Le texte contient 44 lignes (max. 75 signes), 416 mots et 2728

apic/Pape/Vierge Marie/Théologienne Heinemann

signes.

Jean-Paul II et la virginité de Marie: une obsession,

déclare la théologienne allemande Ute Ranke Heinemann (110796)

«C’est une obsession !»: La théologienne Ute Ranke Heinemann, auteur du livre «Eunuques pour le Royaume de Dieu», n’apprécie pas

du tout la théologie mariale de Jean-Paul II. La théologienne allemande, qui est une ancienne condisciple du cardinal Ratzinger,

le fait savoir dans le quotidien «La Reppublica» au lendemain de

l’audience générale du 10 juillet, où le pape a une nouvelle fois

rejeté toute nouvelle interprétation de la virginité de Marie,

qui est «une vérité de foi».

«Ah! ce pape!, s’exclame Ute Ranke Heinemann, il est en train

de transformer le christianisme en une religion de la Vierge…

Chaque fois qu’il ouvre la bouche, c’est pour évoquer Marie toutes les deux phrases. Il fait une fixation!»

La théologienne démonte l’argumentation du pape, qui s’appuie

sur ce que disent de Marie les Evangiles. «L’apôtre Paul, qui

écrit dans les années 50 après le Christ, est l’auteur le plus

ancien, dit-elle, puisque les Evangiles n’ont été composés que

dans les années 70-80. Or, Paul ne mentionne pas une seule fois

le nom de Marie, ni ne parle de sa prétendue virginité mariale.

C’est clair, non !»

Pour Ute Ranke Heinemann, la virginité de Marie est une «légende» inspirée du monde hellénistique et, de ce fait, «complètement ignorée par Paul». Si les évangélistes Marc et Luc parlent

de la virginité de Marie, soutient-elle, «cela vient d’une conception mythologique diffusée dans tout l’Orient babylonien et

dans la zone hellénistique. Mais aucun mythe païen, tout en utilisant l’image de la conception virginale, ne l’aurait prise au

sérieux au sens littéral».

La théologienne insiste: «Toute cette histoire de chasteté ne

tient pas. Vierge avant, vierge pendant et vierge après! C’est

indéfendable. D’autant plus que les Evangiles parlent des frères

de Jésus… On peut dire tout ce qu’on veut, mais on ne voit pas

pour quelle raison logique l’expression frère et soeur ne serait

pas prise dans ce cas pour ce qu’elle veut dire.

Quant à l’»opération du Saint Esprit», l’explication ne tient

plus depuis 1827, date de la découverte scientifique de l’ovule

de la femme, selon Ute Ranke Heinemann: «Si Marie a eu un ovule,

l’opération du Saint Esprit ne compte que pour 50 %. Mais comment

l’expliquer sur un plan biologique ? J’ai explicitement posé cette question au Cardinal Ratzinger, qui est très gentil, mais qui

n’a jamais répondu à ma lettre.» (apic/imed/pr)

11 juillet 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!