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apic/Prostitution enfantine
Asie: Sortir davantage d’enfants de la prostitution (120495)
Le livre témoignage de Ron O’Grady traduit en français
Bruxelles, 12avril(APIC/CIP) D’ici la fin du siècle, près de 160’000 personnes pourraient mourir du sida chaque année en Thaïlande, relève Ron
O’Grady, coordinateur international de l’organisation «End Child Prostitution in Asian Tourism» (ECPAT). C’est dire l’urgence d’une luttre plus efficace contre la prostitution enfantine en Asie du Sud-Est. Avec son dernier livre, qui vient de paraître en français sous le titre «Le viol de
l’innocence», Ron O’Grady, compte bien lancer un nouveau pavé dans la mare
du tourisme sexuel en Asie.
A la sortie du livre «The rape of the Innocent», en 1994, des responsables asiatiques ont pourtant d’abord nié l’évidence. L’ouvrage de Ron
O’Grady est avant tout un récit. Tantôt, l’auteur place son lecteur face à
une jeune fille de 13 ans dont on a tellement abusé sexuellement qu’elle a
le regard d’un zombie et qu’elle a plusieurs fois tenté de se suicider.
Tantôt, il fait voir un gros Allemand ivre tanguer vers un hôtel à minuit
en tenant la main d’un jeune garçon de 12 ans qu’il traîne derrière lui.
Tantôt encore, il entre dans un centre qui accueille vingt jeunes filles
birmanes terrorisées, rescapées d’un bordel, dont la moitié sont séropositives.
Ron O’Grady classe les auteurs des délits sexuels en trois catégories:
les touristes du sexe, les pédophiles et les pornographes. Mais pour les
victimes, la situation s’apparente à l’esclavage: ségrégation, viols, coups
et blessures, obligation de recevoir les «clients» sans préservatif sont
fréquents.
Les touristes de tous les pays succombent à l’offre des jeunes corps.
Naïvement, ils associent la jeunesse et l’enfance à la pleine santé. Or,
les enfants exploités pour ce tourisme portent très tôt des lésions anales
ou vaginales, relève Karl Wintgens, représentant d’ECPAT Belgique.
Si l’Organisation Mondiale de la Santé avait répertorié il y a dix ans
peu de cas de sida en Asie, Ron O’Grady estime, sur la base des chiffres
fournis par des associations sérieuses, «qu’en Thaïlande, à la fin du siècle, jusqu’à 160.000 personnes pourraient mourir chaque année du sida.» En
l’an 2000, l’Asie ne comptera-t-elle pas la moitié des séropositifs et de
sidéens du monde?
Que faire?
Dans la deuxième partie de son ouvrage, Ron O’Grady aborde quelques pistes de solutions. Deux types d’actions sont envisagées. La première concerne la justice. Les tribunaux de quelques pays européens, dont l’Allemagne
et la Belgique, peuvent désormais poursuivre leurs ressortissants pour des
crimes et délits sexuels commis à l’étranger. ECPAT salue ce premier pas,
mais souhaite davantage: que le délit soit punissable en Europe même s’il
ne l’est pas dans le pays où il a été commis, comme en Chine et en Birmanie. Les lois occidentales pourraient en outre rester aussi sévères même
lorsque les victimes ont plus de 14 ans. En attendant, ECPAT se montrera
vigilante sur l’application de ces législations.
Deuxième type d’action : la prévention, grâce à l’éducation des victimes
mais aussi des «clients» qui les ont exploitées. Pour l’action éducative,
ECPAT compte surtout sur l’école et les médias. La prévention implique aussi l’action pour le développement, car la misère précipite trop souvent
dans la prostitution, conclut l’auteur. (apic/cip/mp)
Ron O’GRADY, «Le viol de l’innocence», Bruxelles, 1995, Editions Vie Ouvrière / Entraide et Fraternité /ECPAT, coll. «Voix du Tiers Monde», 127 p.



