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apic/Racisme/Etats-Unis/Mission COE-CNE

Des responsables religieux interpellent (231094)

les autorités et les Eglises américaines

Le racisme subsiste aux Etats-Unis

Genève, 23octobre(APIC) Une équipe internationale de personnalités mise

sur pied par le Conseil national des Eglises des Etats-Unis (CNE) et le

Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève, au retour d’une mission

d’enquête sur le racisme aux Etats-Unis, a dénoncé des situations qui révèlent un racisme «flagrant et constant» au sein de la société américaine.

Une situation qui peut être considérée comme «une violation des droits de

la personne humaine conformément au droit international».

Dans ses conclusions préliminaires, publiées la semaine dernière, la

mission conjointe COE-CNE a appelé les Nations Unies à suivre de près l’action du gouvernement américain en matière de racisme.

Composé de neuf personnes, le groupe s’est réparti en trois équipes pour

se rendre dans sept villes des Etats-Unis durant deux semaines et entendre

les témoignages de centaines de personnes – Américains d’origine africaine,

asiatique et hispanique, et Américains autochtones – sur le racisme sous

plusieurs aspects de la vie américaine, qui vont des préjugés au plan de

l’immigration et de la politique à l’égard des réfugiés, en passant par la

discrimination dans le système de droit criminel.

Les minorités ethniques dans le collimateur

De nombreux autochtones et Afro-américains interrogés avaient le sentiment d’être si menacés qu’ils croyaient être les victimes d’une «politique

de génocide». Certains des témoignages les plus surprenants, apportés durant ces enquêtes publiques «sur le racisme considéré comme violation des

droits de l’homme aux Etats-Unis», portaient sur le racisme dans le domaine

de l’environnement: il existerait, semble-t-il, des politiques de l’environnement et des mesures concernant l’évacuation des déchets (par ex. matières toxiques, implantation d’industries dangereuses) qui viseraient des

communautés formées essentiellement de personnes de couleur.

Des Portoricains, des Américains autochtones et des Hawaiiens ont

déclaré que le racisme dont ils étaient victimes aux Etats-Unis provenait

de «l’assujettissement colonial de leurs terres et de leurs ancêtres». A

Okmulgee, en Oklahoma, les Indiens américains ont rappelé que des membres

de leurs familles avaient été battus, abattus, tués, uniquement à cause de

la haine dont ils étaient l’objet.

Selon la mission d’enquête envoyée par le COE et le CNE, des témoins ont

déclaré que la société blanche en général ignorait et écartait même la

question du racisme et que les médias en général continuaient à minimiser

la question.

Inaction des Eglises américaines en matière de racisme

L’inaction des Eglises aux Etats-Unis en matière de racisme a également

été critiquée: «Conscients des responsabilités de l’Eglise tout entière

dans le combat contre racisme, nous avons constaté qu’en de nombreux

domaines, à quelques exceptions près, les préoccupations face à ce problème

se limitaient essentiellement aux Eglises noires. Ceci constitue un rejet

du rôle prophétique de l’Eglise dans la lutte du racisme en tant que

péché.»

L’équipe a conclu qu’il y a «des preuves de situations flagrantes et

constantes de racisme au sein de la société des Etats-Unis». La mission

d’enquête demande que «les Nations Unies, par l’intermédiaire de ses

organismes, en particulier la Commission des droits de l’homme, veillent à

ce que le gouvernement des Etats-Unis s’acquitte de ses obligations

internationales dans ce domaine» et que des organismes appropriés du

gouvernement des Etats-Unis mènent des enquêtes approfondies sur tous les

actes de racisme.

Les Eglises membres du COE et du CNE sont vivement invitée à aider les

paroisses et organismes oecuméniques, à s’informer sur les violations des

droits de l’homme et à s’y opposer. L’équipe était conduite par Aaron Tolen, président du COE, et comprenait entre autres Mohideen Abdul Kader,

éminent juriste malaisien, Federico Pagura, évêque de l’Eglise méthodiste

d’Argentine, et Doreen Boyd, secrétaire générale adjointe de l’Alliance

mondiale des Unions chrétiennes féminines. Des rapports seront rédigés et

soumis aux organismes des Nations Unies et aux Eglises. (apic/eni/be)

23 octobre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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