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Zaïre: Jean-Paul II demande à l’ONU d’intervenir

Pour obtenir «un cessez-le-feu immédiat» (120397)

Rome, New-York, 12mars(APIC) Le pape Jean-Paul II s’est adressé à Kofi

Annan, secrétaire général de l’ONU, pour demander que l’organisation intervienne, en lien avec l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), afin d’obtenir «un cessez le feu immédiat» au Zaïre. Le principe de l’intégrité territoriale «doit être respecté de façon absolue», écrit le pape, pour qui

«le processus de démocratisation commencé au Zaïre» doit être mené «à son

terme» .

La lettre, rendue publique par le Vatican mercredi, est datée du 4 mars

et a été remise mardi à New-York par Mgr Martino, représentant permanent du

Saint-Siège à l’ONU. Elle est adressée au secrétaire général de l’ONU, mais

le pape demande à ce dernier de transmettre son contenu aux membres du Conseil de Sécurité.

Jean-Paul II, y fait part de sa «profonde préoccupation» devant «la dégradation de la situation au Zaïre», tout en gardant «la confiance dans les

possibilités de la Communauté internationale pour une action concertée susceptible d’éviter des développements plus tragiques».

Ne pouvant rester «indifférent» devant les informations sur «les drames

humains», «la violence» et «l’abandon» qui lui viennent notamment des diocèses, le pape «encourage tous les efforts déployés, tant sur le terrain

qu’au niveau international, en vue d’un cessez-le-feu immédiat». Il précise

qu’une oeuvre de pacification n’aura d’»effets durables» que dans la mesure

où «les réfugiés rwandais présents sur le sol zaïrois rejoindront leur pays

dans la sécurité et la dignité». Il ajoute qu’un tel rapatriement nécessite

la collaboration de la communauté internationale et des pays africains.

L’enjeu, aux yeux du pape, est le respect du principe de l’intégrité

territoriale qui «doit être respecté de façon absolue» si l’on ne veut pas

«ouvrir la porte à tous les excès»: une «solution équitable» pour la région

des Grands Lacs ne pourra venir, écrit-il, que d’»une coopération entre

l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation de l’Unité Africaine».

Jean-Paul II estime que «le processus de démocratisation commencé au

Zaïre» doit aller «à son terme» de façon à assurer les «conditions favorables à un dialogue national respectueux de toutes les tendances ethniques ou

politiques». Le pape ajoute que l’Eglise entend apporter «toute sa contribution» à ce dialogue.

Si la France, par la voix de son président Jacques Chirac, a également

lancé un «appel solennel» à la communauté internationale pour un cessez-lefeu et une intervention humanitaire, les Etats-Unis continuent de s’opposer

à la constitution d’une force multinationale, comme l’a confirmé mardi Nicholas Burns, porte-parole du département d’Etat. La semaine prochaine, une

réunion de plusieurs chefs d’Etat africain est programmée pour évaluer la

situation du Zaïre. (apic/imed/pr)

12 mars 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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