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Jérusalem reconnue par le pape comme «capitale d’Israël»?
Reçue à Rome, Leah Rabin admet n’avoir «pas bien entendu» (151295)
Rome, 15décembre(APIC) L’audience privée accordée le 14 décembre par Jean-Paul II à Mme Leah Rabin n’est pas passée inaperçue. La veuve du Premier
ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné le 4 novembre dernier, a en effet provoqué immédiatement la controverse autour des propos que le pape lui
aurait confié: oui ou non, Jean-Paul II a-t-il reconnnu Jérusalem comme
«capital d’Israël» ?
Navarro Valls, directeur de la salle de presse du Vatican, a qualifié
l’entrevue de «personnelle, cordiale et religieuse».
«Je n’ai pas bien entendu tout ce qu’il m’a dit, avait confié Leah Rabin
aux journalistes à l’issue de l’audience, mais le pape a dit que Jérusalem
a un double rôle: c’est la capitale de l’Etat d’Israël, mais aussi la capitale des trois grandes religions monothéistes».
La rencontre entre la veuve de Yitzhak Rabin et Jean-Paul II avait beau
être dépourvue de tout caractère officiel, sa déclaration a fait rapidement
le tour du monde. Immédiatement, Afif Safieh, représentant de l’Organisation de Libération de la Pälestine près le Saint-Siège, a contesté la déclaration: «Madame Rabin n’est pas le porte-parole du pape. Je ne pense pas
que le pape ait pu dire cela, car il m’a encore confié le 6 novembre dernier qu’il considérait Jérusalem comme la capitale commune des Israéliens
et des Palestiniens».
Nuance…
Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, qui avait déjà pris
la précaution de situer l’audience dans le cadre d’une rencontre «personnelle, cordiale et religieuse», s’est vu dans l’obligation d’apporter le
lendemain une nouvelle précision: «Le pape s’est contenté de reconnaître
les deux dimensions de Jérusalem, la dimension politique et la dimension
religieuse, ce qui est tout différent de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël».
Ce n’est d’ailleurs pas Jérusalem mais Tel Aviv qui est reconnue comme
capitale de l’Etat d’Israël par le droit international, contrairement au
souhait général des Israéliens. Cette question reste au centre des négociations dans le cadre des efforts actuels pour la paix. Elle continue aussi
de préoccuper le Saint-Siège qui, comme le pape l’a redit le 6 novembre
dernier devant Afif Safieh, réclame un «statut international» pour la Ville
Sainte, afin d’y garantir les droits de toutes les communautés.
C’est dans cette «Ville Sainte» que Jean-Paul II espère se rendre un
jour, comme il en a renouvelé l’espoir devant Leah Rabin, qui a rapporté
ces paroles du pape: «J’ai déjà répondu oui à l’invitation. Reste à fixer
le moment». Jean-Paul II avait, au préalable, évoqué la «grande tragédie»
survenue en novembre, avant de confier à la veuve de Yitzhak Rabin: «l’héritage de votre mari vous aidera à la surmonter». (apic/cip/pr)



