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Vatican: Israël a planté un olivier dans les jardins du pape (180695)
Il y a un an, ouverture des relations diplomatiques Israël-Vatican
Rome, 18juin(APIC) A l’occasion du premier anniversaire de l’ouverture
des relations diplomatiques, l’Etat d’Israël a choisi de planter un olivier
dans les jardins du Vatican. Au cours d’une cérémonie vendredi à Rome,
Shmuel Hadas, ambassadeur d’Israël au Vatican, – le premier dans l’histoire -, a qualifié ce geste d’»expression de notre hommage et pour souligner
le rapprochement entre le Saint-Siège et Israël». L’olivier de trente ans a
été transporté d’Israël et replanté à l’ombre de la coupole de Saint-Pierre.
«L’olivier n’est pas seulement un messager de paix, a ajouté
l’ambassadeur, il est aussi un symbole de force, un arbre qui dure
plusieurs générations, et c’est précisément le message que nous devons
transmettre à propos de notre nouvelle relation: cet arbre témoignera de sa
force et de sa puissance.»
Shmuel Hadas a indiqué que l’olivier, «né en 1965», symbolise aussi la
déclaration du Concile Vatican II «Nostra aetate» publié cette année là, un
texte qui «a donné le départ d’un processus historique de réconciliation et
a marqué un nouvel esprit dans les relations entre les catholiques et les
juifs».
Un thème repris lors de la cérémonie, au nom de Jean-Paul II, par Mgr
Giovanni Battista Re, Substitut de la Secrétairerie d’Etat pour les affaires générales, numéro 3 dans la hiérarchie vaticane après le pape et le Secrétaire d’Etat. Il a rendu grâce pour les conséquences de «Nostra aetate»,
après avoir remercié l’Etat d’Israël pour ce «geste symbolique». L’olivier,
a-t-il dit, est «l’image de la vie et de l’harmonie (…), il représente
l’espérance de convivialité pacifique entre les hommes et le symbole de
l’engagement au service et pour le respect de la vie».
Le rôle moral et spirituel du pape
En établissant des relations diplomatiques avec Israël, le 15 juin 1994,
le Saint-Siège ne cachait pas son intention principale: «l’accord signé est
fondé sur l’espérance suscitée par le processus de paix en cours dans cette
région et l’intention, de la part du Saint-Siège, de lui donner une
contribution valable.»
Depuis, la tension sur le terrain entre Palestiniens et Israéliens a
connu des accès particulièrement violents. Shmuel Hadas le reconnaît dans
une interview donnée au journal catholique «Avvenire» : «Le processus de
paix, nous le savons bien, est très difficile et les ennemis de la paix
feront tout pour le faire dérailler. L’accord entre les gouvernements ne
suffit pas. Nous avons maintenant besoin de paix entre les peuples. Et, sur
ce point, la contribution morale et spirituelle du pape est importante.»
Rôle du Vatican: stopper la haine entre les religions monothéistes
Shimon Peres, ministre des Affaires Etrangères d’Israël, avait déjà évoqué le rôle du pape et de l’Eglise dans la réconciliation des peuples.
C’était le 1er décembre dernier, lorsqu’il rendit visite à Jean-Paul II à
l’occasion du premier anniversaire de la signature de l’»Accord fondamental», première étape avant l’établissement des relations diplomatiques.
Dans une interview accordée le 1er décembre à la télévision catholique
«TelePace», S. Peres avait dit: «Notre but est de stabiliser avec les musulmans une compréhension identique à celle que nous avons atteinte avec le
Vatican. (…) Jean-Paul II a inauguré une nouvelle ère entre les religions
monothéistes (…), en ce sens, le Saint-Siège et le pape peuvent jouer le
rôle principal pour stopper la haine entre les religions monothéistes».
Dossiers délicats: le statut de Jérusalem et de l’Eglise catholique
Si l’accord est total entre le Vatican et Israël sur ce vaste programme
de réconciliation, il l’est moins, depuis un an, sur le dossier de la ville
de Jérusalem et sur le statut de l’Eglise catholique en terre israélienne:
«La question du statut de l’Eglise catholique en Israël est très complexe»,
explique aujourd’hui Shmuel Hadas dans «L’Avvenire». «C’est pourquoi nous
avons décidé de donner deux années de délai aux deux commissions qui travaillent sur ce thème depuis le premier jour des relations diplomatiques».
Plus complexe encore s’annonce la question de la ville de Jérusalem. Elle «préoccupe» le Saint-Siège, comme il l’a laissé entendre le 19 mai dernier, quand le ministre des Affaires Etrangères de Syrie, Farouk Al Sharáa,
a été reçu par le pape et par Mgr Jean-Louis Tauran, chargé des relations
avec les Etats. Cette visite se déroulait dans le contexte – «résolu» depuis – de l’expropriation par l’Etat d’Israël, dans la ville de Jérusalem,
de terrains appartenant à des Palestiniens. A cette occasion, Mgr Tauran
avait rappelé «l’attachement profond» du Saint- Siège «au respect des normes du droit international et de décisions de la communauté internationale
exprimées dans les résolutions de l’ONU et dans les conventions internationales».
Désaccord fondamental sur la ville de Jérusalem
Au delà de cette crise, symptomatique des tensions qui règnent à Jérusalem – dossier délicat, comme le constate Mgr Tauran -, un désaccord fondamental oppose le Vatican et Israël sur la ville de Jérusalem. Le Vatican,
qui considère cette ville comme la capitale des trois religions monothéistes, imagine pour elle un statut particulier, internationalement reconnu et
protégé. Le gouvernement israélien est d’un tout autre avis.
A cet égard, Shimon Peres affirmait le 1er décembre la volonté de son
gouvernement d’écouter les différentes requêtes sur ce point, mais il ne
voyait pas d’autre solution que «la protection israélienne sur les Lieux
Saints». Il résumait sa pensée en une formule: «Jérusalem est ouverte sur
le plan religieux, mais elle est fermée sur le plan politique.»
Dans son interview à «L’Avvenire», S. Hadas confirme les discussions entre Israël et le Vatican sur Jérusalem, mais aussi la fermeté des positions
de son gouvernement: «Nous en parlons au niveau de la réflexion, mais pas
en termes de négociation. Nous répétons qu’il faut séparer la dimension politique de la dimension religieuse. Nous sommes disposés à dialoguer avec
l’Eglise catholique et les autres Eglises chrétiennes, ainsi qu’avec l’islam, pour affronter tous les problèmes, en particulier la question de l’accès aux lieux de culte.»
Jérusalem, une ville qui attend la visite de Jean-Paul II
En décembre, Shimon Peres a invité le pape à s’y rendre. Le projet est à
l’étude au Vatican, mais il n’est pas encore pour demain. Les regards se
tournent plutôt vers l’an 2000. En effet, Israël a récemment proposé la
création d’une commission de travail avec le Vatican pour préparer les manifestations du Jubilé de l’an 2000. Quant au voyage du pape, l’ambassadeur
répond: «A l’une de nos rencontres, le pape m’a rappelé que Paul VI avait
commencé son pontificat par une visite en Terre Sainte. Jean-Paul II, au
contraire, voudrait terminer le sien par un voyage analogue.» (apic/jmg/be)




