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apic/Pologne/ impôt

Pologne: Les Eglises contre l’idée d’un impôt ecclésiastique (221096)

Varsovie 22octobre (APIC) L’idée de l’introduction en Pologne d’un «impôt

ecclésiastique» n’a pas obtenu le soutien des milieux d’Eglises. La proposition d’un parlementaire qui demande un système similaire à celui qui existe en Allemagne, n’est pas favorable aux Eglises, relève-t-on.

Pour l’auteur de cette initiative, Ryszard Zajaç député de l’Alliance de

la gauche démocratique (SLD), parti actuellement au pouvoir, cette proposition est une «étape nécessaire» vers la neutralité de l’Etat en matière de

religion. Ryszard Zajac est à la tête d’un groupe de parlementaires qui

font campagne pour une stricte séparation des Eglises et de l’Etat, pour la

suppression des «privilèges» de l’Eglise catholique et pour une plus grande

sécularisation de la vie nationale.

Selon sa proposition, les membres enregistrés d’une Eglise paieraient un

impôt supplémentaire, calculé sur la base de leur revenu, qui serait perçu

par le service des impôts puis remis aux Eglises. D’après les observateurs,

si cet impôt ecclésiastique était introduit, le nombre des catholiques déclarés en Pologne, soit 95% de la population, pourrait passer à 35% c’est-à-dire au pourcentage de ceux qui assistent régulièrement à la messe.

Nombreux seront ceux, estime-t-on, qui refuseront de s’enregistrer comme

membres de l’Eglise pour éviter de payer l’impôt.

La proposition s’inspire du système de l’impôt ecclésiastique prélevé en

Allemagne où les deux grandes Eglises, protestante et catholique-romaine,

perçoivent chacune environ 8’000 millions de deutsche mark par année en impôts ecclésiastiques.

Pour l’archevêque de Gdansk, Mgr Tadeusz Goclowski, membre de la commission mixte Eglises-Etat il faut certes trouver un moyen plus clair de contrôler les finances de l’Eglise, mais cette idée d’impôt ecclésiastique est

fausse. Ce qui vaut pour l’Allemagne ou l’Autriche n’est pas nécessairement

bon pour la Pologne, où il n’existe ni tradition ni précédent pour un tel

système.

A l’heure actuelle, l’Eglise catholique romaine de Pologne est financée

principalement par des donations de membres et par les frais perçus pour

les baptêmes, les mariages et les funérailles.

Andrzej Debski, porte-parole des 90’000 membres de l’Eglise luthérienne

polonaise, a déclaré au correspondant de l’agence oecuménique ENI que sept

Eglises minoritaires allaient examiner cette proposition lors d’une réunion

du Conseil oecuménique polonais. L’adoption de celle-ci «frapperait surtout

l’Eglise catholique, car elle devrait compter ses membres. Et si se déclarer catholique devait avoir des conséquences financières, l’on pourrait

s’attendre à une baisse soudaine des statistiques de l’Eglise qui aurait

des effets néfastes pour la Pologne sur le plan psychologique.»

Pour le métropolite Bazyl, à la tête de l’Eglise orthodoxe de Pologne

(570’000 membres), ce système n’est pas «nécessaire», et il n’est pas du

tout certain qu’il entraîne une augmentation des ressources des Eglises minoritaires. (apic/eni/mp)

24 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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