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apic/Pologne/Antisémitisme persistant/Hommage à Jean Paul II
Pologne:Persistance tenace de préjugés contre les juifs (220197)
«Trop d’influence» dans les domaines politique, économique et les médias
Varsovie, 22janvier (APIC) En Pologne, où ne vit plus qu’une petite minorité de citoyens d’origine juive – on estime leur nombre à 30’000 – les enquêtes d’opinion montrent une persistance tenace de préjugés contre les
juifs. Selon un récent sondage, un tiers des Polonais interrogés estiment
qu’ils ont «trop d’influence» dans les domaines politique, économique et
dans les médias.
Un sondage, effectué en Pologne par l’agence CBOS et publié en janvier,
révèle la persistance des préjugés contre les juifs du pays, et l’ignorance
des Polonais concernant la minorité juive de Pologne.
Ce sondage révèle que plus d’un tiers des personnes interrogées trouvent
que les juifs ont «trop d’influence» dans les domaines politique, économique et les médias. Selon CBOS, 24% des gens interrogés se montraient
«fortement antisémites» dans leurs réponses.
Même si la Pologne compte aujourd’hui 30’000 citoyens d’origine juive,
estime-t-on, et que seuls 3’000 d’entre eux adhèrent à des associations
juives, 32% des Polonais estiment leur nombre à plus de 250’000, ajoute
CBOS.
Par contre, 34% des citoyens ont déclaré ne pas savoir combien de juifs
il y avait dans le pays, et 56% ont montré qu’ils n’étaient pas antisémites en rejetant l’idée d’une influence juive «excessive» ou en exprimant
des doutes à ce sujet. Les relations entre catholiques et juifs de Pologne
où, avant la Shoah, il y avait trois millions de juifs (un dixième de la
population totale), se sont récemment tendues à la suite d’accusations de
la communauté juive qui déplorait l’indifférence des Polonais devant l’extermination des juifs sous l’occupation nazie, et les controverses à propos
de l’ancien camp de concentration d’Auschwitz.
L’Eglise polonaise toujours accusée par certains groupes juifs
Même si la Conférence épiscopale polonaise a condamné l’antisémitisme en
1991 et 1995, certains groupes juifs continuent d’accuser l’Eglise de ne
pas réagir contre l’antisémitisme dans le clergé et la population. Lors de
récents entretiens avec le rabbin new-yorkais James A. Rudin, le secrétaire
général de la Conférence épiscopale polonaise, Mgr Tadeusz Pieronek, a souligné la nécessité d’un «dialogue permanent» dans le pays pour prévenir les
«excès» des deux côtés. Les tensions provoquées ces deux dernières années
l’ont été par des personnalités des deux communautés, catholique et juive,
a-t-il relevé à cette occasion.
Hommage juif au pape Jean Paul II
Le rabbin James A. Rudin, directeur des relations extérieures du Comité
juif américain, s’est vu décerner au début janvier par le Conseil de chrétiens et juifs de Pologne une distinction pour son action au service de la
«réconciliation». Il avait encouragé le «dialogue et la compréhension» entre les religions en une période de relations difficiles après l’ouverture
en 1984 d’un couvent de carmélites à Auschwitz. Lors de la remise du Prix
pour la réconciliation, le rabbin Rudin a souligné l’excellence des relations entre catholiques et juifs, «les meilleures depuis de nombreuses années». Il a, au cours de sept rencontres avec le pape Jean Paul II, discuté
des moyens d’appliquer les résultats du «dialogue».
«L’histoire nous jugera sévèrement si, dans cinquante ans, il s’avère
que nous avons été incapables de poursuivre les travaux du Concile Vatican
II et les efforts de personnalités comme le pape», a souligné le rabbin.
«Si la compréhension mutuelle et la coopération, en particulier entre juifs
et catholiques, sont possibles en Pologne», pays qui a connu les grands
bouleversements de l’histoire, a-t-il conclu, «elle pourrait être un modèle
pour le monde entier». (apic/kap/eni/be)



