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apic/Pape/New York/3e journée aux Etats-Unis

New York: Brooklyn a accueilli le pape, au 3e jour de sa visite américaine

«Ma présence à l’ONU? Un acte d’évangélisation»

New York, 6octobre(APIC) Le pape Jean Paul II a entamé vendredi le troisième jour de sa visite pastorale aux Etats-Unis, la sixième sur sol américain et la 68e de son pontificat. Une messe célébrée le matin à Brooklyn,

puis les vêpres l’après-midi ont constitué les temps forts de cette journée, marquée par les commentaires accordés par la presse américaine dans

son ensemble après le discours prononcé jeudi à l’ONU. après aussi la messe

célébrée sous une pluie battante jeudi après-midi au stade de Newark, devant quelque 80’000 fidèles.

Alors que la presse américaine accorde en effet une couverture sans précédent à la visite du Pape aux Etats-Unis, ainsi qu’à son discours prononcé

le 5 octobre au siège des Nations Unies à New York, à l’occasion du 50e anniversaire de l’Organisation, Jean-Paul II est revenu à deux reprises, vendredi, sur la signification et la justification, de son intervention à

l’ONU.

Le matin, lors de la messe dans l’Hippodrome «Aqueduct Racecourse» à

Brooklyn, au Sud-Est de Manhattan, devant 75’000 personnes. Et l’après-midi, au Séminaire de Yonkers, à 30 km au nord de New York, où il devait rencontrer une centaine de seminaristes.

East River sépare Manhattan de Brooklyn. De là, le panorama sur les

grattes ciels de Manhattan est impressionnant, presque symbolique, ce qui a

amené Jean-Paul II, dans son homélie, à interroger directement «la civilisation américaine»: «Y-a-t-il une place pour Dieu au milieu de cette splendide civilisation scientifique et technologique dont l’amérique est fière,

surtout ici dans le Queen, à Brooklyn, à New York?»

Dans sa réponse, le Pape dénonce les situations «de grandes pauvretés et

de grandes souffrances qui sont souvent cachées par la vision d’abondance

offerte par l’Amérique». En effet, a dit le Pape, si l’Amérique jouit dans

le monde entier de la réputation de pouvoir, de prestige et de bien-être,

il ne faut pas oublier que tous ne sont pas puissants dans ce que beaucoup

considèrent comme le «zénith de la civilisation et du progrès moderne».

La culture de la vie

Parmi ces pauvretés, Jean-Paul II a insisté sur l’une d’entre elles qui

est la «désintégration» de la culture et du système légal qui honorent et

défendent le mariage et la famille. Citant un rapport de la «Commission Nationale sur les Familles Urbaines en Amérique», daté de janvier 1993 et qui

démontre le lien périlleux, pour la sécurité nationale à long terme, entre

la «désinstitutionalisation du mariage» et le manque de «bien-être des enfants», Jean Paul II a dit avoir «cité ce texte pour démontrer que le Pape

et l’Eglise ne sont pas les seuls à se préoccuper de ces importants problèmes».

Ainsi, Jean-Paul II a-t-il appelé tous les américains, avec leurs différences culturelles, sociales et religieuses, à se soutenir les uns les autres pour offrir un apport positif à l’Amérique et contribuer à transformer

leur culture en une vibrante culture de vie.

Travailler à l’avènement d’une culture de vie, signifie pour Jean-Paul

II, «travailler pour le règne de Dieu dans l’Amérique d’aujourd’hui», sur

le chemin de la justice et de la paix.

Un acte d’évangélisation

Revenant ensuite sur sa visite de la veille à l’ONU, le Pape en a donné

la signification: «La présence du Pape en ce forum international est, en

fait, un acte d’évangélisation, qui vise à servir le progrès de l’humanité

au sein de la grande famille des nations (…)». En effet, a-t-il précisé,

«le progrès des peuples est strictement connexe à la proclamation du message du Christ, de salut et d’espérance pour lutter contre les ténèbres qui

sont une obscurité spirituelle qui aveugle parfois les peuples, les nations, et l’histoire elle-même dans ce qu’elle a de désolant comme l’a montré le XXe siècle qui continue d’être aux yeux de beaucoup, un temps d’angoisses terribles et de tortures».

Besoin de courage

Méditant l’après-midi avec des séminaristes sur le sens du séminaire,

«une école de sagesse», qui n’est pas «la sagesse du monde» et qui conduit

souvent «à l’incomprehension» de la part de la société, le pape a encouragé

ces futurs prêtres, à transmettre le message chrétien dans sa totalité et

intégralité, sans consentir à ce que l’on puisse le vider de sa substance».

C’est une «science sublime», la sagesse, un «service» que Jean-Paul II a

«essayé d’offrir aux Nations Unies. Si le pape faisait autre chose que de

s’exprimer (…) sur les choses spirituelles en des termes spirituels, quel

message pourrait-il prêcher? Comment pourrais-je justifier ma présence et

mon discours en cette Assemblée? Mon devoir n’est pas de parler en des termes purement humains sur des valeurs purement humaines, mais en des termes

spirituels sur des valeurs spirituelles, qui, en définitive, nous rendent

pleinement humain».

Reprenant son appel d’hier, le Pape l’a cette fois adressé aux séminaristes: «N’ayez pas peur (…) vaincre la peur est le premier pas indispensable que doit franchir le prêtre (…) qui a besoin de courage pour suivre

le Christ, en particulier quand des pans entiers de notre culture dominante

est une culture de fuite de Dieu, une culture qui montre un mépris assez

évident pour la vie humaine, à commencer par celle des enfants à naître,

celle des faibles et des personnes âgées». (apic(jmg/pr)

A l’att. des radios: Le discours de l’après-midi est, il va sans dire,

frapper d’embargo jusqu’à 22 heures (heure de Rome).

6 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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