Fribourg: conférence de Konrad Raiser, secrétaire général du COE (140294)
apic/Raiser/ Unité
«L’unité comme chemin»
Fribourg, 14février(APIC) Le secrétaire général du Conseil oecuménique
des Eglises, Konrad Raiser a plaidé vendredi à Fribourg pour un renouvellement de la vision oecuménique de l’unité des Eglises. Il a appelé à voir
l’unité non pas comme un but ou un état à atteindre, mais comme un processus vivant. D’ici la fin du siècle, un signe concret doit être posé pour
une telle conversion.
La recherche de l’unité des Eglises ne se laisse pas réduire aujourd’hui
au dépassement des divergences interconfessionnelles, estime Konrad Raiser.
La tendance des Eglises à évaluer les résultats des discussions chacune selon son propre enseignement conduit à une impasse. Un nouveau langage et
une conversion sont nécessaires pour le dialogue interconfessionnel. «Le
chemin vers l’unité des Eglises passe par un mouvement de conversion vers
le centre de l’identité chrétienne.» On s’est déjà mis d’accord sur les
conditions pour une unité visible des Eglises, il faut déterminer maintenant quel est le degré de consensus nécesssaire et suffisant dans l’enseignement.
Une nouvelle prise de conscience fondamentale est ainsi exigée: «il n’y
a pas de chemin vers l’unité, l’unité est un chemin», remarque le secrétaire général du COE. L’unité n’est pas un état ou un but, mais un processus
vivant. Toujours plus souvent, l’unité est vue comme communio (koinonia),
c’est-à-dire «l’unité comme communauté ou même peut-être la communauté au
lieu de l’unité?» s’interroge Konrad Raiser. En outre, cette unité est toujours un don de Dieu et non pas le résultat des efforts oecuméniques.
L’unité peut aussi signifier la reconnaissance des différences, non pas
comme un manque, mais comme un enrichissement.
Ce changement d’orientation et cette nouvelle réalité oecuménique laissent le regard libre pour un avenir commun. Konrad Raiser souhaite que le
renouvellement de la vision oecuménique soit aussi renforcé publiquement et
ceci avant la fin du second millénaire. Une levée des anathèmes réciproques, la reconnaissance mutuelle du baptême ou du credo de Nycée pourraient
être de tels actes démonstratifs de l’unité. (apic/gbr/mp)



