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apic/Paris/Conférence Evêque de France

Paris: La Conférence des évêques de France présente ses(131195)

travaux au terme de son Assemblée plénière tenue à Lourdes

Diaconat permanent et visage de l’Eglise de l’an 2000 en toile de fond

Paris, 13 novembre(APIC) Le président de la Conférence des évêques de

France, Mgr Joseph Duval, ainsi que les évêques responsables des dossiers

qui ont occupé les évêques de la Conférence réunis en Assemblée plénière du

4 au 19 novembre à Lourdes, ont présenté lundi à Paris leurs travaux portant sur le diaconat permanent, la proposition de la foi dans la société

actuelle, et le visage de l’Eglise en l’an 2000. Une fois encore, les relations entre la Conférence épiscopale et l’ex-évêque d’Evreux sont venues

sur le tapis. Pour Mgr René Picandet, chargé des relations avec Mgr Gaillot, les propositions faites ne sont pas définitivement ficelées. Elles

sont, en somme, des solutions d’attente.

Mgr Duval a d’emblée tenu à souligner le climat de fraternité propre à

cette Assemblée, comme si l’affaire Gaillot avait servi de catalyseur à une

prise de conscience de l’unité des évêques au-delà des divergences notées

dans leurs prises de position. La réforme des structures de la Conférence

épiscopale, annoncée au programme de l’Assemblée, n’aura finalement été

abordée que par la bande. Les ajouts et précisions apportés sont de peu

d’importance. Au point que Mgr Duval n’a pas jugé utile d’en faire état.

Les évêques ont par contre abordé les thèmes de la proposition de la foi

dans la société actuelle et du diaconat. Les évêques, qui se sont aussi

penchés sur le visage de l’Eglise en France en l’an 2000, se sont accordés

à reconnaître que pour baliser le chemin vers ce proche horizon, ils

devaient être attentifs à plusieurs points en particulier: une meilleure

articulation entre une parole qui dit la grâce et celle qui rappelle la

loi, que ce soit à propos des divorcés-remariés, de la morale sexuelle et

de tout autre point sensible; un plus fort appel des fidèles à une formation; la communication de l’Eglise – les évêques reconnaissent qu’ils ont

besoin de progresser dans ce domaine -; une attention plus importante à

l’intérêt de la vie des jeunes, à ce qui est mis en oeuvre pour eux. La

prochaine Assemblée plénière sur la pastorale des jeunes, en avril 1996,

les y invite, de même que la Journée mondiale de la jeunesse, prévue en

France en 1997.

Pas des diacres de sacristie

Si le ministère des diacres a suscité une large attention des évêques,

c’est que le renouveau du diaconat en France, depuis 1983, est spectaculaire. Les diacres permanents sont aujourd’hui au nombre de 1700 et depuis

plusieurs années, le nombre des ordinations diaconales est équivalent à celui des ordinations sacerdotales. Les évêques ont travaillé à partir d’un

texte préparatoire signé de Mgr Gilson, en charge du dossier. Les évêques

se sont interrogés sur l’articulation entre la théologie du mariage et le

sacrement de l’Ordre et sur les limites de la responsabilité des diacres en

Eglise. Il se sont en outre penchés sur la spiritualité des diacres, sur

l’opportunité de les fédérer là où ils sont nombreux (70 en région parisienne), sur le type de formation qu’il convient de leur donner.

Autre interrogation: quelle est l’articulation entre le diaconat et la

vie professionnelle? L’Eglise de France restera fidèle à son premier choix:

à la différence des Eglises d’Allemagne et des Etats-Unis, l’insertion des

diacres dans la vie professionnelle est une constante. Mgr Georges Gilson

se félicite pour sa part que les diacres de France «ne soient pas des diacres de sacristie» et que le Concile Vatican II soit resté discret quant à

eux.

Conférence épiscopale et Jacques Gaillot: solutions d’attente…

Concernant la proposition de la foi, Mgr Claude Dagens, auteur d’un rapport, en 1994, a rappelé que ce rapport n’est pas un texte normatif, mais

un encouragement des croyants à prendre la parole. Cet encouragement a bien

été suivi d’effets et, précise l’évêque d’Angoulème, les 3000 pages de réponses reçues sont variées et de provenance très diverses. Ces réponses

«pointent du doigt les dysfonctionnements de l’Eglise et le peu de place

que nous avons accordée dans ce rapport à l’oecuménisme, au dialogue interreligieux ou à la crise économique. Nous en convenons volontiers, mais nous

nous félicitons également que ces réponses dépassent le seul stade de la

critique pour affirmer la volonté des croyants à perséverer en Eglise avec

nous.

Mgr Dagens a encore rappelé que ce rapport avait croisé la révocation de

Mgr Gaillot. Beaucoup de fidèles se demandant quelle articulation il y

avait entre cet événement et l’appel à parler en toute liberté en Eglise.

Un document qui sera une suite au rapport de 94 devrait être disponible à

partir de l’an prochain.

Enfin l’évêque d’Orléans, Mgr Picandet, chargé des relations avec Mgr

Jacques Gaillot, ex-évêque d’Evreux, a fait valoir que ce dernier n’avait

pas encore donné suite aux propositions qui lui avaient été faites par les

évêques. Propositions dont Mgr Picandet reconnaît qu’elles «n’étaient certes pas définitivement ficelées et, en somme, qu’elles n’étaient que des

solutions d’attente». Mgr Duval estime quant à lui qu’il faudrait arriver

à une rencontre entre le pape et Jacques Gaillot afin de rétablir les conditions favorables à une proposition de poste satisfaisant. «La Conférence

épiscopale, a-t-il souligné, s’y essaye». (apic/jcn/pr)

13 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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