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apic/Poupard/Intervention UNESCO
Paris: Intervention du cardinal Poupard à la 29e session de l’UNESCO
Pour la promotion d’une culture de la paix et de la solidarité (301095)
Paris, 30 octobre 1995 (CIP) Le cardinal Paul Poupard a plaidé pour une
culture de la paix et de la solidarité et en faveur du droit à l’éducation,
dans un discours prononcé à l’UNESCO, qui tient ses assises ces jours à Paris.
Une éthique au service de l’homme, un développement intégral, une culture de la paix et de la solidarité: ce sont les trois volets du plaidoyer du
cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la Culture,
prononcé dans le cadre de la 28e session de la Conférence générale de l’UNESCO, ouverte à Paris dans le cadre du 50e anniversaire de l’organisation.
Le cardinal Poupard a d’abord plaidé pour une éthique au service de
l’homme. La fin des affrontements idéologiques et la disparition des blocs
antagonistes avaient donné l’espoir d’une ère nouvelle, de dialogue et de
communion, de développement harmonieux et authentiquement humain. Aussi,
par contraste avec ces attentes, la crise des valeurs fait-elle apparaître
un vide immense, a-t-il noté. Dans ce contexte, l’UNESCO joue un rôle
unique, car «sa mission revêt un caractère éminemment éthique, son but vise
à la promotion de la personne humaine dans son intégralité».
Le cardinal Poupard est revenu sur l’invitation adressée récemment par
Jean-Paul II à l’ONU d’élaborer une «Charte des droits des nations» analogue à la Déclaration universelle des droits de l’homme. Dans la tâche exigeante qu’est le «service de l’homme», a-t-il noté, l’UNESCO est «un carrefour unique et un lieu de rencontre, d’échange et de concertation, indispensable pour affronter dans une démarche commune les grandes préoccupations éthiques de notre temps».
Développement intégral
Plaidant ensuite pour un développement intégral, le cardinal Poupard a
rappelé que «l’éducation est un droit fondamental de la personne et des
peuples». Il a montré la nécessité de créer des «milieux formateurs», dont
la mission ne se limite pas à transmettre un savoir, mais consiste aussi à
former des citoyens et de les préparer à «prendre leurs responsabilités
dans la vie sociale et économique, politique et culturelle, à la lumière
des principes et des valeurs éthiques qui constituent le patrimoine de
l’humanité».
Le Saint-Siège, a-t-il poursuivi, «invite les communautés éducatives
catholiques à s’inscrire dans la réalité institutionnelle d’une société
pluraliste pour y jouer un rôle spécifique au nom de la communauté des baptisés, à la poursuite du bien commun et notamment du développement intégral
de l’homme et du développement solidaire de l’humanité».
Le combat pour l’homme
Mgr Poupard a ensuite constaté que travailler à l’alphabétisation et à
l’instruction, à la coopération culturelle internationale et au développement intégral des personnes et des peuples, c’est «édifier une culture de
la paix et de la solidarité». L’UNESCO est donc un des lieux privilégiés de
la construction de la paix. Il a appelé «au courage de l’esprit pour éviter
le piège des illusions provisoirement consolantes, et au courage de la volonté pour surmonter le désir d’avoir toujours plus et la peur de perdre
des richesses acquises dans un processus dont la spirale s’affole au détriment des pauvres».
Et d’ajouter en conclusion: «Reconnaître une nature humaine irréductible
à tous les conditionnements, c’est s’engager du même coup à reconnaître des
droits de l’homme universels et inaliénables, et une pluralité de cultures
enracinée en des valeurs fondamentales où elles trouvent leur ancrage historique. C’est surmonter, en même temps, une tentation d’indifférence de
jugement et d’apathie de comportement, pour s’engager avec un courage renouvelé dans le combat pour l’homme, l’inviolabilité de sa conscience, la
transcendance de la personne, l’universalité de ses droits, la pérennité de
ses devoirs».
Cette 28e Conférence générale de l’UNESCO prendra fin le 16 novembre.
Les catholiques y prendront une part active. La délégation du Saint-Siège,
composée d’une dizaine de personnes, est présidée par le cardinal Poupard,
assisté de Mgr Lorenzo Frana, observateur permanent du Saint-Siège auprès
de l’UNESCO. Les représentants d’une vingtaine d’organisations catholiques
suivront également les travaux. (apic/cip/pr)



