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Rome: Le pontificat de Jean-Paul II, un «échec»?

Vive riposte de «L’Avvenire» et de «L’Osservatore Romano» (061295)

Rome, 6décembre(APIC) «L’Osservatore Romano» et le quotidien catholique

italien «Avvenire» ont vivement réagi aux articles récemment parus dans la

presse internationale et en particulier dans le quotidien «La Repubblica»,

soulignant «l’échec» du pontificat de Jean-Paul II. Echec, selon eux, illustré récemment par l’élection d’un ex-communiste à la présidence en Pologne et le référendum irlandais sur le divorce.

Mardi, «l’»Avvenire» donnait la parole à deux vaticanistes italiens «audessus de tout soupçon»: Domenico Del Rio, à la retraite, vient de quitter

la rédaction de «La Repubblica», et Alceste Santini, informateur religieux

du quotidien communiste «L’Unità».

Domenico Del Rio ne considère pas que les événements récents soient des

échecs. Il observe que «pour comprendre ce pontificat, il faut le considérer dans son ensemble afin de percevoir son effort pour faire comprendre à

l’Occident qu’il n’est pas le meilleur des mondes possibles».

Pour Alceste Santini, «il ne faut pas oublier les grands actes de courage de ce pape». Le journaliste en établit la liste et ajoute: «Que peut-on

demander de plus? Un oui inconditionnel aux injustices de la société moderne, tant vénérée? Même si l’on peut formuler quelques doutes au sujet de

Jean-Paul II, on ne peut pas le taxer d’obscurantisme». Concernant la

Pologne et l’Irlande, il y voit «une défaite non de Karol Wojtyla mais plutôt du comportement des Eglises locales, à qui le Pape avait pourtant demandé de revoir leur stratégie à l’intérieur d’une société pluraliste».

L’»Avvenire» donne également la parole au théologien américain Michael

Novak. «Vous ne savez pas combien de protestants et de personnes d’autres

religions n’ont dit combien ils aimeraient avoir un leader religieux comme

lui, justement en raison de sa capacité à parler à tous, avec fermeté», déclare-t-il. Le théologien orthodoxe Olivier Clément estime de son côté que

«le pape, homme de l’Est, ne comprend pas toutes la réalité contemporaine

de l’Europe occidentale, plus marquée par Freud et Nietzsche, que par Marx.

Il semble encore rêver d’une société chrétienne. Or, il faut parfois approfondir la modernité, parfois la refuser. Je crois que le Pape n’a pas encore trouvé le bon équilibre entre ces deux nécessités».

Comment mesurer le succès d’un pape?

«L’Osservatore Romano» réagit sous la plume de l’historien Giorgio Rumi,

qui pose la question: «Comment mesurer le succès d’un Pape?» Citant tous

les papes de ce siècle, dont les paroles n’ont pu empêcher aucune guerre ni

aucune évolution négative, il conclut que «tous les papes contemporains ont

dû affronter le mystère de la douleur et de l’insuccès». Et d’interroger:

«Etait-ce un raison suffisante pour renoncer à leur mission ou pour les déclarer en situation d’échec? Les résistances à leur égard n’ont jamais diminué leur signification ni leur valeur».

L’auteur de l’article dénonce «une certaine intolérance» de la part des

«partisans de la dignité du raisonnement qui, dans ce cas, recourent aux

techniques de la démolition de l’interlocuteur». Ceux qui «s’érigent en

progressistes», constate «L’Osservatore» Romano», voudraient voir le pape

«s’en tenir à l’éternel rôle de chapelain de cour comme le voulaient le

fascisme et le communisme, ou le capitalisme sauvage». Il dénonce enfin,

«la discrimination et les insultes» à l’encontre de la personne du pape en

raison de sa «nationalité», traitée «vulgairement, sur la base de stéréotypes obligés et évidemment négatifs». (apic/jmg/pr)

6 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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