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apic/Pasteur Rochat/Eglise/Réfugiés

Vaud: Le pasteur Rochat, nouveau médiateur «Eglise-réfugiés»

Inquiétudes pour le vote du 1er, à quelques jours de son entrée en fonction

«J’aurais honte d’être Suisse si l’initiative de l’UDC passe» (291196)

Lausanne, 29novembre (APIC) «La Suisse a une tradition d’accueil: pensez

aux Huguenots!» A la veille de la votation du 1er décembre sur l’initiative

UDC «contre l’immigration clandestine», le pasteur Daniel Rochat, nouveau

«médiateur Eglise-réfugiés» de l’Eglise protestante vaudoise, se déclare

inquiet de l’issue possible du scrutin.

Nommé par le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée du canton

de Vaud (EERV), le pasteur Rochat vient d’entrer en fonction, succédant au

pasteur Daniel Corbaz, qui a été 11 ans durant la cheville ouvrière de ce

ministère.

Comment le pasteur Rochat définit le poste et le travail de médiateur?

«Le poste de médiateur Eglise-réfugiés m’apparaît comme une plate-forme de

relation directe, que l’Eglise s’est donnée, pour assurer sa présence aux

cotés des réfugiés. Ce qui signifie concrètement des contacts avec des requérants d’asile afin de les aider à faire des recours et les aiguiller

vers les juristes compétents, mais aussi les accompagner lorsqu’ils reçoivent une réponse définitivement négative à leur demande d’asile».

En somme, poursuit le pasteur Rochat, il s’agit de rendre le plus humain

possible la condition très, très difficile des requérants d’asile.

«Nous avons actuellement 6’500 demandeurs d’asile dans le canton de Vaud.

Ils sont hébergés dans 19 centres gérés par la Fondation d’aide au requérants d’asile dans le canton de Vaud (FAREAS). Le médiateur doit aussi etre

un trait d’union entre les différents organismes qui s’occupent des requérants d’asile, à savoir le Centre social protestant, Caritas, SOS-Asile ou

l’Entraide protestante suisse (EPER). Un troisième aspect du travail de médiateur consiste à etre un vis-à-vis ecclésiastique pour l’Etat et les différents organismes officiels qui interviennent dans le secteur de l’asile.

Je crois que les deux médiateurs – le protestant et le catholique, l’abbé

Claude Ducarroz – sont écoutés et bien ressentis par les instances officielles. Enfin le médiateur a aussi pour tache de sensibiliser les paroisses – protestantes, en ce qui me concerne – à l’action de l’Eglise auprès

des réfugiés».

Le repli et la peur de l’étranger

Le passage de témoin aura lieu le 6 décembre. Soit quelques jours après

le scrutin du 1er décembre, qui pourrait bien n’être qu’une pierre noire

pour la politique d’asile si l’initiative de l’UDC devait être acceptée.

Soit quelque jours avant, aussi, la Journée des droits de l’homme, le 10

décembre…. Qu’est-ce que ce vote inspire au pasteur Rochat? «J’ai très

peur que l’initiative passe. On sent, de l’autre coté de la Sarine, surtout

dans les petits cantons et grâce à la campagne de publicité de l’UDC, un

certain repli et une peur de l’étranger beaucoup plus marquée qu’en Suisse

romande.

Si l’initiative passe, estime-t-il, ce sera la catastrophe pour des milliers de demandeurs d’asile qui, jusqu’à maintenant, entraient d’abord en

Suisse, faisaient ensuite leur demande dans l’un des quatre centres – Genève, Bale, Kreuzlingen et Chiasso – et attendaient dans un centre d’hébergement que l’on statue sur leur cas. «Si l’initiative est acceptée, 80% des

demandeurs d’asile ne pourront plus déposer de demande parce qu’ils n’ont

pas de papier. Alors qu’il est pratiquement impossible pour un requérant

d’asile – un vrai – qui a subi des tortures, qui a été emprisonné dans son

pays d’origine, d’arriver chez nous avec des papiers. Pour avoir été immigré moi-même pendant 12 ans, j’aurais un peu honte d’être Suisse si l’initiative était acceptée dimanche. (apic/spp/pr)

29 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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