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apic/Pape/France
Tours: Le pape entame sa cinquième visite en France (190996)
«Je viens ici en pèlerin»
De notre envoyé spécial Jean-Marie Guénois
Tours, 19septembre (APIC) Le pape Jean Paul II a entamé jeudi sa visite
pastorale en France, la cinquième sur territoire métropolitain et la 74e
hors d’Italie. Ce nouveau voyage s’achèvera dimanche avec la célébration, à
Reims, du 15e centenaire du baptême de Clovis. Arrivé à mi-journée dans une
ville de Tours baignée par la pluie, Jean Paul II a été accueilli par le
président Jacques Chirac, avec qui il s’est entretenu une heure durant.
Dès son arrivée à Tours, Jean-Paul II a mis les points sur les i face à
la contestation provoquée par ce voyage dans l’Hexagone. «C’est en pèlerin
que je viens ici», a-t-il précisé d’entrée de jeu. Pas de confusion donc
entre le religieux et le politique, mais, pour ce qui est de l’Eglise, une
affirmation sans complexe de ce qu’elle représente: «L’Eglise se sait investie d’une mission spirituelle lui faisant le devoir de rappeler, entre autres, les valeurs qui fondent la vie sociale».
Une vie sociale qui fait grise mine en France, à l’image de la pluie tenace qui tombait au moment où le pape a prononcé son premier discours sous
les lambris dorés de la Préfecture de Tours. «Ma pensée, a dit le pape, va
d’abord à ceux qui traversent des épreuves en particulier ceux qui vivent
dans des situations de pauvreté, d’exclusion, de précarité ou de maladie.
Notre coeur ne pourra être en paix, tant que nous n’aurons pas tout mis en
oeuvre pour venir en aide aux blessés de la vie qui ne doivent pas être exclus de la vie sociale».
S’arrêtant un instant avant de reprendre longuement son souffle pour
mieux reprendre son discours, Jean Paul II s’est ensuite assis, ne parvenant pas à cacher sa fatigue.
La France républicaine et laïque
Dans son discours de bienvenue, le président Chirac a insisté sur «la
France républicaine et laïque, la France de la Déclaration des droits de
l’homme, respectueuse des croyances et des convictions de chacun, respectueuse de tous les cultes et de leur libre expression, mais la France aussi,
vieille nation, façonnée par l’Histoire et l’Esprit, demeure fière de ses
racines. La France, dont tant de filles et de fils se reconnaissent aujourd’hui dans le message évangélique».
Ce message évangélique, Jean-Paul II entend le décliner pour la France
dans trois directions. Outre, bien sûr la méditation sur «la redécouverte
des racines spirituelles» de ce pays, le pape étend l’appel à la solidarité
interne, à la solidarité internationale: «C’est la responsabilité spécifique des pays les plus riches de la planète de faire en sorte que les pays
les plus pauvres puissent être les premiers bénéficiaires de leurs ressources et du fruit de leurs économies.» A ce titre, ajoute, le pape, «la France a un rôle important à jouer dans la famille des nations».
Seconde direction: le «dialogue inlassable avec toutes les composantes
du pays, spécialement avec les membres des autres confessions chrétiennes,
de la religion juive et de la religion musulmane.» Jean- Paul II demande
aux chrétiens «une attitude de respect envers chacun» pour créer des «relations bienveillantes et constructives» avec tous, «quelles que soient leurs
convictions». Plus précis encore: «C’est tout à l’honneur de la France de
surmonter les différences légitimes d’opinion pour rappeler que le baptême
de Clovis fait partie des événements qui l’on façonnée». Dernière direction: l’engagement des catholiques dans la société civile, pour «édifier
ensemble une société accueillante».
Sur la tombe de saint Louis Marie Grignon de Montfort
Après un déjeuner à La Grande Bretèche, un couvent de dominicaines, où
le pape s’établit pour les trois nuits de son séjour français, Jean-Paul II
s’est rendu à Saint-Laurent-sur-Sèvres, capitale spirituelle de la Vendée,
pour prier sur la tombe de saint Louis Marie Grignon de Montfort.
Ce saint a joué un rôle déterminant dans la spiritualité du pape. Dans
l’avion qui emmenait le pape, le cardinal Poupard a rapporté aux
journalistes cette anecdote: «La première chose que le cardinal Wojtyla a
demandé qu’on aille lui chercher dans sa cellule, quand il a appris qu’il
était élu pape, est le «Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge» de
saint Louis Marie Grignon de Montfort».
Jean Paul II l’a confirmé devant le tombeau de saint Louis, dans la basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvres: «Vous savez que je dois beaucoup à ce
saint et à son Traité», à sa spiritualité qui place au centre le baptême,
c’est-à-dire «le choix de Dieu, le choix du Christ, le choix de vivre dans
la grâce de l’Esprit Saint», qui revient à «choisir le bien et non le mal,
le salut et non le refus».
Le témoignage des religieux
Avant les trois jours où il a rendez-vous avec les fidèles, le pape a
tenu à être là pour rencontrer d’abord, pour un moment de prière, les personnes consacrées, «qui ne prennent jamais la première place», expliquait
récemment l’évêque de Luçon. Il a rappelé aux religieux et aux religieuses
combien le monde a besoin de leur témoignage, même si cela est «difficile à
comprendre» dans une société qui pense que «c’est presque impossible à vivre».
Jean-Paul II a évoqué ici le témoignage des sept trappistes de Notre-Dame de l’Atlas, «des témoins purs et désintéressés de l’amour du Christ auprès de frères en humanité qu’ils n’ont désiré que servir». Avant de conclure sur le problème des vocations: «Je sais que beaucoup d’entre vous
éprouvent de l’inquiétude devant la diminution actuelle du nombre des vocations et le vieillissement des congrégations».
Avec les jeunes vendéens
Aux jeunes vendéens qu’il a rencontrés juste avant d’entrer dans la basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvres, Jean-Paul II a adressé un vibrant appel à la mémoire: «Vous êtes les héritiers d’hommes et de femmes qui ont eu
le courage de rester fidèles à l’Eglise de Jésus Christ alors que sa liberté et son indépendance était menacées. Ils ne pouvaient accepter qu’on leur
impose une rupture de communion avec l’Eglise universelle, et spécialement
avec le successeur de Pierre».
«Loin de cultiver des nostalgies stériles», le pape leur a demandé de
«rester attachés au Christ, à l’Eglise, à l’Eucharistie et au sacrement du
pardon». (apic/imed/pr)



