Broc: Notre-Dame des Marches célèbre ses 300 ans au service des pèlerins

Apic Reportage

Certains l’appellent «Le petit Lourdes fribourgeois».

Jacques Berset, agence Apic

Broc, 1er septembre 2005 (Apic) L’abbé Bovet, le «barde fribourgeois», l’a immortalisée dans «Nouthra Dona di Maortsè», Notre-Dame des Marches. Au pied de la Dent de Broc, le sanctuaire marial gruérien attire des pèlerins bien au-delà des frontières cantonales. C’est le cardinal Henri Schwery qui présidera le 11 septembre prochain la messe solennelle pour les 300 ans de ce que d’aucuns (*) ont appelé «Le petit Lourdes fribourgeois».

Le sanctuaire marial gruérien, que firent construire en 1705 les trois frères Ruffieux – tous trois prêtres! -, célèbre cette année son 300e anniversaire.

Fondé de pouvoir dans l’entreprise «Glasson Matériaux», Jean-Paul Bochud, la soixantaine, se souvient de sa découverte des Marches, dans les années 50, alors qu’il était servant de messe. Près de deux heures de marche, à l’époque, vers ce lieu qui l’a marqué.

Président de la Fondation du Rectorat de Notre-Dame des Marches, l’ancien conseiller de paroisse de Vuippens a également la responsabilité du Comité du 300ème anniversaire. C’est dire que ce sanctuaire lui tient à coeur. Ancien de l’Assemblée ecclésiastique catholique du canton de Fribourg, il fut à cette occasion «récupéré» par le chanoine Jacques Banderet qui voulait lui confier une «petite mission». «C’est ainsi que je me suis retrouvé aux Marches, en 1999!», lâche-t-il.

Le 300e a été également l’occasion d’agrandir l’esplanade, pour pouvoir monter une tente moderne, en ossature aluminium, alors qu’auparavant il fallait englober, dans une cantine d’une autre génération, le vénérable tilleul qui trône sur la place. Pour ce faire, une grande quantité de m3 de matériaux d’excavation a été mise en place, grâce notamment à l’aide – en partie gratuite – de l’entreprise JPF, qui a ainsi fait du parrainage! Et pour que cet aménagement ne défigure pas le paysage et ne fasse pas «trop carré», les murs d’enceintes ont été supprimés et le site arborisé: il ne fallait pas que le sanctuaire, vu depuis Broc, ressemble à une mini-forteresse faisant face au château de Gruyères!

Le comité qui appuie Jean-Paul Bochud travaille à cette réalisation depuis 2003, mais aucun travail ne commence avant que le financement ne soit assuré. «Pas question de nous endetter, car nous ne bénéficions pas des rentrées de l’impôt ecclésiastique et les demandes d’aide adressées aux paroisses reçoivent des échos parcimonieux.»

Au bon vouloir des donateurs

Lorsqu’elle veut entreprendre des travaux, la Fondation doit lancer une action ou une souscription», lâche-t-il. Le but: collecter de l’argent – 380’000 francs sont prévus au budget – pour aménager la place, l’Abri des Pèlerins (notamment les locaux sanitaires rendus accessibles aux handicapés), la cure.

Mais le gros morceau, c’est la restauration de la chapelle. «En récoltant un petit 100’000 francs, nous avons déjà fait un bout du chemin. Certes, si nous pouvions trouver, à l’occasion de ce 300e, les bonnes âmes qui nous permettraient d’engranger l’entier de cette somme, ce serait fantastique. Mais le premier objectif, c’est d’obtenir l’argent pour la chapelle.»

Le sanctuaire a un chauffage électrique vétuste, fort dispendieux, alors que le bâtiment n’est pas du tout isolé. Quelques esprits estiment que l’on prie mieux quand il fait froid, mais la majorité s’attend quand même à un peu de confort!

