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APIC – Pèlerinage
France:Les chemins de Saint-Gilles fêtent leurs trente ans (010895)
«Un pèlerin n’est jamais vraiment arrivé…»
Bruxelles, 1eraoût(APIC/CIP) Le pèlerinage au tombeau de saint Gilles,
situé à Saint-Gilles-du-Gard au sud de Nîmes, est en pleine renaissance.
Trente ans après la relance des «chemins de St-Gilles», les pèlerins s’apprêtent à rejoindre en août, avec un enthousiasme particulier, les routes
où ils ont vécu la rupture et l’ouverture, l’intériorité et la fraternité,
toujours dans le cadre d’une «marche en Eglise».
On ignore presque tout de la vie et de la mort de st-Gilles, patron de
plusieurs églises de France, et d’une abbaye qui porta son nom dès le Xe
siècle. Fut-il ermite, ou abbé, près de Nîmes, au VIe ou au VIIIe siècle?
Neuf routes
Mais ce n’est pas d’abord la curiosité historique qui mobilise les pèlerins qui vont rallier Saint-Gilles-du-Gard le 27 août au départ d’une des
neuf «routes» qui débuteront dans la région entre le 5 et le 19 de ce mois.
Une «route», c’est un groupe de 12 à 20 pèlerins, qui se retrouvent au
départ du Puy, de Veynes, de Pont-Saint-Esprit, d’En Calcat, du Larzac, de
La Louvesc, de Toulouse, de Saint-Flour et de Souvigny et qui, jour après
jour, convergent vers Nîmes. Au total, de 9 à 23 jours de marche. Au choix.
Les quatre à huit heures de marche quotidienne se font pour l’essentiel
le matin. On part «à la fraîche», comme on dit dans le Midi. Et, à moins
d’avoir opté pour un chemin sportif à parcourir sac au dos, les pèlerins
confient leurs bagages d’un gîte à l’autre à une camionnette, pilotée par
ceux qui assument l’intendance à tour de rôle.
Les journées sont entrecoupées d’échanges et de célébrations préparées
par les liturgistes de service. Seuls le guide et le (la) responsable de la
route assument la même responsabilité d’un bout à l’autre. Presque chaque
groupe est accompagné d’un prêtre, pèlerin parmi les autres. Un trésorier
est recruté sur place pour gérer la cagnotte. Arrivées à Nîmes, toutes les
«routes» se retrouvent pour accomplir la dernière étape ensemble vers
Saint-Gilles-du-Gard. Il s’agit là d’une autre aventure, prise en charge
par une équipe spécifique, qui anime à la fois les retrouvailles et les célébrations, dont une célébration de la réconciliation qui fait chaque année
forte impression.
«L’expérience du pèlerinage se vit à la sueur du front…»
L’abbé Christian Wijnants, doyen de St-Gilles, dans la capitale belge,
sera une nouvelle fois au rendez-vous, comme aumônier d’une route chantante
de quatorze jours de marche au départ de la cathédrale de Saint-Flour.
C’est que «l’expérience du pèlerinage se vit à la sueur du front… et surtout des pieds». Des chemins ou des sentiers de grande randonnée, une intendance élémentaire et des gîtes au confort minimum, des compagnes et compagnons de route de tous âges (en 1994, le plus jeune avait 11 ans et l’aînée 62 ans), des échanges avec des compagnons aux horizons divers : voilà
le menu quotidien des «pèlerins de Saint-Gilles». Avec une constante: la
proportion importante de personnes qui ne se disent pas «piliers d’église».
Les pèlerins ont le sentiment de remettre leurs pas dans ceux de leurs
prédécesseurs qui, au Moyen Age, affluaient vers ce carrefour des routes de
Rome, de St-Jacques en Galice et des croisades, trouvant déjà dans la «désinstallation» physique une incitation à une conversion plus profonde.
Au-delà des routes
L’organisation simple, sans être spartiate, est préparée au long de
l’année par une association qui veille non seulement au confort matériel
des itinéraires et des gîtes, mais surtout à l’accompagnement spirituel des
participants, accompagnement pour lequel elle organise une formation.
Les responsables, tout en tenant à leur «Charte des pèlerins», remettent
sans cesse la formule sur le métier. L’évêque de Nîmes, Mgr Jean Cadilhac,
préside aux débats, menés par un Conseil composé de laïcs.
Tout au long de leur route, les pèlerins trouvent accueil dans les villages traversés et dans les communautés qu’ils rencontrent. Une attention
particulière est accordée à l’ouverture oecuménique, dans une région qui a
beaucoup souffert des guerres de religion.
Au total, les chemins de St-Gilles ont tissé tout un réseau de solidarité et d’amitié entre des personnes qui, après avoir cheminé ensemble un ou
plusieurs jours, se retrouvent à l’occasion, ailleurs que sur les chemins
poussiéreux du midi. Une manière pour eux de se rappeler, s’il en était besoin, «qu’un pèlerin n’est jamais vraiment arrivé…» Le pèlerinage se clôturera le dimanche 27 août après la messe de 10h présidée par Mgr Cadilhac
sur le tombeau de saint Gilles. (apic/cip/be)
(ASSOCIATION DES CHEMINS DE SAINT-GILLES, Evêché de Nîmes, 2, rue Robert BP
1455 F – 30017 Nîmes Cedex)




