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apic/Réactions/ Mgr Grab

Mgr Amédée Grab: «Un homme aux idées claires et au grand coeur»(091195)

Satisfaction générale dans le diocèse et en Suisse

Fribourg, 9 novembre(APIC) L’annonce de la nomination de Mgr Amédée Grab

comme évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a été accueillie

sans surprise mais avec satisfaction dans le diocèse et en Suisse. Mgr Grab

est connu comme un homme aux idées claires et au grand coeur, selon le mot

de Mgr Georg Holzherr, Abbé d’Einseideln.

Mgr Henri Salina, évêque-Abbé de St-Maurice, salue avec joie au nom de

la Conférence des évêques suisses l’élection de Mgr Amédée Grab comme évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Membre de la Conférence

épiscopale depuis huit ans, Mgr Grab a mis au service de l’Eglise tout son

coeur et toutes ses qualités: nous sommes heureux de pouvoir continuer une

excellente collaboration, écrit Mgr Salina. Le président de la CES ne manque pas aussi d’exprimer sa grande reconnaissance à Mgr Pierre Mamie qui

cède sa place après 25 ans de présence. «Sa sensibilité pastorale et son

sens théologique nous ont été précieux».

Mgr Georg Holzherr, Abbé d’Einsiedeln, qualifie Mgr Grab d’homme aux

idées claires et au grand coeur. Mgr Grab sait voir les problèmes en profondeur, mais en même temps il sait être proche des gens. Ce trait de caractère montre qu’il est est un vrai fils de saint Benoît qui pratique la

mesure en toute chose. Le monastère d’Einseideln se réjouit beaucoup de

cette nomination car Mgr Grab est toujours resté très lié avec sa communauté d’origine.

Prendre les laïcs au sérieux

Daniel Brun, président du Conseil pastoral de Genève, connaît bien Amédée Grab avec qui il travaille depuis six ans. Pour lui cette nomination

est une bonne chose pour le diocèse car Mgr Grab est capable de faire du

bon travail à ce niveau là aussi. A Genève Mgr Grab a su, avec le temps,

prendre la place qui devait être la sienne et être accepté par tous aussi

bien les catholiques que les protestants. «Je pense qu’il en sera de même

dans le diocèse et en Suisse», ajoute Daniel Brun.

A Fribourg, Catherine Menoud, présidente du Conseil pastoral, avoue ne

pas connaître suffisamment Mgr Grab pour porter un jugement sur sa personne. En reprenant les éléments issus de la procédure de consultation, elle

attend de l’évêque qu’il soit à l’écoute et prêt au dialogue. L’ouverture

dans le sens de la collaboration avec les instances en place et les laïcs

lui apparait aussi fondamentale.

«Je vous avoue que Mgr Grab n’était pas mon candidat», dit Marianne Almonte, permanente de la Communauté romande de l’Apostolat des laïcs (CRAL),

à Lausanne. Il s’agit d’un choix de sagesse: ce n’est ni un renouveau ni

l’arrivée de la tradition la plus pure. Mgr Grab a une bonne connaissance

du diocèse et il compte beaucoup sur le laïcat. Je pense que cela permettra

un développement à la base et pour la CRAL c’est important. Je suis optimiste.

Le Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la CES, met surtout en avant

les qualités de polyglotte de Mgr Grab qui saura être un pont entre les diverses régions du pays, dans un diocèse bilingue. «Selon la devise de saint

Benoît «Ora et labora» «Prie et travaille», nous avons besoin d’évêques

priants afin que les gens voient que la prière est une partie importante

dans la vie d’un prêtre ou d’un évêque», ajoute-t-il.

Mgr Norbert Brunner, évêque du diocèse voisin de Sion, souligne combien

la manière prudente et réfléchie avec laquelle Mgr Grab aborde les problèmes difficiles l’a toujours impressionné. L’attention aux autres, l’ouverture oecuménique, des décisions profondément mûries et une foi profonde

sont d’autres qualités qu’il reconnaît à son confrère.

Un partenaire oecuménique très engagé

Côté protestant, on insiste bien sûr sur le dialogue. Le comité de la

Fédération des Eglises protestantes de la Suisse rappelle la bonne collaboration qu’il entretient avec la Conférence des évêques suisses. A Genève

Mgr Grab est parvenu à installer de bons rapports avec les protestants. La

FEPS espère que cette nomination sera l’occasion de donner un nouveau poids

à l’oecuménisme au sein de la Conférencce épiscopale.

Après avoir exprimé ses voeux, l’Eglise nationale protestante de Genève

se félicite de l’état d’esprit qui a régné ces dernières années au cours

des rencontres régulières entre les responsables des deux Eglises. Elle

souhaite que ce dialogue se poursuive au niveau du diocèse tout entier. Elle espère aussi que le nouvel évêque auxiliaire à Genève attache la même

importance au dialogue oecuménique.

Le pasteur Jean-Jacques Beljean, de l’Eglise évangélique réformée de

Neuchâtel, se réjouit de cette nomination qui permettra à l’Eglise-soeur

maintenant de réaliser ses projets. «Nous avions l’impression que tout

était un peu suspendu. Nous nous réjouissons d’avoir quelqu’un qui est déjà

un partenaire oecuménique très engagé. Nous avons pris conscience que nous

sommes dans une situation où nous avons à témoigner ensemble, même si nous

sommes imprégnés par des coutumes et des traditions différentes».

Mgr Damaskinos, métropolite orthodoxe de Suisse, se dit à la fois ému et

satisfait de cette nomination. «Nous connaissons Mgr Grab et nous apprécions son ouverture oecuménique envers les autres Eglises et confessions en

Suisse. Avec lui nous pourrons transmettre ensemble le plus essentiel et le

plus profond. J’espère que Mgr Grab sera capable de contribuer de manière

subtantielle au dépassement des tensions qui existent au sein de l’Eglise

catholique et qu’il pourra ainsi renforcer notre crédibilité affaiblie»,

conclut le métropolite.

Satisfaction politique

Côté politique enfin, le gouvernement fribourgeois a été le premier à

réagir. Urs Schwaller, au nom du Conseil d’Etat, se dit très content de savoir que le diocèse a un nouvel évêque. «Nous sommes très satisfaits du

choix de Mgr Amédée Grab, un évêque auxiliaire que nous connaissons. Nous

souhaitons que le travail de dialogue nécessaire entre les communautés confessionneelles non seulement dans le canton, mais dans tout le diocèse se

poursuive.» En tant que fribourgeois alémanique, Urs Schwaller espère personnellement que l’évêque tiendra compte aussi des soucis de la partie

alémanique de son diocèse. (apic/mp)

9 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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