Le texte contient 59 lignes (max. 75 signes), 638 mots et 4034 signes.

apic/Peres/Pape/Audience

Shimon Peres, en visite au Vatican (011294)

«Jérusalem est fermée sur le plan politique,

mais ouverte sur le plan religieux»

Rome, 1erdécembre(APIC) Le pape Jean Paul II a reçu jeudi en audience le

ministre des Affaires étrangères d’Israël Shimon Peres. L’entretien entre

les deux hommes s’est articulé autour du processus de paix au ProcheOrient, des relations entre Israël et le Saint-Siège et entre Israël et Palestiniensl, ainsi que sur l’avenir de Jérusalem. Le ministre israélien a

de plus renouvelé l’invitation faite au pape de se rendre en terre Sainte.

Il s’agit de la première visite au Vatican d’un haut responsable politique

israélien depuis l’établissement de relations diplomatiques entre les deux

Etats, le 15 juin dernier.

Peu avant de rencontrer le pape, Shimon Peres s’est exprimé sur la chaîne de télévision catholique italienne «TelePace», sur l’actualité politique

au Proche-Orient et pour préciser le but de sa visite au Vatican. «Jérusalem est fermée sur le plan politique, mais elle est ouverte sur le plan religieux», devait-il déclarer.

Le ministre des Affaires Etrangères d’Israël a donné son point de vue

sur le statut de la ville de Jérusalem, «qui ne sera jamais une capitale

arabe». Quant à l’aspect religieux de la ville, son gouvernement est «prêt

à écouter», dit-il, même s’il ne voit pas d’autre solution qu’une «protection israélienne» des Lieux Saints et non une sorte de protection internationale comme l’entend le Saint-Siège.

Le fondamentalisme n’est pas une religion

Concernant le problème de la paix au Moyen-Orient, le ministre a précisé

l’attitude de son pays: «Notre but est de stabiliser avec les musulmans une

compréhension identique à celle que nous avons atteinte avec le Vatican.»

Il est conscient des difficultés rencontrées par le leader de l’OLP, Yasser

Arafat.

Pour Shimon Peres, le «fondamentalisme» auquel doit faire face le leader

palestinien n’a pas de racines politiques, mais bien économiques – «le fondamentalisme n’est pas une religion», dit-il. Cela dit, pour Israël, «aider

Arafat sur ce plan serait le tuer», constate le ministre israélien, qui a

dès lors proposé l’idée d’une «conférence des pays donateurs».

S. Peres révèle enfin une confidence du chef de l’OLP sur son «changement d’attitude»: «Mahomet m’a indiqué la voie», lui a dit Arafat. «Maintenant, tous déchirent ma photo en mille morceaux. Pourquoi?»

Merci à Jean-Paul II

Quant à Jean-Paul II, Shimon Peres précise que c’est de lui dont le pape

parle dans son livre «Entrez dans l’espérance», quand il cite «un homme politique israélien» qui aurait aimé payer «moins cher» le prix de l’indépendance d’Israël.

Shimon Peres note que Jean-Paul II «a parlé de l’antisémitisme comme aucun autre avant lui, il a visité la synagogue de Rome, il a dit que nous,

les juifs, nous devions nous réjouir quand nous rentrons dans la terre de

nos pères.» Selon lui, Jean-Paul II a inauguré une ère nouvelle entre les

religions monothéistes. «Le Saint-Siège et le pape peuvent donc jouer le

rôle principal pour mettre un terme à la haine entre les religions monothéistes».

Le pape invité en Terre Sainte

Shimon Peres a enfin donné les trois axes de ce qu’il entend dire au pape lors de son audience: «Tout d’abord merci pour tout ce qu’il a fait pour

rendre le monde plus compréhensif, plus proche et plus riche d’amour. En

cela, le pape a joué un rôle déterminant. Ensuite, je parlerai de la situation actuelle de la paix, de ce qui a été fait et les directions que nous

allons suivre. Je sais qu’il suit ce dossier avec beaucoup d’attention.»

Dernier point: «Je vais renouveler notre invitation, car nous l’attendons

en Terre Sainte».

A ce sujet, Shimon Peres a fait part d’une autre confidence, reçue cette

fois du pape: «J’ai eu un accident, lui a dit le pape, j’ai été très

malade. On a attenté à mes jours. Et le Seigneur m’a donné de vivre encore

d’autres années pour pouvoir, un jour, me rendre en pèlerinage en Terre

Sainte». (apic/jmg/pr)

1 décembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!