Rome: Le photographe pontifical Arturo Mari a pris sa retraite après 51 ans d’activité
Apic portrait
Il a su adapter l’image du pape à l’ère des médias
Burkhard Jürgens, Rom / Apic / Traduction: Bernard Bovigny
Rome, 31 juillet 2007 (Apic) Le Vatican, qui n’est pas réputé pour ses changements rapides, a été un terrain de prédilection pour un photographe de la trempe d’Arturo Mari dont l’engagement s’est distingué par une étonnante constance. Il a servi six papes – de Pie XII à Benoît XVI – couvrant autant les événements officiels que les instants privés des Souverains pontifes. Le monde ne connaît certains événements historiques qu’à travers son objectif. Après 51 années d’activité, cet homme trapu, parfois renfrogné, toujours vêtu d’un complet noir impeccable, a pris sa retraite.
A son tableau de chasse figurent 340 voyages pontificaux – à l’étranger et en Italie -, ainsi que d’innombrables audiences et célébrations, ainsi qu’un concile. La seule messe pontificale qu’il a fréquentée sans appareil photographique est celle de l’ordination sacerdotale de son fils en avril dernier. «Je suis venu comme Arturo, et je m’en vais comme Arturo», dit-il de lui-même. Il est arrivé au Vatican comme un jeune issu du voisinage, il est maintenant une personne respectée dans cet Etat-Eglise.
Le bureau d’Arturo Mari se trouve à la Via del Pellegrino, la rue du pèlerin, mais en réalité il ne s’est jamais éloigné de la Basilique St-Pierre. Il habite encore aujourd’hui au Borgo Vittorio, au pied du Vatican, où il a grandi. L’après-midi après l’école, ses parents envoyaient ce garçon, intéressé à la technique, au studio-photo situé au coin de la rue. Le plus important était qu’il ne traîne pas dans la rue.
Mais celui qui a été déterminant pour l’avenir d’Arturo Mari a été le jésuite allemand et archéologue du Vatican Engelbert Kirschbaum. L’érudit, supérieur du père d’Arturo et passionné de photographie, a découvert le talent du jeune homme et lui a offert son premier appareil de photos, un Leica. Le 9 mars 1956, alors qu’il n’a que 16 ans, Arturo débute au service photographique du journal du Vatican, l’»Osservatore Romano».
Il débute à 16 ans à l’»Osservatore Romano»
Sous Pie XII, il a vécu une «école à la dure», comme il l’affirme. Le cérémonial était rigide et une célébration de canonisation pouvait durer six heures et demie. Le pontificat de Jean XXIII marque une nouvelle époque. Les premières visites du pape dans une clinique ou une prison ont offert au jeune photographe de nouveaux thèmes enthousiasmants.
Vient ensuite le Concile: ouverture de l’Eglise au monde, et aussi aux médias. Arturo Mari a accompagné Paul VI durant son voyage en Terre sainte et a couvert la célèbre rencontre oecuménique entre le premier pape post-conciliaire et le patriarche Athenagoras de Constantinople. Après les 33 jours de pontificat de Jean Paul Ier, il a oeuvré 27 ans au service de Jean Paul II. «Une vie avec lui», commente-il.
Le pape Wojtyla est l’homme des grands gestes et Arturo Mari était son chroniqueur-photos. La légende raconte que Mari ne s’accordait aucun jour de vacances et ne se déclarait jamais malade. Et pour cela, il avait un siège réservé dans l’entourage pontifical direct durant les voyages, bénéficiait également d’une situation professionnelle exclusive, enviée par beaucoup de collègues. Il avait même accès à la vie privée du pape. «Je voulais seulement documenter la réalité, rien d’autre», affirme-t-il.
Les moments les plus pénibles étaient les séances de poignées de mains, comme par exemple le marathon de salutations lors d’un voyage au Benelux: 980 politiciens et notabilités ont fait la queue pour rencontrer le pape. Et Arturo Mari les a tous pris en photo, l’un après l’autre, sans en manquer un seul, et sans trembler une seule fois! Et il n’en est pas peu fier.
Quelques-unes de ses prises de Jean Paul II ont imposé une nouvelle image du pape: le successeur de Pierre sur ses skis, l’ami des enfants, celui qui prie pour la paix, ainsi que le souffrant, marqué par la maladie. Arturo Mari sait que ses motifs sont sans précédents dans l’histoire de l’Eglise et qu’il révolutionné l’image du pape à l’ère des médias.
