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Fribourg: Daniel Viglietti en récital vendredi à Fri-son (120696)

Chanson d’un rebelle latino-américain pour une nouvelle humanité

Fribourg, 12juin(APIC) Fri-son vivra vendredi soir à l’heure de la chanson latino-américaine, avec Daniel Viglietti, l’une des figures les plus

représentatives de la nouvelle chanson latino. Uruguayen, né à Montevideo

en 1939, marqué par le triomphe de la révolution cubaine de 1959, Viglietti

chante la vie, l’amour et la liberté, la chanson de «protesta», avec des

mots teintés tantôt de passion, de colère ou encore d’espoir. En témoin et

en poète de la réalité latino.

Parce qu’il voulait une autre Amérique latine, le chanteur-compositeur

Daniel Viglietti a été emprisonné en 1972 par les militaires uruguayens. La

dictature avait mis sa voix sous les barreaux. Jusqu’à ce qu’une mobilisation internationale emmenée par Asturias, Mitterrand et Sartre n’oblige les

galonnés à la rendre libre. En Exil. Fallait-il que ses seuls mots et que

sa seule poésie fassent peur et dérangent pour que l’administration Reagan

lui interdise l’accès à Puerto Rico? C’est un peu de cette époque, mais

aussi de son espoir d’une nouvelle humanité qu’il entretiendra le public

fribourgeois au cours de son récital.

Sa voix et sa guitare, l’inspiration de la vie, Daniel Viglietti n’a besoin de rien d’autre pour chanter. Poète, chanteur compositeur de musique

pour le téâtre et le cinéma, figure de proue de la musique et de la chanson

latino-américaine, cet uruguayen de 57 ans sait de quoi il retourne en parlant d’une humanité nouvelle. Son chant rebelle interpelle.

Pendant onze ans, les militaires interdiront la diffusion de l’oeuvre de

Viglietti en Uruguay. Le chanteur s’établit à Paris après être sorti des

geôles de son pays. Son premier disque édité en France, «Le chant du Monde», lui vaudra de gagner le grand prix de l’Académie Charles Cros.

Sans compromis

Aujourd’hui, Daniel Viglietti vit à nouveau en Uruguay. Il a besoin de

son pays, de son continent, de ses gens… comme on a besoin d’air pour

vivre. Lors de son retour d’exil, il dira: «Nous devons créer, créer contre

tout, je peux le faire, contre vents et marées, mais certainement pas contre la distance. Son message, fait de poésie et de musique attire toujours

les foules des jeunes et des moins jeunes. Peut-être parce qu’il n’a jamais

trahi son engagement pour une société plus juste.

De Sravinsky à Atahualpa Yupanqui

Sa mère, pianiste classique et son père, guitariste, écrivain et folkloriste, ont fortement influencé Viglietti pour le pousser vers la musique et

la poésie. Très jeune, il admirait simultanément Stravinsky et Atahualpa

Yupanqui, car, dit-il encore, «il n’y a pas de frontière de valeurs entre

eux». Son activité musicale publique commencera en 1960, à l’âge de 21 ans,

après des études au Conservatoire national de musique de l’Université de

Montevideo. (apic/pr)

12 juin 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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