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Pologne: 2e tour des élections présidentielles le 19 novembre (071195)
L’Eglise catholique signale sa préférence pour Lech Walesa
Varsovie, 7 novembre(APIC) Même si elle se défend de faire de la politique
et de s’immiscer dans le débat électoral en donnant des consignes de vote,
la puissante Eglise catholique de Pologne signale sa préférence pour Lech
Walesa en vue du deuxième tour des élections présidentielles qui se tiendront le 19 novembre.
«Chaque fois qu’il s’est agi de la défense des valeurs importantes pour
l’Eglise, estime Mgr Pieronek, secrétaire de la Conférence épiscopale, Walesa n’a pas déçu l’Eglise». Jeune et fringant leader de l’Alliance de la
gauche démocratique, l’ex-communiste Aleksander Kwasniewski, – «bête noire»
de l’Eglise catholique qui le qualifie d’anticlérical -, a devancé le président Lech Walesa de près de deux points (35% des voix contre 33%). Mais
ce dernier peut compter sur la mobilisation de l’Eglise catholique en sa
faveur.
Mgr Tadeusz Pieronek relève que Lech Walesa ne doit pas son bon résultat
à l’Eglise, mais à sa campagne électorale. Le secrétaire de la Conférence
épiscopale polonaise estime aussi que Walesa, «symbole de l’anticommunisme», est en outre «le Polonais le plus connu après le pape». Interrogé sur
la position de l’Eglise en vue du deuxième tour, Mgr Pieronek a affirmé que
«rien ne sera changé» à l’attitude de l’Eglise; les critères recommandés
par l’Eglise catholique pour le choix des candidats sont connus.
La Pologne face à deux choix de société opposés
Pour le secrétaire de l’épiscopat, la situation actuelle peut être comparée avec celle de l’année 1989. A l’époque, la Pologne était placée face
à deux choix de société opposés, le communisme et le mouvement «Solidarité». Aujourd’hui, pour Mgr Pieronek, il s’agit à nouveau de «la lutte entre
l’ancien et le nouveau», mais à ses yeux, l’»ancien» est visiblement représenté par Kwasniewski et le «nouveau» par Lech Walesa.
Commentant le résultat des élections, le prélat Marian Subocz, vice-secrétaire de la Conférence des évêques polonais, est d’avis que le Pologne
court le danger d’être divisée en deux par deux modèles de société antagonistes. Il a réfuté les reproches que l’Eglise, avec ses mises en garde répétées contre les candidats au passé communiste, aurait indirectement poussé de nombreux électeurs dans les bras de Kwasniewski. Il conteste également que l’Eglise se soit beaucoup trop immiscée dans le combat politique,
«car elle s’est engagée pour des valeurs, pas pour des personnes».
Lors des élections de dimanche, l’Eglise catholique s’est efforcée d’obtenir une importante participation aux urnes des prêtres et des communautés
religieuses. Ainsi, des membres d’ordres religieux ordinairement cloîtrés
ont pu quitter leur couvent pour se rendre aux bureaux de vote. C’est le
cas des frères ermites de Bieniszewo, qui ne peuvent sortir que cinq fois
par an le matin et six fois l’après-midi. Des religieux âgés ou malades ont
été transportés en bus spéciaux aux locaux de vote. (apic/kap/be)




