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apic/Rencontre Koller/Eglises
Berne: Arnold Koller a rencontre des représentants des Eglises (201094)
La question des demandeurs d’asile au centre des entretiens
Pas de consensus sur la question de l’asile des Eglises
Berne, 20octobre(APIC) Une délégation formée de représentants des trois
Eglises nationales (catholique romaine, catholique-chrétienne et Fédération
des Eglises protestantes de la Suisse – FEPS -) et de la Fédération suisse
des communautés israélites (FCI) a rencontré lundi à Berne le conseiller
fédéral Arnold Koller, chef du Département de Justice et Police, indique un
communiqué publié jeudi seulement. La question de l’asile des Eglises n’a
pas trouvé grâce aux yeux du Conseiller fédéral. Une telle mesure, a-t-il
dit, n’a pas sa place dans un Etat de droit.
Cette rencontre avait pour objet de débattre de questions relatives à la
politique d’asile. Les points de vue, parfois antagonistes, ont été discutés dans une atmosphère «franche et cordiale», indique le communiqué signé
conjointement par le Département fédéral de Justice et Police et les représentants des Eglises.
La réunion, qui s’est déroulée à la demande des Eglises et de la FCI, a
porté principalement sur le sort des requérants d’asile originaires du Kosovo et du Sri Lanka. En raison de la multiplication des violations des
droits de l’homme au Kosovo, la délégation a préconisé l’interruption temporaire des renvois de requérants d’asile kosovars dont la demande a été
rejetée.
Selon Arnold Koller, chaque cas d’espèce est examiné avec le plus grand
soin, «comme l’atteste le taux extrêmement élevé de reconnaissance du statut de réfugié». A l’instar du Haut Commissariat des Nations Unies pour les
réfugiés, il rejette l’idée d’une interruption des renvois car, selon lui,
«les Albanais du Kosovo ne sont pas victimes d’une persécution systématique».
La délégation a exprimé le voeu qu’en matière de politique étrangère, la
Suisse fasse preuve d’un engagement accru en faveur d’une amélioration de
la situation des droits de l’homme au Kosovo. Le conseiller fédéral Koller
a promis d’intervenir en ce sens auprès du Département fédéral des Affaires
étrangères.
Pas sa place dans un Etat de droit
En ce qui concerne le rapatriement de Tamouls, Arnold Koller déclare que
le principe du renvoi prioritaire des derniers arrivés sera appliqué. Les
demandes d’aile déposées jusqu’à fin 1992 ne seront donc pas traitées pour
l’instant. Seules dérogent à cette règle les demandes qui ont déjà fait
l’objet d’une décision exécutoire et sur lesquelles «il n’est pas question
de revenir».
Aucun consensus n’a pu être trouvé sur la question de l’asile des Eglises. Les principes humanitaires et d’éthique religieuse dont se prévalent
les Eglises pour justifier le recours à l’asile ecclésiastique ont été
écartés par le conseiller fédéral. A ses yeux, «une telle mesure n’a pas sa
place dans un Etat de droit». Les interlocuteurs ont en revanche unanimement reconnu que la présence d’aumôniers est souhaitable dans tous les centres d’enregistrement. La suggestion du conseiller fédéral Koller concernant la conclusion d’un accord garantissant la mission des aumôniers a été
accueillie favorablement.
La délégation des représentants des Eglises était formée de Mme Johanna
Schneiter-Britt, membre de la FEPS, du Père Roland-B. Trauffer, secrétaire
de la Conférence des évêques suisses, de l’évêque Hans Gerny, de l’Eglise
catholique-chrétienne de la Suisse, de Sigi Feigel, de la FCI, de Traugott
Rüttimann président du Conseil synodal de l’Eglise catholique romaine de
Berne, du pasteur Michael Dähler, du Conseil synodal de l’Association
synodale protestante de Berne-Jura, et du pasteur Jacob Schädelin, du Mouvement oecuménique pour les réfugiés. Arnold Koller étant pour sa part entouré du directeur de l’Office fédéral des réfugiés, Urs Scheidegger, et de
quatre autres personnalités. (apic/com/pr)



