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apic/Religieuse polonaise/ Belgique/ ordre d’expulsion
Bruxelles: une religieuse polonaise expulsée de Belgique ? (241196)
Une mesure qui étonne bien des paroissiens
Autorités civiles et religieuses muettes
sur les motifs de l’ordre d’expulsion
Bruxelles, 24novembre (APIC) Soeur Wréronika, une religieuse polonaise attachée à la Mission catholique polonaise à Bruxelles, a reçu du ministère
belge de l’Intérieur, en date du 13 novembre, un ordre de quitter le territoire belge. Un recours contre cette mesure a été introduit, mais en attendant l’issue qui lui sera réservée, plusieurs personnes qui connaissent la
religieuse et apprécient son travail s’étonnent. Aussi bien le ministre que
le recteur de la Mission catholique polonaise à Bruxelles restent muets,
pour le moment, sur les motifs de cette étrange mesure.
La religieuse menacée d’expulsion appartient à une communauté passionniste. Deux consoeurs plus âgées avaient été engagées par l’ancien recteur
de la Mission polonaise à Bruxelles pour y assurer différents services, allant de l’organisation liturgique de la chapelle à l’entretien de la maison, en passant par la cuisine. Soeur Wréronika les a rejointes en 1991
pour s’occuper des personnes malades ou âgées et pour assurer la catéchèse
des enfants, surtout pour la communauté catholique polonaise.
Entre-temps, les deux consoeurs de Soeur Wréronika ont été rappelées en
Pologne, tandis que la troisième religieuse passionniste voyait son travail
d’assistance religieuse et morale auprès de la communauté polonaise officiellement reconnu. Il a, en effet, été agréé en date du 1er décembre 1992
par la ministre-présidente de la Communauté française de Belgique, Laurette
Onkelinx, en référence à un arrêté communautaire du 11 mars 1983. La religieuse avait été engagée, du reste, dans le cadre d’un contrat de travail
avec la Commission épiscopale pour les migrations, de façon à lui procurer
les ressources nécessaires pour subvenir à ses besoins.
Fort de l’agréation obtenue, le rectorat de la Mission catholique polonaise a demandé un permis de travail auprès de l’autorité compétente pour
la Région de Bruxelles-Capitale, en l’occurrence le ministre-président
Charles Picqué. Mais le permis de travail pour couvrir l’activité d’assistance de la religieuse n’a pas été accordé.
Ce refus a été communiqué aux services fédéraux et, ce 13 novembre, le
ministre de l’Intérieur Johan Vande Lanotte a fait parvenir à Soeur Wréronika un ordre de quitter le territoire belge.
Des avocats chargés du dossier ont aussitôt introduit un double recours:
contre la mesure du ministre bruxellois et contre l’ordre du ministre fédéral. De son côté, le député bruxellois Dominique Harmel a interpellé personnellement le ministre Picqué, apparemment sans résultat jusqu’ici.
Interrogé par l’agence catholique belge CIP, le Père Léon Brzezina, recteur de la Mission catholique polonaise, s’est refusé à tout commentaire
sur cette affaire. Même réserve de la part du doyen de Saint-Gilles et Forest, Christian Wijnants, qui s’est borné à constater, devant les insistances de l’agence CIP: «Tout ce que je peux dire, c’est que de nombreux paroissiens saint-gillois m’ont déjà interpellé à ce sujet parce qu’ils sont
offusqués, m’ont-ils dit, de voir qu’on veut expulser une religieuse. Ils
ne comprennent pas et ils s’interrogent». (apic/cip/ba)



