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apic/Ratzinger / Jubilé
Rome: Le Jubilé de l’an 2000 ne doit (060397)
donner lieu à aucune spéculation fantastique
Le cardinal Ratzinger s’adresse au monde de la culture
Rome, 6mars(APIC) «Célébrer le Grand Jubilé de l’an 2000 implique de ne
donner aucun crédit à des spéculations fantastiques sur un retournement du
temps, et de refuser d’alimenter des terreurs de catastrophes», a précisé
le cardinal Joseph Ratzinger mercredi dans le cadre des «rencontres de spiritualités» en vue de la préparation du Jubilé 2000. Il ne s’agit pas de la
la célébration d’une réalité passé, mais cela signifie célébrer le Christ
venu dans notre monde, et apprendre à le connaître pour s’en rapprocher, a
ajouté le cardinal.
Apres le cardinal O’Connor, archevêque de New-York, le cardinal Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a pris la parole
devant le monde de la culture, de l’information, de l’art et du spectacle,
le 5 mars, dans le cadre des conférences organisées par le cardinal Ruini,
vicaire du pape pour le diocèse de Rome. Le prochain orateur, le cardinal
Lustiger, archevêque de Paris, s’exprimera le 23 avril prochain.
La très longue conférence du cardinal Ratzinger, avait pour titre «regarder le Christ». Méditant sur les trois tentations du Christ au désert,
Mgr Ratzinger, a précisé que «le coeur de toute tentation est de mettre
Dieu à part, comme quelque chose de second ordre dans notre vie, par rapport aux choses urgentes que nous avons à faire».
S’arrêtant en particulier sur la tentation de la faim, le prélat a relevé à propos de la situation du tiers monde: «Il n’y a pas que l’issue négative de l’expérience marxiste qui l’a démontré. L’aide au développement des
pays occidentaux basée sur des principes purement technico-matériels, a non
seulement mis Dieu à part, mais a éloigné les hommes de Lui (…) transformant le troisième monde en tiers monde dans son sens actuel. Il a mis de
coté les structures religieuses, morales, et sociales existantes, et a introduit sa mentalité techniciste dans ce vide. Il croyait pouvoir transformer la pierre en pain, mais il a donné des pierres à la place du pain. Nous
devons à nouveau reconnaître le primat de Dieu et de sa parole, tel est
l’essentiel de la préparation de l’an 2000».
A propos de la seconde tentation du Christ, le cardinal Ratzinger a
estimé que «si la théologie devient un pur savoir autour des textes bibliques et de l’histoire de la foi chrétienne (…), alors elle n’est plus au
service de la foi mais elle la détruit. La discussion théologique entre le
Christ et le diable est une discussion sur l’interprétation correcte de
l’Ecriture, dont le critère ne réside pas dans la pure dimension historique. La vraie question est celle de l’image de Dieu qui se lit dans l’Ecriture.»
A propos de la troisième tentation, le cardinal observe : «La lutte pour
la liberté de l’Eglise, la lutte pour le règne du Christ, ne peut être assimilée à aucune autre forme politique, elle doit être conduite dans tous
les siècles. Le prix de l’union entre la foi et le pouvoir politique, se
paye toujours à la fin par le fait que la foi est mise au service du pouvoir et qu’elle doit se plier à ses critères.» Puis il ajoute : «Le tentateur, n’est pas à ce point grossier pour proposer directement l’adoration
du diable. Il propose simplement de se consacrer à ce qui est rationnel, et
de donner sa préference à un monde planifié et totalement organisé, dans
lequel Dieu n’aurait de place que dans les affaires privées, mais sans pouvoir intervenir dans nos options essentielles.» Le cardinal souligne pour
finir «le pouvoir de Dieu dans le monde est discret, il n’est pas ostentatoire comme le montre le récit des tentations, mais aussi comme le révèle
toute la vie de Jésus.»
En conclusion, le cardinal Ratzinger, pose cette question: «Qu’est ce
que la vie ? Avoir le plus possible ? Pouvoir tout faire ? Tout se permettre ? Ne connaître d’autres limites que celles de son propre désir ? (…)
Si nous regardons notre monde, nous voyons que ce style de vie, finit en un
cirque diabolique d’alcool, de sexe et de drogue, (…) que l’on possède
toujours trop peu, et que cela conduit à la non-culture de la mort, à l’ennui de la vie, au dégout de soi-même, ce que nous observons partout aujoud’hui. La splendeur de ce choix est une illusion du diable. Il s’oppose
à la vérité, parce qu’il présente l’homme comme un Dieu, mais comme un faux
Dieu, qui ne connait pas l’amour, mais seulement lui-même, et qui renvoit
tout à lui-même.» (apic/imed/mp)




