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apic/questions controversées/ cardinal Ratzinger
Rome: L’accès des femmes à la prêtrise, la primauté du pape, (260197)
l’excommunication du Père Balasuriya, vus par le cardinal Ratzinger
Rome, 26janvier (APIC) L’excommunication récente du théologien Tissa Balasuriya, la notion d’hérésie, l’accès des femmes à la prêtrise, la primauté
du pape et l’évolution actuelle de la théologie ont été au centre d’une
conférence de presse donnée vendredi par le cardinal Joseph Ratzinger.
Le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi s’exprimait à
l’occasion de la publication par ce dicastère d’une nouvelle collection,
«Documenti et Studi» (Librairie Editrice Vaticane) créée pour recenser les
textes les plus importants publiés par la Congrégation depuis 1972. Sont
intervenus également le cardinal Pierre Eyt, archevêque de Bordeaux, membre
de la congrégation, le secrétaire de celle-ci, Mgr Tarcisio Bertone, et Mgr
Angelo Scola, recteur de l’Université pontificale du Latran.
Le cas du Père Balasuriya
Le cardinal Ratzinger a été interrogé sur la condamnation du Père Balasuriya, dont l’enseignement a été jugé «incompatible» avec la foi catholique le 4 janvier dernier, et qui encourt l’excommunication dite «latae sententiae» (automatique). «Il n’est pas exact que ce théologien a été excommunié pour ses positions sur l’accès des femmes à la prêtrise, il l’a été
en raison d’autres positions inacceptables, en particulier sur la doctrine
du péché originel, qui touche à la foi catholique», a-t-il précisé.
Le cardinal a expliqué que le théologien a été invité à signer le Credo
selon le texte de Paul VI, mais qu’il avait fait précéder sa signature
d’une note «qui, de fait, remettait en cause les contenus de la foi». Le
cardinal allemand a fait état à ce propos d’une «lacune» du droit canonique, qui définit bien comme «hérésies» les conséquences d’un manquement aux
questions de foi (première catégorie), mais reste flou sur les manquements
aux doctrines dites «définitives» (seconde catégorie) que l’on ne peut qualifier d’hérésies. Dans ce cas, et «en attendant», on ne peut parler que de
«doctrine erronée», «étrangère et incompatible» avec la foi.
Quant à la position personnelle du théologien sri-lankais, le cardinal a
rappelé que ses positions «l’ont fait sortir de la communion de l’Eglise»,
mais qu’il réintégrerait celle-ci s’il revenait sur ses positions.
Interrogé sur les effets d’une telle condamnation dans les Eglises asiatiques, où la conception occidentale de la théologie fait difficulté, le
cardinal Ratzinger a observé que l’Asie représente pour l’Eglise «le plus
grand défi pour le troisième millénaire». «Toute la difficulté est de rejoindre l’âme asiatique, a-t-il précisé. Nous avons des rencontres suivies
et fécondes avec les évêques de ces régions. Il faut beaucoup de patience,
de tolérance et une grande ouverture.»
L’accès des femnmmes à la prêtrise
Second sujet abordé lors de cette conférence de presse: les conséquences
du non à l’accès des femmes à la prêtrise au plan des relations oecuméniques. Le cardinal a ici fait la distinction entre les confessions qui ne
partagent pas la conception catholique du «ministère ordonné» et celles qui
la partagent. A ses yeux, cette question «éloigne moins de l’unité» avec
les luthériens et les calvinistes que l’ordination des femmes dans l’Eglise
anglicane, laquelle reconnaît la succession apostolique et partage une même
conception du ministère. «Chez les luthériens et les calvinistes, le ministère est une question de discipline ecclésiastique, a-t-il expliqué. C’est
ainsi qu’en l’absence de ministre ordonné, quelqu’un peut remplacer celuici sans difficulté. Dans ce cas, que le ministre soit un homme ou une femme
ne change pas la position doctrinale. En revanche, pour les confessions qui
considèrent le ministère comme appartenant à la doctrine, tout modification
concernant ce ministère complique encore davantage le dialogue.» Interrogé
sur le diaconat féminin dans l’Eglise catholique, le cardinal Ratzinger a
indiqué qu’»il faut encore laisser l’Eglise y réfléchir».
Primauté: le pape, moteur du dialogue
Sur l’évolution de la réflexion catholique sur la primauté du pape, en
particulier dans une perspective oecuménique, le cardinal Ratzinger a précisé d’abord que «la primauté ne peut être considérée comme un obstacle»,
mais qu’»elle est aussi une condition pour rendre le dialogue fécond, comme
l’indique la reconnaissance actuelle du pape comme moteur du dialogue».
Pour le cardinal, il est encore trop tôt pour avancer de nouvelles formes d’exercice de la primauté: «Nous sommes en train de rechercher, dans
l’histoire de l’Eglise, toutes les formes qu’a pu prendre l’exercice de la
primauté, après quoi nous en tirerons des perspectives. Il n’y a pas de recettes toutes faites en la matière, et on ne peut non plus donner d’indications abstraites.»
Enfin, sur l’ensemble des problèmes théologiques, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi pense que «les divisions et les tensions» nées de «différentes lectures du Concile Vatican II» sont en train
de s’estomper et qu’»on arrive peu à peu à une plus grande unanimité».
(apic/imed/ba)



