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Québec: Référendum du 30 octobre et «mise en garde» des évêques (171095)
Démenti des évêques québécois à propos d’une prise de position
Pas de préférence pour l’une ou l’autre option constitutionnelle
Montréal, 17octobre(APIC) Le Comité exécutif de l’Assemblée des évêques
du Québec dément s’être récemment exprimé sur le référendum du 30 octobre
qui verra les citoyens se prononcer sur une éventuelle indépendance du Québec, contrairement à ce qu’ont laissé entendre diverses agences de presse
catholques européennes.
L’Assemblée des évêques du Québec dément avoir averti les catholiques du
Québec qu’ils avaient intérêt à réfléchir à deux fois avant de se prononcer
pour l’indépendance du Québec lors du référendum du 30 octobre.
Les évêques relèvent avoir fait clairement savoir, dans un message rendu
public le 22 février dernier sous le titre «Le référendum sur l’avenir du
Québec», qu’ils demeurent fidèles à la position prise lors des débats constitutionnels antérieurs: «Nous n’exprimerons pas de préférence pour l’une
ou l’autre option constitutionnelle». Les évêques du Québec, déclarent-ils
dans leur démenti, s’en tiennent à la déclaration du 22 février dernier.
Aucune autre communication à ce sujet n’a été faite par la suite, préciset-on du côté de Montréal.
La question de l’indépendance du Québec, sujet sensible s’il en est dans
cette province de langue française, reviendra sur le tapis le 30 octobre
prochain. «Une fois de plus la société québécoise vit à l’heure d’un choix
majeur et difficile. Comme en 1980, elle s’apprête à dire par référendum si
elle désire ou non demeurer dans la fédération canadienne», écrivaient les
évêques le 22 février. Qui soulignaient: aucune option constitutionnelle en
débat «ne paraît s’imposer en regard des seules valeurs évangéliques, aucune ne semble en contradiction radicale avec les exigences fondamentales de
la vie personnelle et collective».
Appeler à se côtoyer
Dans leur message de début d’année, les évêques mettaient l’accent à la
fois sur les exigences d’une véritable démocratie et sur l’esprit de tolérance qui «ne doit pas se limiter à éviter de nuire ou de blesser». On ne
peut nier au peuple québécois la responsabilité de décider de son avenir.
Or, rappelaient-ils, «nous le savons, ce peuple est constitué d’une majorité francophone, c’est d’elle surtout que provient la remise en question du
cadre constitutionnel actuel. En outre, plusieurs communautés autochtones
habitent le territoire du Québec depuis des temps immémoriaux. Par son histoire, ses institutions et sa culture, la communauté anglophone demeure
profondément enracinée dans notre milieu québécois. Enfin, de nombreux
groupes ethno-culturels occupent une place grandissante au milieu de nous,
surtout dans la région montréalaise. C’est toute cette population québécoise qui est invitée à l’exercice d’une écoute mutuelle et d’une prise de parole, c’est à elle de décider de l’avenir du Québec».
Pour les 7 signataires membres du Comité exécutif de l’Assemblée des
évêques du Québec, dont son président, Mgr Maurice Couture, archevêque de
Québec, la décision qui tombera le 30 octobre sera influencée par la diversité grandissante du peuple québécois, mais elle portera aussi les marques
«de notre histoire récente: absence du Québec lors du rapatriement de la
Constitution, échec des tentatives d’accord du lac Meech, nouvelle conjoncture économique…» S’il est notoire que, «selon le groupe auquel on
s’identifie», ces faits peuvent être interprétés de façon sensiblement différente ou divergente, admettaient-ils, «il nous faut également tenter de
mesurer à l’avance les conséquences pratiques des choix que nous ferons».
Les évêques, qui se disent confiant en l’avenir, relèvent que l’expérience nous apprend que l’absence de dialogue conduit à une représentation
de l’autre qui insensiblement devient caricaturale. «Ainsi en est-il, par
exemple, quand dans le contexte actuel, on identifie l’option en faveur de
la souveraineté à un simple repli sur soi ou à un rejet des autres et
l’adhésion au régime fédéral à un pur réflexe de peur».
Les prélats québécois concluent leur message d’alors en assurant que
quelle que soit l’issue du référendum, «nous devrons encore nous côtoyer,
cheminer ensemble, voire établir de nouvelles formes de partenariat».
(apic/pr)



