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apic/Paris/CCFD/MCD/RMALC
Paris: Le CCFD reçoit des délégations mexicaines (240195)
«Trop riche» pour avoir droit à l’aide au développement
Paris, 24janvier(APIC) Le Comité catholique contre la faim et pour le développement a reçu une délégation du Mouvement citoyens pour la démocratie
(MCD) et du Réseau mexicain d’action sur le libre commerce (RMALC). Les délégations ont attiré l’attention sur la gravité de la situation économique
au Mexique et sur la dépendance économique qu’entraîne le traité de
commerce de l’ALENA.
Les personnalités mexicaines ont souligné combien la société civile du
pays s’est sensiblement prise en main ces dix dernières années. Ainsi, le
mouvement citoyens pour la démocratie (MCD) lutte pour obtenir une vraie
démocratie éléctorale, indépendante du pouvoir. Grâce à lui, 15’000
personnes se sont mobilisées pour contrôler la dernière élection
présidentielle. Le MCD veut également obtenir une meilleure séparation des
pouvoirs.
Quant au Réseau mexicain d’action sur le libre commerce (RMALC), il
cherche, depuis le traité de l’ALENA, à intégrer dans les négociations sur
l’ouverture commerciale des frontières des accords sur le droit au travail
et la protection de l’environnement. Pour les membres de la délégation mexcicaine, il ne fait pas de doute que traité de l’ALENA a introduit une plus
grande dépendance de l’économie mexicaine à l’égard de l’économie nord-américaine et qu’il ne facilite pas le développement durable du Mexique.
Renégocier le traité de commerce de l’ALENA
Le RMALC demande, face à l’urgence de la situation, la possibilité de
renégocier la dette extérieure du Mexique plutôt qu’un nouveau prêt. Les
travailleurs mexicains ont des salaires bien inférieurs à ce que l’inflation impose comme minimum vital. De plus, le plan d’urgence adopté par le
gouvernement prévoit que 500’000 d’entre eux seront licenciés cette année.
Le RMALC estime aussi qu’il faut revoir le traité de commerce afin que le
Mexique puisse gérer de manière indépendante la crise économique. D’autre
part, le Mexique, en plein développement, n’étant plus considéré comme un
pays en voie de développement mais comme un pays industrialisé, il n’a pas
droit aux mesures d’aide au développement dont il aurait besoin.
Sergio Zermeno, sociologue, considère que l’effondrement de l’économie
mexicaine montre clairement que le traitement de choc du néo-libéralisme
est erroné: «Les jeunes économistes mexicains formés au USA se sont trompés
quand ils ont estimé que la désorganisation du pays ne serait que
provisoire. Le nombre d’entreprises mexicaines est passé de 150’000 en 1985
à 75’000 aujourd’hui. Le maïs, les haricots et le lait sont dorénavant
importés à des tarifs inférieurs de moitié à ceux du Mexique. A terme,
c’est la fin de l’économie paysanne du pays. Les résistants zapatistes
refusent précisément l’accord de libre commerce arguant qu’il met en péril
30 millions de personnes», explique-t-il. En ligne de mire, les organismes
fianciers internationaux qui ont imposé un modèle de développement à cause
de la dette internationale. Et une seule solution, selon les délégations
mexicaines, «Renégocier l’ALENA». (apic/jcn/eb)



