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Berne: Retour de la Conférence de Pékin pour trois déléguées suisses

Quelques avancées notables (190995)

Berne, 19septembre(APIC) Si la Conférence de Pékin s’est polirasée sur la

question des droits sexuels, elle n’en a pas moins permis des avancées notoires dans plusieurs domaines, ont relevé trois des participantes suisses

à Pékin, mardi à Berne lors d’une conférence de presse organisée par la

Communauté de travail des Eglises chrétiennes de Suisse (CTEC). Deux étaient membres de la délégation officielle: Maryse Durrer, du comité de la Ligue suisse de femmes catholiques (SKF) et Regula Frey-Nakonz de l’oeuvre

d’entraide protestante EPER; la troisième, Rosemary Fullarton-Steck, de

l’Armée du Salut, a pris part au Forum des ONG.

Pour Maryse Durrer, la Conférence de Pékin a permis des avancées significatives dans trois domaines. La déclaration finale confirme avec clarté

que les droits fondamentaux des femmes, à toutes les étapes de leur vie,

font «inaliénablement, intégralement et indissociablement» partie des

droits universels de la personne.

La dénonciation de la violence faite aux femmes au niveaux familial, social ou étatique est un deuxième point fort, estime Mme Durrer. On a ainsi

explicitement admis que la violence familiale ne ressort pas du domaine

privé mais implique aussi la société et l’Etat. Les mutilations génitales,

les stérilisations et les avortements forcés, la sélection prénatales du

sexe, l’infanticide des bébés filles, les viols systématiques ont été condamnés.

Pour la première fois à Pékin, une attention particulière a été apporté

à la condition des fillettes, alors qu’habituellement à l’ONU on parle

d’enfants, sans distinction de sexe, se félicite Maryse Durrer. Ce chapitre, ajouté sous la pression des délégations africaines, apporte un progrès

certain, car pour réaliser l’égalité entre hommes et femmes, il convient

d’abord de l’établir entre filles et garçons. Le problème de l’héritage a

été ici au centre de la controverse.

La question de droits sexuels, sur laquelle l’attention de la presse

s’est focalisée, a effectivment été l’objet de vives discussions, confirme

la représentante à l’ONU de l’Union mondiale des organisations féminines

catholiques (UMOFC). Le clivage n’a pas passé entre le Nord et le Sud, mais

entre progressistes et conservateurs. Pour Maryse Durrer, l’opposition

pourrait aussi se décrire entre ceux qui font leur analyse à partir de

l’expérience concrète du terrain et ceux qui privilégient une approche basée sur des principes réputés intangibles. Le Vatican a rejoint dans la seconde catégorie les pays arabes, précise Maryse Durrer sans vouloir parler

d’alliance objective.

Regula Frey-Nakonz de l’Oeuvre d’entraide protestante EPER, déléguée de

la Communauté de travail des oeuvres suisses d’entraide, s’est penchée surtout sur les aspects économiques. Côté positif, l’objectif de consacrer

0,7% du produit national brut (PNB) pour le développement est mentionné

dans la déclaration. Une clause demandant que 20% de cette aide aille au

domaine social a également été acceptée.

Au niveau de l’analyse des causes et des conséquences de la pauvreté

pour les femmes, le fossé reste grand entre les gouvernements et les Organisations non-gouvernementales, déplore Regula Frey-Nakonz. L’opposition

vient plutôt ici des Etats-Unis et de certains pays d’Europe. De même à

propos du désarmement, le texte de Pékin se contente de demander la limititation de l’armement «excessif». Les ONG auraient voulu plus.

Rosemary Fullarton-Steck, présidente des organisations féminines de

l’Armée du Salut, a participé de son côté au Forum des ONG. Elle se félicite des nombreux contacts et échanges malgré les difficultés, dues à ses

yeux plus à une certaine désorganisation et aux mauvaises conditions météos

qu’à une volonté délibérée des autorités chinoises. Le point central de ce

Forum extrèmement varié a été la notion de l’égalité des femmes. 5’000 femmes chinoises, certes triées sur le volet, y ont eux accès. Leur volonté de

connaître et de savoir a particulièrment frappé la déléguée de l’Armée du

Salut.

La reconnaissance explicite du rôle positif de la religion dans la vie

d’un très grand nombre d’hommes et de femmes n’est pas le moindre des acquis de la Conférence de Pékin, estiment les trois participantes. Une

action commune menée par des organisations féminines chrétiennes et juives

a permis cet apport.

Les diverses organisations féminines et oeuvres d’entraide ont dores et

déjà prévu de poursuivre la réflexion de Pékin lors de plusieurs rencontres. (apic/mp)

19 septembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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