apic/Pays-Bas/Pétition «Nous sommes l’Eglise»/ Réaction des évêques

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Pays-Bas: Les évêques craignent que la pétition (090496)

«Nous sommes l’Eglise» n’exacerbe les frustrations

Utrecht, 9avril(APIC) Après le succès des campagnes de signatures pour le

renouveau de l’Eglise en Autriche et en Allemagne, organisées également en

Suisse, au Tyrol et en Belgique, une pétition pour les Pays-Bas a été annoncée à Haarlem par la groupe «Kerk Hardop» (L’Eglise à voix haute). Les

évêques hollandais ont déjà réagi pour dire leur «perplexité» et surtout

leur espoir que cette initiative ne compromette pas le dialogue en cours.

Les évêques regrettent l’organisation de cette pétition. «Les croyants

ont le droit et parfois aussi le devoir de faire connaître à ceux qui dirigent l’Eglise et à leurs frères croyants leur opinion sur les sujets qui

regardent le bien de l’Eglise», écrivent-ils dans un communiqué. Ils «se

demandent toutefois si une prise de parole du peuple de Dieu et la méthode

qu’elle implique est le bon moyen pour faire usage de ce droit».

Pour les évêques, en effet, «il se pourrait que, dans ce contexte, les

questions soulevées dégénèrent en frustrations si les attentes éveillées ne

peuvent être satisfaites». Or il y a des souhaits auxquels les évêques «ne

pourront tout simplement pas répondre, car cela dépasse leur compétence»;

d’autres requêtes, «comme l’ordination des femmes au sacerdoce, ne pourront

être rencontrées, car elles dépassent même la compétence de l’Eglise».

Quel dialogue ?

Les questions, fait remarquer l’épiscopat hollandais, «ont été formulées

dans d’autres pays, dans un autre contexte que le nôtre: là, une polarisation croissante, ici, un dialogue commençant»; la plupart des questions

font l’objet d’un débat dans l’Eglise des Pays-Bas depuis des années; les

évêques «connaissent déjà fort bien les réponses aux questions», lesquelles

«portent sur des sujets de nature très différente, à chacun desquels on

peut apporter à chaque fois une toute autre réponse»; en outre, les questions «portent sur des sujets internes à l’Eglise qui, chez nous, restent

marquées par la polarisation de ces vingt-cinq dernières années».

En ce qui concerne la pétition, les évêques observent que «l’on ne pourra pas en tirer une interprétation univoque» parce que «les questions comportent souvent des aspects différents sur lesquels on peut porter des jugements très divers». Ainsi, celui qui est d’accord avec une requête générale telle que l’égalité des droits pour les hommes et pour les femmes peut

fort bien ne pas l’être avec l’application indiquée: l’ordination des femmes au sacerdoce.

Poursuivre le dialogue

En conclusion, les évêques «espèrent que cette action ne contribuera pas

à la polarisation et à la frustration». Ils souhaitent que le besoin de

dialogue soit suffisamment fort pour que se poursuive le processus de dialogue à peine entamé.

La pétition de «Kerkvolksuitspraak» (Le peuple de Dieu prend la parole)

entend réclamer la suppression du célibat obligatoire pour les prêtres,

l’accès des femmes au sacerdoce ministériel, une attitude plus positive de

l’Eglise face à la sexualité et l’égalité des femmes et des hommes dans

l’Eglise. Par cette pétition, «Kerk Hardop» entend «donner expression à une

«Eglise ensemble», y compris dans la formulation du contenu et de la pratique de la foi». Ses initiateurs espèrent «promouvoir le dialogue tel qu’il

figure également à l’agenda des évêques».

Réagissant au début de l’année aux actions menées en Autriche et en Allemagne, le Mouvement du 8 Mai, principale plate-forme des chrétiens critiques des Pays-Bas, avait fait savoir qu’il jugeait qu’une pétition n’était

«pas utile» et qu’il estimait devoir entrer plutôt dans le processus de

dialogue souhaité par les évêques, même s’il «fait siennes les requêtes exprimées dans la pétition». Ses membres qui participeront à la pétition le

feront dès lors à titre individuel. C’est le cas de Henk Baars, coordinateur de programme du Mouvement du 8 Mai, par ailleurs… président de «Kerk

Hardop». (apic/cip/ba)

9 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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