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Philippines: les mouvements charismatiques gagnent en influence (020994)

Quezon City, 2septembre(APIC) Plus de cinq millions de catholiques philippins se rattachent aujourd’hui à des groupes charismatiques. Si la plupart des mouvements sont fidèles à l’Eglise catholique, certains revendiquent leur autonomie et défendent leur propre interprétation de la Bible.

Le mouvement «El Shaddai» (de l’hébreu Dieu tout-puissant) compte environ trois millions de membres dans le pays comme à l’étranger. Fondé en

1984 par un laïc, Mike Velarde, à partir d’une petite station radio, le

mouvement recrute surtout parmi les classes pauvres. Mike Velarde rencontre

chaque semaine l’évêque auxiliaire de Manille, Mgr Teodoro Bacani. Les autres mouvements comme «Foyer d’amour» (un million de membres) «Joie du

Seigneur» «Coeurs ouverts» ou «Oasis d’amour» sont nés après la chute du

régime Marcos et le retour de la démocratie en 1986.

Du côté de la hiérarchie catholique, on observe positivement ce développement. «Ces mouvements montrent que l’homme peut mener une vie sainte et

spirituelle», note Mgr Bayani Valenzuela, directeur du service oecuménique

de l’archidiocèse de Manille. Les charismatiques mettent l’accent principal

sur la vie spirituelle et le salut de l’âme, ils se préoccupent peu de la

dimension sociale et n’abordent pratiquement pas les thèmes idéologiques ou

politiques, déplore-t-il cependant. Il n’y a pas de tendance fondamentaliste, mais il ya un risque que ces groupes exigent leur autonomie par rapport

à l’Eglise. Certains groupes se sont détachés parce qu’ils voulaient avoir

leur prore interprétation de la Bible, poursuit-il.

Mgr Valenzuela reconnait par ailleurs que parfois les responsables des

mouvements charismatiques ont de meilleurs contacts avec les fidèles que

les prêtres. «Ces gens sont peut-être plus près de Dieu que nous».

A l’avenir, ces mouvements devront entreprendre un processus d’institutionalisation s’ils entendent encore se développer. Si certains se sont

éloignés de l’Eglise, d’autres demandent à la réintégrer. «Ils sont encore

à l’âge de l’adolescence», conclut Mgr Valenzuela. (apic/ucan/apa/mp)

2 septembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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