Pologne: les Eglises minoritaires réclament l’égalité des droits (130494)

apic/Pologne

Le Concordat signé entre la Pologne et le Vatican en toile de fond

Varsovie, 13avril(APIC) Le Conseil oecuménique polonais, qui regroupe les

sept plus grandes Eglises après l’Eglise catholique romaine, demande au

gouvernement de garantir aux minorités religieuses l’égalité des droits,

après la ratification du Concordat de la Pologne avec le Vatican.

Dans un appel lancé au Premier ministre Waldemar Pawlak, le Conseil oecuménique polonais propose la mise sur pied d’une commission avec le gouvernement pour suivre et protéger les activités des 33 confessions non catholiques enregistrées en Pologne. Il cite comme précédent le travail d’une

telle commission en Italie.

Le Concordat entre la Pologne et le Vatican signé le 28 juillet 1993 a

le statut de traité international, et c’est le premier signé en Europe de

l’Est depuis l’annulation d’une série d’accords semblables par les gouvernements communistes d’après-guerre. Ses 29 articles prolongent un accord de

mai 1989 entre l’Etat et l’Eglise et réaffirment les droits de l’Eglise

catholique romaine à préparer des programmes d’éducation religieuse pour

les écoles publiques, à procéder à la nomination des aumôniers militaires

et à «acquérir et posséder» des biens. Le Concordat dresse en outre et notamment la liste des sept fêtes catholiques, considérées comme fériés et

reconnaît la même validité juridique aux mariages religieux et civils.

Plusieurs Eglises minoritaires se sont plaintes en été dernier de

n’avoir pas été avisées de la teneur du Concordat. Elles demandent aujourd’hui d’inclure de nouvelles clauses pour renforcer les droits des minorités. En en faisant un sujet de droit international, le traité peut accorder une «position privilégiée» à l’Eglise catholique romaine, avaient

alors objecté les Eglises.

Pas d’accords similaires pour le moment avec d’autres confessions

Même si un accord national séparé a été signé en 1992 avec l’Eglise orthodoxe autocéphale de Pologne, qui compte un million de fidèles, d’autres

communautés plus petites attendent encore des accords similaires. Le 16

février dernier, une commission du Sejn polonais (Chambre des députés)

avait approuvé un projet de loi du gouvernement visant à garantir les

droits des Eglises évangélique d’Augsbourg (luthérienne) et réformée, qui

comptent respectivement 92’000 et 5’000 membres. Mais des changements ultérieurs devaient y être apportés, dans les chapitres relatifs aux impôts et

aux biens.

L’opposition au Concordat est venue de l’Alliance de la gauche démocratique (SLD), qui a remporté plus d’un tiers des 460 sièges du Sejn lors des

élections en septembre. Certains leaders du SLD ont objecté que le traité

pouvait déterminer d’avance certains chapitres de la Constitution nationale

qui doit encore être promulguée. Le gouvernement a néanmoins annoncé en

mars qu’il allait soumettre le Concordat pour ratification.

Le vice-Premier ministre Aleksander Luczak a pour sa part précisé que

tout changement apporté à la loi sur la liberté de conscience actuellement

en vigueur à la suite du Concordat s’appliquerait à toutes les associations

religieuses. Quant au chef du Département des culte en Pologne, Marek Pernal, il a déclaré que le gouvernement Pawlak n’envisageait pas pour le moment d’accords similaires avec d’autres confessions.

Le Conseil oecuménique de Pologne, qui comprend 14 bureaux régionaux,

rassemble les Eglises évangéliques de la Confession d’Augsbourg, réformée,

méthodiste, orthodoxe autocéphale, ainsi que les communautés baptiste, catholique polonaise, vieille catholique moravite. Il est présidé par l’évêque

luthérien Jan Szarek. (apic/spi/pr)

13 avril 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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