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Rome: Jean Paul II reçoit les évêques boliviens
Le pape invite les évêques à lutter contre
la «culture de mort» propagée par le «narcotrafic» (220496)
Rome, 22avril(APIC) Le pape Jean Paul II a invité les évêques boliviens à
lutter contre la «culture de la mort» propagée par le «narcotrafic». Avec
la Colombie et le Pérou, la Bolivie forme la troisième composante d’un infernal triangle producteur de cocaïne.
Recevant lundi les évêques de la Bolivie, en visite ad limina, Jean-Paul
II les a exhortés à diffuser une «culture de la vie» en réponse à la «culture de la mort» propagée par le narcotrafic. Les évêques, a-t-il dit, ne
peuvent se désintéresser de la question sociale alors que tant de Boliviens
vivent dans des conditions humainement pas acceptables.
Dans son adresse, Mgr Abastoflor Montero (Potosi), président de la
Conférence épiscopale bolivienne, a pour sa part souligné la vitalité de
l’Eglise bolivienne: les vocations au sacerdoce et à la vie religieuse
continuent de croître «en nombre et en qualité», le laïcat est dynamique,
les catéchistes et les missionnaires sont plus nombreux, «les communautés
ecclésiales de base, les groupes chrétiens dans les paroisses et de
nombreux fidèles laïcs essaient d’être un ferment évangélique dans leur
milieu». Autres sujets de satisfaction: «le dynamisme et la générosité de
la jeunesse» et «la solidité et la stabilité de la famille».
Mgr Abastoflor Montero a encore souligné le souci des évêques «d’annoncer la Bonne Nouvelle aux petits et aux humbles, aux pauvres et aux marginaux» dans un contexte qui reste difficile. Lors de sa venue en Bolivie il
y a huit ans, Jean-Paul II avait dressé un tableau assez sombre: «mortalité
infantile élevée, malnutrition, bas salaires, taux de chômage élevé, manque
de logements, déficiences dans le domaine de la santé et de l’éducation,
contrebande et narcotrafic avec ses conséquences internes et externes, qui
tendent à se généraliser en diverses formes de corruption; tant de signes,
enfin, de marginalisation, d’une inégale répartition des richesses, d’inégalités culturelles, de discrimination de la femme». L’évêque de Potosi n’a
pas caché que la situation n’a pas changé.
Une culture de mort
Rappelant que l’Evangile se vit dans «les réalités quotidiennes»,
Jean-Paul II s’est inquiété de l’augmentation, dans une société
«traditionnellement tranquille et pacifique», d’»attitudes d’intolérance et
de manque de dialogue» signalées par les évêques. Insistant sur
l’importance de la paix sociale, il a rappelé aux évêques qu’ils ne peuvent
ne désintéresser de la situation sociale.
Le pape a ici clairement dénoncé le trafic de drogue: «Dans ce contexte,
a-t-il poursuivi, il faut s’attaquer au problème spécifique de la production incontrôlée et du trafic des stupéfiants, qui propagent de façon irréparable la culture de la mort dans la société. Face à ce problème, il faut
proclamer et diffuser la culture de la vie. Il est certain que la société
bolivienne a le mérite de s’être engagée dans la lutte contre le narcotrafic, que génère des comportements sans scrupules, qui est le propre de
véritables «marchands de mort». Pour y parvenir, on ne peut que souhaiter,
entre autres moyens, que les diverses instances publiques proposent des alternatives de travail utile et honnête capables de garantir aux travailleurs et à leurs familles une situation conforme à leur dignité de personnes et de fils de Dieu».
Auparavant, Jean-Paul II avait insisté sur l’attention que les évêques
doivent accorder aux prêtres, qu’il faut «inviter à garder avec amour et
vigilance évangélique le don reçu et les engagements assumés en Eglise,
parmi lesquels le célibat pour le Royaume, qui est pour toute la vie». D’où
l’importance de la formation permanente du clergé, «au plan intellectuel,
spirituel et pastoral». De même, les séminaristes doivent recevoir «une
préparation intégrale, une solide base spirituelle, morale et intellectuelle», et il faut exiger d’eux «une discipline adéquate et un esprit de sacrifice et de dévouement».
Dans son adresse, Mgr Abastoflor Montero a de plus signalé que la visite
du pape de 1988 avait produit des fruits «riches et abondants». C’est pourquoi il l’a invité a revenir dans son pays. «Une magnifique opportunité, at-il suggéré, serait le Congrès Eucharistique et Marial des Pays Bolivariens, que nous sommes en train de préparer, ou une Journée internationale
de la jeunesse». (apic/cip/pr)



