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Paris: Les réfugiés de St-Bernard, ex-réfugiés de (050796)

St-Ambroise écrivent au pape pour qu’il intercède en leur faveur

Paris, 5juillet(APIC) Installés depuis vendredi dernier dans

l’église St-Bernard-de-la-Chapelle, dans le 18e arrondissement de

Paris, les 300 Africains ont écrit au pape pour qu’il intercède

en leur faveur. Les déclarations se multiplient en faveur de ces

300 personnes qui s’étaient réfugiés en mars dans l’église St-Ambroise du 11e arrondissement de Paris, en butte aux nouvelles

lois sur l’immigration. Leur situation, à l’exception de 48 d’entre eux, n’a toujours pas été régularisée.

Les réfugiés de l’Eglise St-Bernard, ex-réfugiés de St-Ambroise, ne restent pas inactifs. Ils viennent d’adresser une lettre

au pape dans laquelle ils écrivent notamment : «L’irrégularité de

notre situation est le fruit d’une machination d’Etat, nullement

le résultat de notre goût pour la clandestinité». Ils reviennent

sur l’absence de critères précis permettant au ministère de l’Intérieur de régulariser telle situation plutôt que telle autre, à

la différence de leurs médiateurs – dont le Père Jean-François

Berjoneau, de la pastorale des migrants – qui avaient défini des

priorités. Ils en appellent à la sollicitude de Jean Paul II, en

faisant référence au dernier message qu’il a adressé à l’occasion

de la journée des migrants : «Nul n’est étranger dans l’Eglise et

la solidarité avec les irréguliers révèle l’identité des chrétiens.»

Dans un communiqué de presse intitulé «Il faut changer de

cap», la Commission diocésaine «Justice et paix» rappelle que

«même mal engagée, l’affaire des réfugiés de St-Ambroise méritait

mieux qu’une décision politique étriquée et peureuse: 48 engagements de régularisation sur 277 dossiers présentés et finalement

205 convoqués par l’administration pour examen de situation».

Les champions du repli sur soi

La Commission diocésaine «Justice et paix», directement impliquée dans la recherche d’une solution juste au réglement de cette

affaire, estime que «De l’instance politique, on pouvait attendre

une magnanimité qui ne pouvait gêner que ceux qui se font les

champions du repli sur soi.»

Le Conseil pastoral de la paroisse de St-Bernard-de-la-Chappelle, dans son propre communiqué, déclare pour sa part que s’il

regrette l’absence de concertation préalable à l’occupation de

l’église, il n’en déplore pas moins «les menaces d’expulsion et

les lois sur l’immigration qui fabriquent ce genre de situation».

Enfin, il estime que «dans le cadre de la reprise des négociations avec les autorités compétentes, l’Eglise a un rôle à jouer.»

l’Action catholique Ouvrière (ACO) Paris-Nord réitère de son

côté son soutien aux sans-papiers de St-Amroise. Elle réaffirme

que «les lois Pasqua sur l’immigration ont fait de ces Africains

des sans-papiers. Elles violent la Convention internationale européenne de sauvegarde des droits de l’homme et la Convention internationale des droits de l’enfant». L’ACO Paris Nord renouvelle

conjointement sa solidarité avec les organisations syndicales,

politiques et associatives qui luttent avec les sans-papiers.

(apic/jcn/lb)

5 juillet 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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