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apic/Pape/Nouvel ambassadeur de France

Rome: Le pape reçoit le nouvel ambassadeur de France près le Saint-Siège

Les convergences de la France et du Vatican (131195)

Rome, 13 novembre(APIC) «Les relations du Saint-Siège et de la République

française sont marquées par la confiance et appelées à se développer dans

le sens d’une collaboration toujours plus étroite et toujours plus harmonieuse», a déclaré Jean-Paul II en recevant lundi le nouvel ambassadeur de

France près le Saint-Siège, Jean-Louis Lucet. Ce dernier, de son côté, a

dit la reconnaissance des Français pour le rôle du pape dans l’effondrement

des dictatures communistes et relevé les «convergences frappantes» entre

ses positions et les orientations de la politique de la France.

Dans son discours, Jean-Paul II s’est réjoui de l’attention que porte la

France à la mission du Saint-Siège dans la défense du droit des personnes

et des peuples et dans la promotion de la justice, de la liberté et de la

paix. «A l’heure où l’homme risque de devenir l’esclave de techniques que

Dieu lui a permis d’inventer, il importe de redire, avec l’ensemble de la

tradition humaniste dont votre pays peut être justement fier, que «science

sans conscience n’est que ruine de l’âme»«, a déclaré le pape. Faisant allusion aux positions prises par le Saint-Siège lors de la Conférence de Pékin, il a ajouté que «jamais le successeur de Pierre et l’ensemble de

l’Eglise ne pourront se résoudre à voir l’être humain, pour qui le Christ a

donné sa vie, amoindri dans sa dimension spirituelle, personnelle et sociale ou réduit à un simple objet d’expérimentation».

Le trésor commun du peuple de France

Jean-Paul II s’est réjoui de l’ouverture de la France sur le monde, et

notamment de sa longue tradition de présence en Afrique, récemment encore

au Rwanda. Le Saint-Siège, a-t-il ajouté, «sait qu’il peut compter sur le

gouvernement français et sur la générosité de la France pour continuer à

venir en aide aux pays en voie de développement». Il a loué de même «les

courageux engagements des autorités françaises et de leur compatriotes pour

apporter l’aide généreuse aux populations martyrisées et pour favoriser la

recherche de la paix en Bosnie-Herzégovine».

A l’heure où l’Eglise de France fête le centenaire de plusieurs de ses

prestigieux lieux d’enseignement universitaire, Jean-Paul II a dit l’attachement de l’Eglise à l’éducation et à la recherche scientifique. Il s’est

félicité que les catholiques de France «ont à coeur de participer activement à la vie publique et de servir leur pays, dans le respect des sensibilités différentes qui forment le tissu social français, en s’appuyant sur

les valeurs fondamentales qui sont, depuis les débuts de l’ère chrétienne,

le trésor commun du peuple de France». Le pape a souhaité que l’Eglise catholique, «consciente de ses responsabilités dans la recherche du bien commun, trouve toujours mieux sa place dans la société française et, en particulier, que les moyens de communication sociale aient le souci de contribuer à faire connaître son véritable visage».

Après avoir encore salué le rôle de la France dans la construction de

l’Europe, Jean-Paul II enfin a dit sa joie de pouvoir se rendre en France

en 1996 pour les 1500 ans du baptême de Clovis, occasion de rappeler «l’enracinement chrétien de la nation, sa vocation profonde et la grandeur des

saints qu’elle a vu naître».

Des convergences frappantes

Dans son adresse, Jean-Louis Lucet a évoqué les «rapports confiants»

tissés par la France avec le Saint-Siège au cours des siècles et la pérennité de ces liens: si la Révolution de 1789 et, un siècle plus tard, la séparation de l’Eglise et de l’Etat ont été «une césure philosophique et institutionnelle profonde», la vitalité du christianisme et de l’Eglise en

France «ont subsisté jusqu’à ce jour, fût-ce de façon moins visible que naguère, tandis que les idéaux républicains et démocratiques restaient indiscutablement marqués par le christianisme».

Le diplomate français a constaté que l’époque actuelle oppose à la foi

de l’Eglise et aux valeurs humaines des défis plus graves que ceux d’autrefois. «Les progrès difficilement imaginables et parfois mal maîtrisés des

sciences et des techniques, l’emprise sur les esprits de ces religions séculières que sont les idéologies totalitaires, la résurgence des conflits

nationaux, ethniques et religieux, la misère persistante à côté de l’abondance, le matérialisme enfin qui sous-tend la société dite de consommation

constituent, a-t-il affirmé, autant de menaces pour les idéaux qui fondent

notre patrimoine commun.

L’ambassadeur a relevé les «convergences frappantes» entre les positions

que le pape «défend sans trêve à Rome comme aux quatre coins de la planète»

et les orientations majeures de la politique de la France: «La paix, la sécurité pour tous, qu’il s’agisse des individus ou des peuples, la liberté

politique et la justice sociale, la recherche d’un modèle de développement

fondé sur le respect de la personne humaine, l’encouragement au dialogue

interreligieux, tous ces principes, Très Saint-Père, inspirent une politique française qui, tout en suivant sa voie propre, n’hésite pas à puiser

dans vos enseignements, si concrets et si attentifs à l’histoire qui se

fait, de précieux éléments pour éclairer la réflexion et guider l’action».

Jean-Louis Lucet, 62 ans, est diplomate depuis plus de trente ans. Après

avoir représenté la France au Sénégal et en Gambie de 1986 à 1990 puis en

Israël de 1991 à 1993, il était depuis ambassadeur en Italie. (apic/jmg/pr)

13 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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