Suisse : L’Expo.02 ouvre ses portes dans six mois

APIC Reportage

Avec , les Eglises sont dans le coup !

Jacques Berset, APIC

Morat, 5 novembre (APIC) Flottant sur les eaux de façon un peu incongrue, à quelques encablures du port, >, constate avec satisfaction Georg Schubert, secrétaire général d’ESE.02 et directeur du projet des Eglises .

Auteur du projet, Gabriel de Montmollin y travaille depuis 1998, en collaboration avec la Direction artistique d’Expo.02 et d’ESE.02. Agé de 42 ans, le théologien protestant d’origine neuchâteloise est depuis 10 ans directeur des Editions Labor et Fides à Genève.

, son avait défrayé la chronique il y a 3 ans. Il va coûter la bagatelle de 4,5 millions de francs, dont 1 million de francs à charge des Eglises chrétiennes suisses (des collectes sont notamment prévues dans les églises). Les 3,5 millions restant sont assurés par l’Expo.02. Les Eglises se sont engagées à fournir 1 million de francs supplémentaires pour les des deux journées thématiques (Pentecôte et Jeûne fédéral). Dans le sillage de l’Expo.02, d’autres projets ecclésiaux dans les diverses régions sont prévus aux abords des arteplages à l’initiative des groupes oecuméniques dénommés OPEN.02. Ces groupes locaux agissent de façon autonome et mettront sur pied des cultes ou des lieux de recueillement.

Le visiteur qui arrivera au port de Morat se demandera où sont les Eglises, et il ne les trouvera pas… Il découvrira par contre sur le rivage une litanie de 7 . Ces cabanes à voûte en plein cintre, de 5 m sur 7 m, s’avancent vers le lac juchées sur pilotis, à la manière de hangars à bateaux. Elles se fondent, selon le concept de Jean Nouvel, dans un paysage ressemblant à un chantier.

D’apparence banale à l’extérieur, ces de tôle rouillée chercheront à répondre aux interrogations profondes de l’homme en l’interpellant de façon déconcertante. L’existence de l’homme se construit autour de la quête du sens de la vie, de la découverte du mystère de sa destinée et des réponses qu’y apporte la religion. L’être humain, en effet, ne vit pas seulement d’eau et de pain. Pour relayer les interrogations sur la spiritualité aujourd’hui en Suisse, la conception des 7 – à dessein – n’a pas été confiée aux Eglises, mais à divers artistes suisses et internationaux qui n’ont pas d’engagement religieux.

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Une démarche peut-être trop ambitieuse

La démarche est peut-être trop ambitieuse, admet le jeune théologien protestant. En tout cas, c’est une rude tâche qui a été confiée à cinq artistes contemporains qui ne se définissent pas comme chrétiens. Ces artistes, en collaboration avec un groupe de théologiens, devront tenter de renouveler la symbolique religieuse. A eux de développer une sorte de visualisation plastique interactive.

5 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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APIC – reportage

Pascal K. Dotchevi pour APIC

Togo: Un village pour les anciens prisonniers (160397)

Les ex-prisonniers récidivistes rassemblés dans «Renaissance»

Lomé, 16mars(APIC) Sur la route nationale No 1, entre Lomé et la

frontière avec le Burkina Faso, à 350 km la capitale togolaise , nous

arrivons au village «Renaissance» de Yao-Kopé. C’est ici, au centre du

pays, sur un territoire de douze hectares, que le Père Charles Cuenin a

établi le Centre national de réinsertion socio-professionnelle pour

ex-prisonniers récidivistes du Togo. Dans une région fortement islamisée

A notre arrivée, le Père Charles nous accueille au salon. Ce prêtre

Français des Sociétés des Missions Africaines vit au Togo depuis 1965.

«Le projet «Renaissance», dont le but est de réinsérer les détenus

récidivistes, est né en 1978 dans le coeur d’un prisonnier condamné à la

détention perpétuelle», nous confie le Père Cuenin. L’idée a fait son

chemin et est devenue réalité à partir de 1990 par la construction du

village, avec le soutien du gouvernement togolais, et des organismes

oecuméniques internationaux.

Ce village a pour principaux objectifs, de redonner aux récidivistes

l’espoir de se réinsérer et le goût de vivre au milieu de leurs frères. Il

faut pour cela les former ou les réorienter dans l’apprentissage d’un

métier choisi par eux-mêmes, et enfin les réintégrer sur le plan familial,

social et professionnel.