Ses deux clichés les plus célèbres, il les a pris à l’aveugle. C’était d’abord le 13 mai 1981 lors de l’audience générale. La jeep pontificale traverse la foule. Mari, comme d’habitude, se trouve juste à côté, à pieds. Soudain retentissent les coups de feu. Comment il a pressé sur le déclencheur, il ne s’en rappelle pas. Mais les clichés de l’attentat se trouvaient bel et bien sur le film.
Ensuite, un jour et demi plus tard, le ministre de l’Intérieur du Vatican et futur cardinal Eduardo Martinez Somalo convoque une réunion de crise nocturne. Jean Paul II a bien surmonté l’opération, mais les médias sont en ébullition. Arturo Mari propose alors que le Vatican détende la situation en publiant une photo du pape. Proposition acceptée.
Un portrait qui a fait le tour du monde
Le matin, Arturo Mari entre seul dans la chambre des soins intensifs de la Clinique Gemelli. A l’intérieur se trouve Jean Paul II, en blouse de patient, avec des tuyaux dans le bras. «Arturo, mon fils, que nous nous voyions encore en vie», a-t-il dit. Mari s’est mis à pleurer. Des larmes coulaient sur le viseur. Il ne voyait rien, mais il a appuyé sur le déclencheur. Ce portrait a fait le tour du monde.
Arturo Mari, enfant des quartiers populaires de la Rome antique près de la Basilique St-Pierre, exprime toujours davantage une fierté d’artisan qu’une allure d’artiste. «Rester modeste, savoir où l’on se trouve, et conserver ses mains propres», telle est sa devise. Et elle rejoint même le jugement des journalistes photos, qui travaillent en concurrence avec le service d’images du Vatican, mais connaissent personnellement Mari et le considèrent comme un collègue agréable et serviable.
«Toutes les photos que j’ai voulu prendre, je les ai prises», affirme-t-il. Jamais on ne l’a censuré, ni interdit quoi que ce soit, ni dissimulé quelque chose. Il voulait montrer le Vatican tel qu’il est, il a réussi. «Je m’en vais heureux et content».
Le dernier rendez-vous d’Arturo Mari a été le rosaire du pape, dans les jardins du Vatican, lors de la conclusion du mois marial le 31 mai. Depuis, son bureau s’est considérablement vidé. Des photos suspendues sur les parois ne subsistent que les silhouettes poussiéreuses.
On y trouve encore l’agenda des événements relié en cuir sur le bureau, ainsi que, dans une vitrine, ses clichés préférés pris avec un ancien appareil photographique, derrière lesquels veille une statue de la Madone. Son successeur, Francesco Sforza, un collaborateur de longue date, aménagera quelque part, là où il trouvera de la place.
Arturo Mari veut maintenant consacrer davantage de temps à sa famille. Mais il continuera de jeter un regard hors de son Borgo Vittorio, de ranger ses affaires, de les archiver, et de forger de nouveaux projets, peut-être une documentation sur le quotidien au Vatican. «Un photographe passionné n’arrête jamais», affirme un de ses collègues, ajoutant: «Et Arturo en est un». BJ/BB
Des photos (mention: Arturo Mari) se trouvent sur le site www.kna-bild.de (apic/cic/bj/bb)
Mgr Wolfgang Haas, évêque de Coire
APIC – Portrait
Gabriele Brodrecht, agence APIC
Coire, 20septembre(APIC) L’enfant court vers lui et le fait presque
trébucher. Mais il l’attrappe et rit avec lui – on ne renverse pas si
facilement l’évêque de Coire que beaucoup auraient volontiers vu moins
inébranlable. Wolfgang Haas, le plus contesté et le plus connu des évêques
suisses.
Sa aucune timidité, l’enfant prend sa main en toute confiance. Certains
n’ont pas cette même confiance envers l’évêque qui se me maintenant aux
gens dans la cour du couvent d’Einsiedeln. les deux nouveaux évêques
auxiliaires que le pqpae a placé à ses côtés, viennent d’être installés
solenellement dans leurs fonctions. Un pas vers l’apaisement d’un conflit
qui depuis des années, n’occupe pas seulement les médias. la nomination en
1988 de mgr Wolfgang Haas comme évêque auxilkiaire avec droit de succession
et son accession surprise deux ans plus tard comme évêque de Coire a
provoqué d’innombrables protestations et discussions jusqu’au danger de
division de l’Eglise en Suisse.
