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Rome: «Tutto bene», le pape va bien (091096)
Rumeurs, polémiques… la presse italienne s’en donne à coeur joie
Rome, 9octobre (APIC) «Tutto bene». Le pape Jean-Paul II va bien. 24 heures après son opération, tous les paramètres médicaux sont normaux, assure
un communiqué médical publié mercredi en milieu de journée.
Le pape a dormi quelques heures, précise le communiqué. Il n’a pas de
fièvre et ne se plaint pas de douleurs. Il s’alimente de nouveau, mais sous
forme de liquide seulement. Dans la matinée de mercredi, il s’est levé et a
marché quelques minutes. Il s’est ensuite entretenu longuement avec ses médecins. Enfin, l’examen histologique «définitif» de l’appendice confirme le
diagnostic émis par le professeur Crucitti mardi: pas de cancer.
Selon la première chaîne de télévision italienne, Rai Uno, Jean-Paul II
devrait apparaître ce dimanche 13 octobre à sa fenêtre d’hôpital pour la
récitation de la prière de l’Angelus. Sur le plan médical, aucun bulletin
de santé n’est annoncé avant plusieurs jours.
Une robuste constitution
La presse italienne de mercredi déborde de commentaires et de réactions.
Le professeur Corrado Nanni, anesthésiste de l’opération de mardi et des
cinq opérations précédentes, se veut rassurant: «Le pape pourra continuer
longtemps sa mission. Cela dit, même si Jean-Paul II a une constitution robuste, comme l’a encore démontré l’opération, il ferait bien de réduire au
moins une partie de ses engagements, car les années pèsent pour lui également».
Interrogé sur le tremblement de la main gauche du pape, le professeur
reste très prudent: «Je voudrais surtout préciser qu’un tremblement des
membres n’a aucune influence sur les capacités intellectuelles d’un individu. En un mot, la maladie de Parkinson n’est pas celle d’Alzheimer». Quant
à la question de savoir si le pape est affecté «oui ou non» de la maladie
de Parkinson, le professeur Nanni répond: «Je ne suis pas spécialiste en
neurologie. L’anesthésie s’occupe d’aspects complètement différents. Ce que
je peux dire, c’est qu’il n’y avait pas de risques particuliers pendant
l’anesthésie, et que c’est cette réponse qui compte».
Hommage interreligieux
Le grand rabbin de Rome Elio Toaff, a «accompagné» Jean-Paul II «dans la
prière», parce que, dit-il, «je souhaite qu’il regagne rapidement son poste».
Réunis à Rome à l’invitation de la communauté Sant’Egidio pour le 10e
anniversaire de la prière interreligieuse d’Assise, les leaders des grandes
religions mondiales ont également fait savoir au pape leur «proximité dans
l’épreuve et dans la souffrance» et leur «solidarité de croyants».
Parmi les multiples messages arrivés au Vatican, y compris via Internet,
on note la proposition du Cardinal Pio Taofinúu, archevêque de Samoa-Tapia
– un paradis terrestre au centre de l’Océan Pacifique – invitant le pape à
venir passer sa convalescence dans ces îles de rêve.
Après le cancer, Parkinson
En attendant, la polémique reprend dans la presse, non plus sur le cancer supposé et maintenant officiellement démenti – personne ne remet plus
en doute le diagnostic – mais sur la maladie de Parkinson dont serait affecté Jean-Paul II. Les observateurs ont constaté que le tremblement s’est
accéléré dimanche, alors que le pape procédait à une cérémonie de béatification sur la place Saint Pierre.
La seule explication officielle est celle d’un «trouble de nature extrapyramidale», mais personne, dans le corps de médecins qui suit le pape, ne
s’est risqué à diagnostiquer la maladie de Parkinson. Pour certains, elle
est évidente, pour d’autres non. Un nouveau débat est ouvert. Vittorio Messori, le journaliste écrivain qui a interviewé Jean-Paul II pour le livre
«Entrez dans l’espérance» donne son point de vue: «Les ennuis physiques de
Jean-Paul II pourrait le conduire jusqu’à l’immobilité.
Certains journaux italiens, qui ne reculent décidément devant rien,
s’interrogent le plus sérieusement sur le sort qui sera réservé à l’appendice de cinq centimètres enlevé à Jean-Paul II. Plusieurs se demandent si
un jour l’appendice pourra être un objet de relique… (apic/imed/pr)