Si l’argent n’est pas encore là, il faut tout de même déposer des plans, négocier avec les Biens Culturels, l’archéologue cantonal. Si le chauffage dans l’Abri a été dimensionné pour chauffer la chapelle, il faudra faire passer les conduites dans un terrain qui a peut-être été, au Moyen Age, la dernière demeure des pestiférés qui étaient hébergés en ces lieux.

Un rêve à un million

Le rêve éveillé de J.-P. Bochud: après les travaux concernant la chapelle, l’Abri des pèlerins et la cure, trouver encore le million nécessaire à la construction d’une salle de 300 places qui permettrait d’abriter les fidèles et qui servirait également de local de réunion pour des récollections et des réunions.

Car la chapelle ne pouvant accueillir qu’une centaine de personnes, les 200-300 personnes qui se massent sur la place certains jours ont tendance à se disperser et à partir en cas de pluie. «On ne va pas chercher ce million alors qu’on n’a pas encore pu rénover la chapelle et entretenir correctement la cure», lâche-t-il.

La petite équipe qui porte le projet, forte d’une vingtaine de personnes, s’est en effet attelée à une rude tâche, les lieux de pèlerinage fribourgeois comme Les Marches, Bourguillon ou Tours ne relevant pas des finances de la Corporation ecclésiastique cantonale. «Il nous faut annuellement pour vivre plus de 150’000 francs pour le ménage courant. On se finance par la vente de 80’000 cierges par an, et aussi grâce à la générosité des fidèles et des pèlerins, quêtes, dons et contributions volontaires, sans parler de fonds spéciaux de l’évêché, mais ceux-ci sont chaque année remis en question», précise le président du Rectorat.

Le sanctuaire appartient toujours à la paroisse de Broc, qui met à disposition le prêtre qui a la charge pastorale du sanctuaire – il s’agit du prieur Dariusz Kapinski, doyen de la Gruyère – et contribue pour un certain pourcentage aux réparations. «Mais si on n’a plus les Soeurs d’Ingenbohl qui font l’accueil et entretiennent le sanctuaire, on peut fermer boutique!» JB

Encadré

Le nom «Les Marches» vient d’un marais formé par les alluvions de la Jogne, de la Trême et de la Sarine. Une chapelle aux Marches est mentionnée dès 1636. La chapelle actuelle a été construite en 1705 par Jean-Jacques Ruffieux, curé-doyen de Gruyères et ses frères Nicolas, prieur de Broc, et François, prêtre à Gruyères. En 1721, Broc fit construire un mur d’enceinte et planter les tilleuls qui ombragent encore la cour actuelle. C’est en 1945, sous l’impulsion de l’abbé Firmin Seydoux, prieur de Broc, et de Marie Boschung, infirmière, qu’ont été instaurés les pèlerinages des malades, qui attirent maintenant régulièrement près de 1’000 participants. Les vitraux de la chapelle datent de la restauration de 1944 et sont l’oeuvre d’Alexandre Cingria et de son gendre Emilio Beretta. JB

Encadré

Le sanctuaire des Marches est cher au coeur des Fribourgeois et des chrétiens amoureux de ce lieu marial. Même si la pratique religieuse s’amenuise, le culte marial reste vivant. Aux Marches, «la Mère de Jésus aime à répandre ses grâces». De nombreux ex-voto attestent de guérisons miraculeuses. Chacun peut inscrire dans le grand livre des intentions ses requêtes, ses soucis: ils seront portés devant Dieu lors des liturgies. JB

(*) Les Marches. «Le petit Lourdes fribourgeois» – Histoire d’un lieu sacré, de François et Jacques Rime. Cet ouvrage de 150 pages, tiré à 1000 exemplaires aux «Editions gruériennes», sera disponible pour le jubilé. François Rime est diplômé en géographie, professeur à l’Ecole des Métiers à Bulle, et son frère Jacques, prêtre, est aumônier à l’Université de Fribourg, où il prépare une thèse de doctorat sur le cardinal Journet. (CCP de la fondation: 17-7389-6).

Des illustrations de cet article peuvent être commandées à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: info@ciric.ch (apic/be)

1 septembre 2005 | 00:00
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