Pour atteindre ces objectifs, l’équipe dirigeante du village a élaboré

un programme en trois volets. D’abord, aider les «renaissants» à s’insérer

dans l’environnement social par la vie en communauté, la formation civique,

l’alphabétisation, la pratique des loisirs et des activités culturelles.

Ensuite les orienter professionnellement par la découverte de leurs

aptitudes personnelles et l’apprentissage d’un métier au contact d’un

artisan puis les réinsérer et les suivre. «Compte tenu de nos possibilités

financières limitées, nous avons cependant des décidé de limiter le nombre

des «renaissants» à dix par an suivant certains critères».

Un choix bien rigoureux

Pour être admis au village «Renaissance», il ne suffit pas d’être

prisonnier ou récidiviste. Il faut en outre être Togolais; de sexe masculin

et avoir entre 18 et 30 ans; avoir fait la prison au moins deux fois; être

célibataire sans enfant et être en bonne santé. En plus, il faut être

recommandé sur la base de son sérieux par les chefs et les frères de

prison. L’appartenance religieuse, remarque le Père Cuenin, n’est pas prise

en compte. Dans le village, on trouve une chapelle, une mosquée pour les

musulmans et un temple pour les animistes.

Les pré-sélections se font ensuite dans les prisons à travers tout le

pays par une équipe du village Yao-Kopé. Une enquête est menée dans le

village et dans la famille du postulant pour apprécier ses qualités.

Chaque année, le village accueille dix «renaissants». La présente

promotion en compte neuf, un ayant déserté. Logés, nourris, soignés et

encadrés, ils apprendront à se découvrir, à se faire mutuellement confiance

grâce à l’écoute, à la formation, au partage et aux prières quotidiennes.

«Le village «Renaissance», nous confie le Père Cuenin, n’a pas la vocation

d’un centre d’apprentissage professionnel. Il a plutôt pour stratégie

d’amener les frères récidivistes à découvrir et à choisir eux-mêmes un

métier. C’est pour cela, note le prêtre, que le Centre a prévu en son sein

une gamme d’activités artisanales, notamment la menuiserie, la forge, la

soudure, l’agriculture et l’élevage. Au cours des trois mois qu’ils

passeront au Centre les renaissants testeront leurs aptitudes avant de

s’engager dans leur apprentissage proprement dit. Ils sont aidés par une

équipe de onze animateurs ayant des qualifications professionnelles

spécialisées. Après les trois mois au Centre, ils sont placés chez un

artisan-tuteur pour apprendre un métier pendant trente mois.

L’espoir au bout des difficultés

Malgré cette présentation idyllique du village, tous ceux qui y passent

ne sont pas satisfaits de ses prestations. «C’est bien, mais il reste

beaucoup à faire» nous affirme un jeune renaissant au regard fixe qui a

voulu garder l’anonymat. «Tout est monotone ici», nous raconte-t-il, en

récoltant le maïs dans le champ du Centre. «On travaille trop… Et nos

aînés nous disent que chez le tuteur, ce n’est pas facile. Il vous traite

encore comme un prisonnier». Tous veulent nous parler. Mais à les entendre,

on se rend compte qu’ils ont du mal à s’adapter à «cette prison à l’air

libre». Pour les animateurs, il leur faut beaucoup travailler pour chasser

de leur esprit les mauvaises idées. Mais n’empêche que perdurent encore

quelques mauvaises habitudes, comme ce vol de houe par ce renaissant

pendant notre séjour au Centre.

Pour vérifier les propos des renaissants, nous nous rendons à Sakodé à

13 km du Centre, chez des anciens renaissants comme Djabaré qui fait une

formation de mécanique. Il nous confie: «C’est le début qui est difficile.

Mais, après, on s’habitue».

De retour vers Lomé, nous nous arrêtons chez Jérémie qui apprend la

forge à Sotoboua, 66 km au sud de Yao-Kopé. «C’est bien ici, mais je suis

très impatient de finir mon apprentissage pour pouvoir m’établir et fonder

une famille», affirme-t-il. Deux d’entre eux qui ont déjà fini leur

apprentissage se sont installés l’un à Dapaong à 700 km au Nord de Lomé

l’autre a préféré faire carrière au Mali.

Avant de nous quitter, le Père Charles avait tenu à nous rappeler «Ce

Village unique au monde que je voudrais oecuménique et le plus beau

pourrait donner encore plus de fruits, si l’on nous aide à surmonter nos

difficultés financières». (apic/pd/fd/pr)

16 mars 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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