Le texte contient 39 lignes (max. 75 signes), 433 mots et 2819 signes.

apic/Pape/Tziganes

Rome: Une délégation tzigane reçue par le pape

Vivre dans l’optique de la nouvelle évangélisation (080695)

Rp,e. 8juin(APIC) Le pape Jean Paul II a reçu jeudi un groupe de Tziganes

réunis en Congrès à Rome, qu’il a encourgagé à une nouvelle évangélisation.

Auprès des Tziganes, a-t-il dit, le rôle de l’Eglise consiste à les aider à surmonter «une double tentation»: «se replier sur eux-mêmes en fuyant

vers les sectes; laisser se disperser leur patrimoine religieux en un matérialisme qui étouffe tout appel de Dieu».

Les Tziganes venus d’Europe de l’Est et de l’Ouest participaient au 4e

Congrès international de la pastorale des Tziganes organisé par le Conseil

pontifical de la pastorale pour les migrants et les itinérants. La rencontre avait pour thème: «Les Tziganes d’aujourd’hui: entre l’histoire et les

nouvelles exigences pastorales».

Les Tziganes, qui voient leurs traditions remises en cause et leur vie

communautaire menacée par la dispersion, sont aujourd’hui à un tournant de

leur histoire, a souligné le pape. Il les a invités à vivre ce «moment historique» dans l’optique d’une «nouvelle évangélisation».

Aux Tziganes, le pape Paul VI avait déjà déclaré: «Vous êtes dans le coeur de l’Eglise». Jean-Paul II a repris l’expression à son compte, ajoutant

que dans l’Eglise, «aucun groupe ethnique ou linguistique ne doit se sentir

étranger».

Le pape a relevé que dans la société, les Tziganes subissent trop souvent «la discrimination, le racisme, le manque de camps de séjour, le refus

de l’accueil, l’inadaptation de l’école et la marginalisation».

Et pourtant, les Tziganes n’arrivent «pas les mains vides», a noté le

pape devant ses interlocuteurs, relevant «les valeurs» de leur «culture»,

leur «respect des anciens et de la famille», leur «amour de la liberté»,

leur «légitime fierté» à l’égard de leurs traditions, leurs formes de «soutien généreux pour la paix». D’ailleurs, il va de soi qu’il leur faut «coopérer avec les populations» auprès desquelles ils s’installent, en «acceptant les lois» et en apportant leur «contribution à une connaissance mutuelle et à la recherche d’une convivialité féconde».

Le pape a encore évoqué les pages «tragiques» de l’histoire du peuple

tzigane, spécialement durant la seconde guerre mondiale, où «des centaines

de milliers de Tziganes ont trouvé la mort dans des camps de concentrations

nazis». Garder la mémoire de ces victimes est une manière de prévenir le

retour de la violence, a souligné le pape, qui a conclu par cette interpellation: «L’indifférence peut encore conduire à tuer, y compris de nos

jours. Comment ne pas condamner dans ce contexte les récents actes de violence dont ont fait l’objet les Tziganes, en particulier des personnes sans

défense, comme les enfants?» (apic/jmg/pr)

8 juin 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!