Le texte contient 56 lignes (max. 75 signes), 595 mots et 4014 signes.
apic/Pape/Message/Justice et Paix/Rome/Session
Rome: Message du pape au Conseil «Justice et paix» (081196)
«La dette est une menace pour la démocratie dans le tiers monde»
Rome, 8novembre (APIC) La dette est une menace pour la démocratie dans le
tiers monde. Jean-Paul II a renouvelé vendredi son appel aux chrétiens pour
qu’ils contribuent à «résoudre raisonnablement» le problème de la dette internationale. Ce serait, insiste-t-il, un signe éloquent de la conversion
des coeurs, élément essentiel du jubilé de l’an 2000.
Le pape s’adressait aux participants de l’Assemblée plénière du Conseil
pontifical Justice et paix, réunis à Rome depuis mardi sur le thème de
«L’épreuve de la démocratie: valeurs morales et vie politique».
Pour développer une conception de la démocratie qui soit à la fois «authentique» et «complète», souligne le pape, on ne peut plus se contenter de
traiter des institutions et des systèmes politiques. La réflexion doit
s’élargir à l’ensemble de la société, à l’économie du travail et aux questions internationales comme la dette.
C’est ce qu’a voulu montrer le «courageux document» de «Justice et Paix»
publié en décembre 1986. Aujourd’hui, le pape confirme la mission du Conseil pontifical en vue d’»élaborer des suggestions et des orientations»
pour réfléchir à la dette «de façon responsable» et d’arriver à «des solutions concrètes et raisonnables, dans la perspective du Grand Jubilé».
Une hypothèque dramatique
Il y a urgence, insiste le pape, quand les réseaux de solidarité «se
disloquent». Le problème de la dette, souligne-t-il, contribue à rendre
très dure la situation sociale dans de nombreux pays Elle constitue une hypothèque dramatique sur le développement démocratique de leurs systèmes politiques et économiques. En effet, la dette «empêche tout espoir d’un avenir plus humain».
Cette question d’ordre économique appelle un débat de fond sur le rapport entre les valeurs et la démocratie. En un mot, sur le respect de la
dignité de la personne humaine. «Il s’agit, explique Jean-Paul II, d’un ensemble de questions parmi les plus actuelles et les plus déterminantes pour
maintenir et améliorer les systèmes démocratiques».
Et de rappeler la doctrine sociale de l’Eglise, qui «condamne toutes les
formes de totalitarisme», car elles nient «la dignité transcendante de la
personne humaine», comme écrit dans l’encyclique «Centesimus annus» publiée
en vue du Jubilé de l’an 2000.
Ce document dit aussi l’estime de l’Eglise pour les systèmes démocratiques. La constitution pastorale «Gaudium et Spes» du Concile Vatican II sur
l’Eglise dans le monde de ce temps reconnaît en effet que ces systèmes sont
conçus pour assurer la participation des citoyens. Le pape précise: «Selon
le sage critère de la subsidiarité», ce qui suppose que le système politique «reconnaisse le rôle essentiel des personnes, des familles et des différents groupes qui composent la société civile.
La démocratie est en danger, avertit Jean-Paul II, qui diagnostique les
graves conséquences de l’»indifférence» et du «relativisme» qui méconnaissent «l’authentique valeur de la personne humaine». «Une démocratie qui
n’est pas fondée sur les valeurs propres à la nature humaine présente le
risque de compromettre la paix et le développement des peuples». La dette
en est un exemple.
Face à cette crise des valeurs, les chrétiens doivent «réagir avec la
force de l’Evangile de Jésus-Christ» et du «patrimoine» de la doctrine sociale de l’Eglise. Aux laïcs revient un rôle indispensable d’éducation,
d’une «action éducative intelligente et continue», à savoir: «former à
l’honnêteté, à la solidarité, à l’attention aux plus démunis», à un style
de vie dans lequel «les éléments qui déterminent les choix de consommation,
d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du
bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune» (encyclique «Centesimus annus».



