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apic/Philippines/Vocations/Problèmes
Philippines: Le grand nombre des séminaristes masque une crise profonde
Situation et chiffres trompeurs (290596)
Manille, 29mai(APIC) Les évêques philippins «vivent dans un sentiment de
sécurité trompeur», estime le P. Roberto Reyes, secrétaire de la Commission
nationale pour les vocations, dans un rapport destiné à l’Assemblée plénière de l’épiscopat qui aura lieu en juillet prochain.
Pour 1996, l’annuaire catholique des Philippines mentionne le chiffre de
8’776 séminaristes, contre 7’702 en 1989. Selon le P. Reyes, cette hausse
de 14 % est trompeuse en raison de l’augmentation du nombre des décès dans
le clergé durant cette période, de celui du nombre des catholiques, ainsi
que des départs, même si le chiffre de 6’000 donné par l’organisation nationale des prêtres mariés est exagéré.
Une évaluation de la situation en profondeur exigerait des chiffres et
des données dont l’Eglise ne dispose pas encore, mais «si l’Eglise veut sérieusement prendre à bras le corps la crise des vocations, elle doit se
pencher sérieusement sur elle-même et sur ses problèmes», avertit le secrétaire de la Commission nationale pour les vocations.
Après avoir expliqué que la vocation religieuse et sacerdotale connaît
actuellement aux Philippines une triple crise – personnelle, communautaire
et institutionnelle -, le P. Reyes suggère que, en analysant ces problèmes,
on distingue les symptômes et les causes. Parmi les premiers, il cite la
migration des prêtres diocésains vers les centres urbains, en particulier
vers l’archidiocèse de Manille. Un certain nombre de prêtres séculiers et
réguliers émigrent aussi vers le Canada, l’Australie et les Etats-Unis.
Parmi les causes qui poussent un grand nombre de prêtres à quitter le
ministère, le P. Reyes cite la lassitude extrême de certains, mais surtout
une profonde déception à l’égard de l’Eglise, de leur diocèse ou de leur
Congrégation religieuse. Il propose la création dans chaque diocèse d’un
centre de formation permanente, sans quoi la crise risque fort d’empirer.
Le problème des petits séminaires est l’un de ceux que les évêques aborderont également lors de leur prochaine assemblée. «La plupart ne sont plus
que des pensionnats et très peu de séminaristes passent au niveau suivant»,
constate le P. Reyes, pour qui l’alternative est simple: les fermer ou leur
redonner vie. (apic/cip/pr)