En fait, chacun a son opinion, – la plupart du temps définitive – à
propos de l’évêque. Les uns le défendent comme champion de la «vraie
foi»; les autres tiennent prête une longue liste de reproches: sur son
attitude ultra-conservatrice, sur sa fidélité au pape et au droit canon,
sur ses décisions dans les questions de personnel ou du séminaire StLuzi. On croit savoir qui’il est arrogant et pas capable de dialogue.
Pas tout à fait comme on le pense
les gens tiennent souvewnt mgr Haas pour un véritable monstre jusqu’à qu’il le rencontre une fois, soupire l’évêque. Ils remarqueront
alors qu’il est en fait tout autre – un homme joyeux et plein d’humour,
qui va volontiers vers les gens et ouvre la discussion, qui se réjouit de
la diversité de la nature – qui est plus multicolore que verte.
Conservateur, il l’est certes, mais cela n’a rien à faire avec des
boîtes de conserves. celui qui connaît vraiment les textes du concile
remarque qu’il ne représente pas autre chose…
Il sait d’ailleurs exactemewnt ce qu’il veut protéger et défendre. La
conversation avec lui conduit à la notion de vérité, comment elle est en
sécurité dans l’Eglise et comment Diue la révèle dans l’Evangile et dans
le Christ. «Cette vérité rend libre et conduit au salut» et pour lui il en
est de même pour le salut des âmes. Mgr Haas le dit simplement,
certianement pas à partir d’un théologie comnpliqulé, mais à partir de sa
spiritualité mariale. «Maria duce obviam Christo», telle est sa devise
«sous la direction de Marie vers le Christ».
le fait qu’il désire conduire les hommes au pensées surnaturelles, à
maintenir la volonté et les commandements de Dieu et à une foi simple et
joyeuse, l’expose au danger qu’on se moque de lui comme quelqu’un de
«démodé». Il yest finalement un pue habitué: les plaissanteries de
carnaval et les «witz» lui obnt collé toutes les étuiquettes possibles de
mysogine à exorciste.
«Mgr Haas frappe de nouveau» a dit un jour de l’évêque un slogan qui lui
reproche de frapper avec une vérité infuse, une vérité qui place sur le
même plan le témoignange profond de la foi avec n’importe quel paragraphe
du droit canon… Dans la discussion, il sait toujours – lui qui considère
dque le nouveau Catéchisme comme un cadeau merveilleux – faire très
bien la différence et s’exprime souvent avec prudence et circonspecte.
Certes il suit très clairement sa ligne et pense contunuer à le faire
– «la décision finale appartient toujours à l’évêque diocésain, cela
personne ne peut le lui enlever». Des opinions différentes, mais aussi
du
respect ont été jusqu’à présent perceptibles dans de bonnes discussions
avec les évêques auxiliaires. Mgr Haas espère d’eux qu’ils servent de
médiateurs mais qu’ils affirment clairement qu’il est l’évêque diocésain.
Et aussi longtemps que le pape ne la rappelle pas, il entend rester fidèle
à sa mission ecclésiale – «non pas par fierté, mais parce que je veux
m’attaquer à ce défi». Même si cela ne sera peut-être pas toujours plus
facile et même si certains ne voient de solution dans l’affaire Haas
qu’avec son éviction remarque mi-fatécieux l’évêque en faisant le geste de
couper la tête.
«Je suis comme je suis»
Il n’a encore jamais craint les débats avec les autres opinions – que
l’on m’accepte ou pas. Il dit simplement ce qu’il pense «je suis comme
je suis» estime l’évêque de Coire qui relie moins le conflit avec sa
propre personnes qu’avec ce pour quio il s’engage. Il n’attend plus rien
du dialoghue s’il conduit à un faux compromis au lieu de mener à la
vérité. Il n’est pas intéresser au pouvoir, pas plus que monarchiste. Il
entretient simplement des contacts cordiaux avec la maison princière du
Liechtenstein.
A Schaan, au Liechtenstein, les parents de l’évêque teaniene tun
magasin d’objets d’art.




