir compte de la révision générale de la loi canonique» à la

suite du Concile Vatican II, au terme de laquelle il a déjà réalisé la réforme de la curie romaine (constitution apostolique «Pastor bonus», 1988).

La nouvelle constitution maintient les éléments essentiels du conclave,

et, tout en se situant dans la suite des pratiques confirmées au long des

siècles, comporte quelques innovations significatives.

Majorité des deux tiers

Les premières raisons de cette nouvelle mouture sont d’abord d’ordre

pratique. Si l’élection aura toujours lieu dans la chapelle Sixtine, les

cardinaux électeurs résideront dorénavant dans la «Maison Sainte-Marthe»,

récemment construite à l’intérieur de la Cité du Vatican, auquel ne pourra

accéder aucune personne étrangère au conclave. L’isolement des cardinaux

électeurs devra toujours être rigoureusement respecté, particulièrement en

ce qui concerne la chapelle Sixtine, où continueront donc à se dérouler les

opérations de vote proprement dites.

Une autre nouveauté concerne la forme de l’élection. Des trois modes de

scrutin prévus jusqu’ici: par acclamation, par compromis ou par scrutin,

seule la dernière est maintenue. Pour élire le nouveau pape, il sera nécessaire de réunir au moins les deux tiers des suffrages calculés sur la totalité des électeurs présents (et une voix en plus au cas où le nombre des

votants ne serait pas divisible par trois).

La nouvelle constitution confirme la norme établie par Paul VI, qui réserve le droit d’élire le pape aux cardinaux qui n’ont pas quatre vingt ans

accomplis avant le jour où commence la vacance du Siège. La limite supérieure du nombre des électeurs reste fixée à 120. Les cardinaux de plus de

80 ans pourront cependant participer aux congrégations générales préparatoires aux conclaves; pendant le déroulement du conclave lui-même, ils sont

invités à animer la prière du peuple de Dieu dans les basiliques romaines

et dans les diocèses du monde.

La constitution réaffirme avec force le devoir d’observer le secret de

manière rigoureuse. Toutefois, l’objet du secret est mieux précisé et délimité: il porte sur ce qui concerne directement ou indirectement les scrutins et les opérations de vote. Elle confirme aussi l’usage de confier à

deux ecclésiastiques de doctrine et d’autorité morale reconnues la mission

d’adresser aux cardinaux électeurs, avant le commencement du conclave, deux

exhortations ou méditations sur l’importance de l’acte qu’ils s’apprêtent à

accomplir, ceci afin de favoriser le climat de spiritualité profonde qui

doit entourer les différentes phases de l’élection.

Le collège électoral

Alors que certains avaient pensé à un éventuel élargissement du collège

électoral aux patriarches des Eglises orientales, au conseil permanent du

Secrétariat du synode des évêques ou aux présidents des conférences épiscopales, Jean-Paul II, qui avait donné une réponse indirecte à ces propositions en accordant la pourpre cardinalice à certains patriarches et au secrétaire général du Synode, Mgr Schotte, confirme la norme selon laquelle

les seuls électeurs légitimes du pontife romain sont les cardinaux réunis

en collège, où s’expriment deux aspects caractéristiques de la figure du

pape: sa «romanité» et son «universalité».

Jean-Paul II l’explique dans le préambule: «En eux (les cardinaux réunis

en collège) s’expriment, comme en une admirable synthèse, les deux aspects

qui caractérisent la figure et la charge du Pontife Romain: «Romain», parce

qu’identifié à la personne de l’évêque de l’Eglise qui est à Rome et, donc,

en relation étroite avec le clergé de cette Ville, représenté par les cardinaux évêques des sièges suburbicaires; «Pontife de l’Eglise universelle»,

parce qu’il est appelé à prendre de manière visible la charge du Pasteur

invisible qui guide le troupeau tout entier vers les pâturages de la vie

éternelle. L’universalité de l’Eglise est du reste bien représentée dans la

composition même du Collège cardinalice, qui rassemble des cardinaux de

tous les continents». (apic/cip/pr)

ENCADRE

Un bâtiment «convenable»

Les cardinaux pourront donc enfin se réunir en Conclave dans un bâtiment

moins étroit. Une résidence nouvellement construite dans l’enceinte du Vatican, plus vaste, celle-ci, accueillera désormais les cardinaux. Mais la

chapelle Sixtine demeurera le lieu d’élection du pape.

Le pape Jean-Paul II a donc fait déménager le conclave. Finie la «clôture» des cardinaux en Conclave dans un seul bâtiment inconfortable: après

Pâques, on inaugurera en effet à l’intérieur de la Cité du Vatican la «Domus Sanctae Martae», la «Maison Sainte-Marthe», résidence d’environ 120 appartements dont la construction a débuté en 1993, et qui sera mise à la

disposition des conclavistes.

La «Maison Sainte-Marthe», comprendra 106 mini-appartements de deux pièces et 20 chambres simples, avec salle de bain. Plus de fresques aux murs

peut-être, ni de boiseries Renaissance, mais plus non plus l’épreuve des

fenêtres scellées, du manque d’air et de l’inconfort. (apic/cip/pr)

23 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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