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apic/Président/Burundi/S. Egidio/Rome

Italie: Le président burundais à S. Egidio (140396)

Rome, 14mars(APIC) «Notre peuple saura trouver la paix». Autrement dit,

le Burundi n’est pas et ne sera pas le Rwanda», a déclaré à Rome le président du Burundi, Sylvestre Ntibantunganya, dans la salle même où les accords de paix de 1992 furent signés sous les auspices de la Communauté de

Sant’Egidio.

«Cette paix, nous pouvons la faire seuls, ce sera toutefois mieux avec

un peu d’aide de la communauté internationale. Mais pas une mission de

l’ONU comme celle qui a échoué au Rwanda. Une aide seulement pour démanteler le trafic d’armes dans la région et pour des aides alimentaires», a déclaré le président, avant d’ajouter: «Après deux années de crise et de violences, nous en avons grand besoin».

Pour ce qui est des centaines de milliers de réfugies Rwandais, à propos

desquels les pays de la région des Grands Lacs doivent se réunir samedi, le

président burundais affirme: «Il n’y a pas de solution globale, il faudra

voir cas par cas.» Il insiste cependant sur deux priorités: «la sécurité

intérieure, c’est-à-dire la capacité du gouvernement Tutsi à garantir la

sécurité des Hutu qui rentrent et les rassurer sur le fait qu’ils ne seront

pas tous poursuivis pour les massacres».

Mercredi, le chef de l’Etat Burundais a rencontré au Vatican le cardinal

Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat, et, au Quirinal la ministre des Affaires

Etrangères, Susanna Agnelli, et le président Luigi Scalfaro. «Au Burundi,

les violences sont politiques et non pas ethniques, a-t-il insisté: les extrémistes, tant Hutu que Tutsi, sont opposés à la paix et tuent encore,

mais il n’y a pas de massacres de population».

«Il faut renforcer l’Etat, naturellement avec l’aide de l’armée», a conclu Sylvestre Ntibantunganya. Or, cette dernière, dominée par les Tutsi,

contrôle de fait le pays et le gouvernement, dont d’aucuns disent même

qu’ils en sont les otages. (apic/imed/pr)

14 mars 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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