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Québec: Réaction des évêques après le rejet de la souverainneté (021195)

Tout n’a pas été réglé

Montréal, 2 novembre(APIC) Le résultat négatif du référendum sur la souveraineté de la «Belle Province» ne doit pas laisser croire que «tout a maintenant été réglé», estiment les évêques du Québec.

Dans un message publié mercredi le comité exécutif de l’Assemblée des

évêques du Québec lance un appel à «nos concitoyens des autres régions du

Canada pour qu’ils ne cessent de chercher à comprendre les aspirations du

peuple québécois et les moyens d’y répondre.» La sagesse nous dicte de renouer sans trop tarder le dialogue entre les personnes et les communautés

pour chercher ensemble comment nous pourrons continuer de vivre en harmonie

tout en respectant nos différences, écrivent-ils.

Les évêques entendent également encourager les partisans du référendum

aujourd’hui «déçus ou meurtris» à poursuivre le plus sereinement possible

l’effort de réflexion et d’imagination nécessaire à l’épanouissement de la

société québécoise.

«Tout en respectant ce vote majoritaire, on doit l’interpréter au Québec

et ailleurs au Canada avec un grand sens des responsabilités», pense le comité épiscopal. Plusieurs questions restent entières aux yeux des évêques:

la reconnaissance du caractère particulier de la collectivité québécoise

dans l’ensemble canadien et nord-américain; l’affirmation de son identité

culturelle; la réalisation d’un projet de société conforme à ses aspirations et à son génie propres; la recherche d’ententes économiques et politiques qui favorisent la paix et la justice.

«Notre foi chrétienne et notre lecture de l’Evangile ne nous contraignent pas à privilégier un système politique plutôt qu’un autre», souligne

le comité épiscopal, fidèle en cela aux positions prises dès les années

1970. «Ni la préservation du lien fédéral actuel ni la recherche d’un statut souverain ne s’imposent au nom des valeurs chrétiennes.»

Le Québec et le Canada sont cependant mis au défi de «pouvoir inscrire

la différence à l’intérieur d’un ensemble où chaque partenaire aura conscience d’être traité avec équité». «Au cours des mois et des années qui

viennent, nous devrons tous et toutes nous remettre au travail pour ouvrir

une voie d’avenir respectueuse du choix démocratique qui a été fait et des

aspirations qui n’ont pas été comblées», conclut le comité épiscopal.

(apic/com/mp)

2 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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