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apic/Pape/Hongrie
Jean-Paul visite pour la seconde fois la Hongrie
Le pape invite les Hongrois à la patience (060996)
Pannonhalma, 6 septembre 1996 (CIP) Le pape Jean Paul II a invité vendredi
les Hongrois à faire preuve de patience. Arrivé à la mi-journée pour sa seconde visite pastorale en Hongrie, le pape célébrera le millénaire de l’abbaye de Pannonhalma, symbole de la tradition catholique du pays.
Ce voyage en Hongrie aurait pu être celui de la rencontre historique entre le pape et Alexis II. Ce dernier s’étant abstenu, en juillet, ce bref
séjour perd du même coup de son relief international.
Accueilli à l’aéroport de Budapest par le président hongrois Arpad
Göncz, le pape est certes descendu sans aide et sans soutien l’échelle de
coupée, mais l’épuisement était visible sur son visage. A 76 ans, Jean Paul
II effectue vendredi et samedi son 73e voyage hors d’Italie, avant celui
qu’il fera en France du 19 au 22 septembre.
«L’opitimisme lié à la chute historique de l’idéologie communiste a malheureusement été de très courte duréee», a déclaré le pape dans son discours d’arrivée à l’aéroport. «Il a fait place à une période troublée et
difficile qui concerne et continue d’affecter la vie de chacun. Après les
événements tragiques de ce siècle qui s’achève, nous ne devrions pas être
surpris si la renaissance et le développement tant espérés prennent du
temps».
Les conséquences désastreuses des longues années de dictature ne peuvent
être srmontées au plan matériel et spirituel que par un engagement patient
et persévérant de la part de chacun et tout particulièrement de la nouvelle
génération», a dit le pape. Jean Paul II s’est exprimé en hongrois et en
anglais, tout en prenant le temps de se concentrer sur ses notes en hongrois.
Venu «partager les angoisses et les attentes» du peuple hongrois, JeanPaul II n’a pas manqué de conclure son premier discours en appelant celuici à se plonger dans «l’effet spirituel tonifiant» du prochain Jubilé.»En
venant une seconde fois chez vous, je n’ai pas d’autre intention que de renouveler l’annonce du salut», a-t-il précisé.
Une société en proie au doute
En accueillant Jean-Paul II, le président de la République, Arpad Göncz
a reconnu «les grand sacrifices» requis par «l’économie moderne de marché»
qui «a provoqué des problèmes moraux déstabilisateurs sans qu’une nouvelle
échelle de valeurs stables ne se soit encore affirmée». Pour cette recherche de valeurs, le président a cité, comme «source d’inspiration» l’encyclique de Jean-Paul II «Centesimus annus» (sur la question sociale) et la
récente lettre des évêques hongrois – pourtant fort sévère à l’égard du
gouvernement dans sa dénonciation de la crise sociale et morale traversée
par ce pays. Arpad Göncz a ainsi appelé l’Eglise a apporter son soutien en
vue de la «solidarité sociale» à mettre en oeuvre.
Avec le taux de suicide le plus élevé d’Europe, 10 % de la population
qui vit en dessous du seuil de pauvreté, une inflation qui oscille entre 20
et 25 %, des retraites qui ont diminué de 23 % en quelques années, 12 % de
chômeurs et un programme d’économies très rigoureux, imposé par le Fond Monétaire International en mars 1995, le moral des hongrois est au plus bas.
Une situation que résume en une phrase le primat de l’Eglise hongroise, le
cardinal Paskai: «La chute du communisme n’a pas seulement entraîné un autre système politique, mais aussi une idéologie. Notre peuple a comme perdu
ses points de repère. Ils sont en train de devenir ceux d’une société de
consommation».
Les relations Eglise-Etat
Devant le pape, le président de la République a soulevé une autre question, actuellement délicate, celle des relations entre l’Etat et l’Eglise
catholique hongroise. On sait que les négociations sur le statut institutionnel de l’Eglise et la restitution de quelque 3’500 propriétés d’Eglise
sont au point mort depuis trois ans et que de nombreux autres problèmes
subsistent, dont celui de l’aide financière de l’Etat à l’Eglise qui arrive
mal aux destinataires. Arpad Goncz a promis que «tout sera fait sur le long
terme pour créer les conditions d’un fonctionnement stable des Eglises en
Hongrie».
Un sujet sur lequel sont sans doute revenus Jean-Paul II et le président
lors d’un entretien privé dans l’après-midi, à l’issue duquel le pape a
rencontré des personnes âgées et des malades, avant de se rendre, pour les
vêpres du millénaire, à l’Abbaye de Pannonhalma. Un lieu distant d’environ
100 kilomètre de Budapest, que le pape a parcouru en hélicoptère.
Pannonhalam, haut lieu spirituel de l’Europe, a été fondé avant le
schisme de 1054 entre Rome et Constantinople.
Le président hongrois à d’ores et déjà invité le pape à effectuer une
troisième visite en l’an 2000. La Hongrie fêtera alors le millénaire de la
fondation de l’Etat par le premier roi chrétien du pays, Etienne Ier.
La santé du pape: «Il va très bien. Pourquoi?»
Dans l’avion papal entre Rome et Budapest, le porte-parole du pape, Joachim Navarro Valls, a accueilli par un éclat de rire les questions des
journalistes sur la santé du pape. «Je ne réponds plus à cette question !»
a-t-il lancé, préférant confirmer les voyages de 1997: «Prague en avril,
Pologne en mai, Paris en août, Rio de Janeiro en octobre».
Il faut également prévoir, a remarqué, J. Navarro Valls, deux «brefs»
déplacement, à Sarajevo et à Beyrouth, dont les dates ne sont pas fixées
mais «qui peuvent s’organiser en une petite semaine». Interrogé dans le même avion sur la santé de Jean-Paul II, l’un des deux gardes suisses en civil, chargé de la sécurité rapprochée du pape, a répondu: «Il va très bien,
pourquoi ?».
Par ailleurs, Joachim Navarro Valls a qualifié de «fantaisiste» l’hypothèse récemment évoquée dans un hebdomadaire français, selon laquelle JeanPaul II, pour prévenir le jour où un problème de santé ne lui permettrait
plus d’exercer sa charge, aurait déjà remis par anticipation, sa lettre de
démission au doyen du Sacré Collège.
Avant son départ du pays, samedi, le pape célébrera à Györ une messe en
plein air devant quelque 150’000 fidèles attendus. Il rencontrera en outre
les évêques hongrois, après s’être recueilli dans la cathédrale de la ville
pour une prière dédiée aux martyrs de la période communiste en Hongrie.
(apic/imed/pr)




