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apic/Protestantisme/Amérique centrale

Le protestantisme en pleine croissance en Amérique centrale

Le défis n’en est que plus grand face à la crise

qui frappe la région, estime Gustavo Parajon, du CEPAD (310595)

Managua, 30mai(APIC) Dans le contexte d’une profonde crise économique et

politique, qui touche toute la région centraméricaine, les Eglises protestantes sont en train de vivre une «étape de croissance et de force qui implique d’immenses défis actuels et futurs», estime Gustavo Parajon, pasteur

baptiste et président du Conseil pour l’Alliance des Eglises évangéliques

(CEPAD), au Nicaragua.

Il y a quelques jours, le CEPAD a publié un message pastoral critique

demandant aux autorités de l’Etat nicaraguayen de se rapprocher et de

régler les contradictions qui séparent le gouvernement et le parlement.

Cette situation laisse entrevoir une totale paralysie institutionnelle du

pays qui vit aujourd’hui avec deux Constitutions superposées et opposées.

Néanmoins, la situation du Nicaragua est aussi celle de toute la région

centraméricaine, poursuit-il. On sent les effets désastreux de l’ajustement

structurel, engendré par le modèle néolibéral en vigueur, qui condamne les

peuples à la misère. Avec des nuances, les autres pays de la région en connaissent les mêmes effets. Au Nicaragua, par exemple, affirme-t-il, 65% de

la population de la région du Pacifique se trouve au chômage, chiffre qui

atteint 90% chez les minorités ethniques de la côte atlantique. Selon des

études récentes, 74% de la population vit une situation de pauvreté et 45%

des citoyens sont dans une pauvreté extrême.

Augmentation du nombre des fidèles

En ce qui concerne l’influence des Eglises protestantes, ajoute-t-il au

cours d’un entretien accordé à l’Agence de presse oecuménique ENI, on estime qu’en dix ans le nombre des fidèles a passé de 15 à 25% au Nicaragua. On

peut constater le même phénomène dans toute la région centraméricaine, à

l’exception du Costa Rica où la croissance est plus faible. Entre autres

raisons de cette dynamique, G. Parajon souligne notamment le travail à la

base, spécialement à la campagne: «Alors que l’Eglise catholique romaine,

qui représente au Nicaragua 70% de la population, compte à peine 300 prêtres et religieux, nous avons au moins 2’000 pasteurs qui dirigent 100

Eglises distinctes regroupées au sein du CEPAD. (apic/eni/pr)

31 mai 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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