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apic/Pape/Nouvelle encyclique
12e encyclique de Jean-Paul II: «Ut unim sint» (190595)
Probablement le 30 mai: 3 chapitres, dont l’un sur la primauté de Pierre
Rome, 19mai(APIC) «Ut unum sint» (qu’ils soient un): c’est le titre de la
douzième encyclique de Jean-Paul II, que le pape signera le 25 mai et dont
la publication est attendue pour le 30 mai. La nouveauté de ce texte pourrait venir d’une réflexion de Jean-Paul II sur la question de la primauté
de Pierre.
Le document de 120 pages comporte trois chapitres. Le premier rappelle
l’importance du décret conciliaire «Unitatis redintegratio». Le deuxième
passe en revue tout ce qui a été fait depuis Vatican II pour favoriser
l’unité des chrétiens. Le troisième envisage les perspectives d’avenir de
l’unité, qui est pour Jean-Paul II «une urgence».
Dans ce dernier chapitre, le pape médite sur l’exercice de la primauté
de Pierre, et ce pourrait être une surprise. Il est vrai que cette question
est, avec celle de l’ordination des femmes, l’un des points les plus délicats du dialogue oecuménique actuel. Mais on se souvient à Rome de ce que
Jean-Paul II avait dit à ce sujet au patriarche oecuménique de Constantinople Dimitrios Ier, lors d’une visite de ce dernier au Vatican, le 6 décembre 1987. Il nous faut, avait indiqué le pape, «chercher, ensemble évidemment, les formes par lesquelles ce ministère (de Pierre) puisse réaliser un
service d’amour reconnu des uns et des autres».
Plutôt que d’insister sur les difficultés qui peuvent freiner les relations oecuméniques, il semble que la prochaine encyclique insiste sur ce
qui peut unir les différentes religions ou communions chrétiennes et mette
en évidence la contribution de l’Eglise catholique à la recherche de
l’unité, au moment même où certains critiquent un certain repli.
Avancées et stagnations
Très présent tout au long du pontificat de Jean-Paul II, le thème de
l’unité des chrétiens est désormais omniprésent dans ses interventions. En
novembre dernier, il publiait la lettre apostolique «A l’aube du troisième
millénaire», où il demandait à tous les chrétiens un effort particulier
pour se présenter «unis» devant le Christ pour le grand Jubilé du 2000e anniversaire de sa venue. Plus récemment, la lettre «Orientale lumen» invitait les catholiques à «mieux connaître» les Eglises d’Orient, en particulier les Eglises orthodoxes, toujours dans la perspective de l’unité des
chrétiens.
Cet élan vers l’unité comporte un autre rendez-vous important cette année: le 29 juin, Bartholomée Ier, patriarche oecuménique de Constantinople,
viendra visiter Jean-Paul II à Rome à l’occasion de la solennité des saints
Pierre et Paul.
Toutefois, le bilan des relations oecuméniques est contrasté. Avec les
orthodoxes (de 100 à 150 millions de fidèles), les relations au plan théologique sont bonnes, grâce à une structure sacramentelle commune, mais elles sont handicapées, en Russie et en Ukraine, notamment, par les tensions
que suscite la présence de communautés gréco-catholiques (uniates). Les accusations de prosélytisme reviennent régulièrement à l’encontre des catholiques, en dépit du «Directoire pour les relations oecuméniques» publié par
le Vatican en 1993 et la signature des accords de Balamand (juin 1993),
censés régler la question.
Une autre difficulté subsiste dans les relations avec les orthodoxes,
celle de la primauté de Pierre, non dans son principe, qui est accepté,
mais dans son exercice, jugé trop absolu par les orthodoxes. Sur cette
question de la primauté, l’attitude du monde protestant, qu’il faudrait nuancer vu sa variété, est encore plus radicale.
Chez les protestants justement, des progrès notables ont été accomplis
avec les luthériens (environ 60 millions de fidèles) sur la question de la
justification, qui fut en 1517 la cause principale de la rupture de Luther
avec Rome. Un accord est en cours d’élaboration. Avec l’Alliance Réformée
Mondiale (45 millions de fidèles), le dialogue est également en cours, mais
la question des sacrements et des ministères fait difficulté. Dans les deux
cas, la question de l’ordination des femmes reste un point de désaccord important.
Comme du reste avec la communion anglicane (de 50 à 60 millions de fidèles), avec laquelle le dialogue allait bientôt aboutir à des accords sur
les ministères et sur les sacrements quand il a été subitement refroidi,
quand on a procédé à l’ordination de femmes dans la l’Eglise d’Angleterre.
Depuis, 141 prêtres anglicans sont passés au catholicisme, 16 à l’orthodoxie et 72 seraient encore dans l’expectative. La Communion anglicane, séparée de Rome depuis 1531, compte 13’000 prêtres. (apic/jmg/pr)




